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Poésie

Posts Tagged ‘danseuse’

D’innombrables légèretés (Christian Dotremont)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2017


D’innombrables légèretés sa chevelure fait
épaisseur où elle noue un ruban
de velours pour se souvenir qu’elle
est danseuse même lorsque immobile elle
regarde les lueurs agitées de la ville

(Christian Dotremont)

Illustration

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Voici le pain, le vin, la table, la demeure (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2017



Voici le pain, le vin, la table, la demeure,
ce dont l’homme a besoin, et la femme et la vie,
en ce lieu accourait la paix vertigineuse,
la brûlure de tous brûle en cette lumière.
Honneur à tes deux mains, ces oiseaux qui préparent
les blanches créations cuisinées en chantant,
et salut ! à tes pieds légers, tes pieds intègres,
vivat ! danseuse qui danses avec ton balai.
Ces fleuves brusques avec des eaux et des menaces,
ce pavillon pris dans les tourments de l’écume,
ces rayons de miel et ces récifs incendiaires
Sont devenus la paix de ton sang dans le mien,
couche d’étoiles et bleue comme la nuit
et la simplicité sans fin de la tendresse.

***

Aquí está el pan, el vino, la mesa, la morada :
el menester del hombre, la mujer y la vida :
a este sitio corría la paz vertiginosa,
por esta luz ardió la común quemadura.
Honor a tus dos manos que vuelan preparando
los blancos resultados del canto y la cocina,
salve ! la integridad de tus pies corredores,
viva ! la bailarina que baila con la escoba.
Aquellos bruscos ríos con aguas y amenazas,
aquel atormentado pabellón de la espuma,
aquellos incendiarios panales y arrecifes
son hoy este reposo de tu sangre en la mía,
este cauce estrellado y azul como la noche,
esta simplicidad sinfinde la ternura.

(Pablo Neruda)

Illustration: Francisco Bajén

 

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ÉCOUTEZ ! (La Flûte de Jade)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2017



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ÉCOUTEZ !

Seigneur, tu nous offres encore du vin?
Ne le verse pas tout de suite dans nos tasses.
Je viens de réfléchir, et je veux parler.
Rassure-toi! Je serai bref.

Voici l’instant où les convives sont moins gais, où le rire hésite,
l’instant où les danseuses chancellent, où les pivoines s’effeuillent.
Voici le seul instant où le coeur parle avec sincérité.

Seigneur, tu possèdes des palais, des guerriers valeureux et du vin parfumé.
Moi, je n’ai que mon luth, qui chante d’amères chansons
à l’heure où les pivoines laissent tomber leurs pétales.

En cette vie, nous n’avons qu’une certitude : la mort.
Ces bouches que nous baisons, elles seront, un jour, remplies de terre,
et ce luth, qui vibre sous mes doigts, servira de perchoir aux poules.

Le tigre bondit dans les vallées où errait, jadis, le poisson Mrang.
Le corail tapisse les ravins où fleurissaient, autrefois, des violettes.

Écoutez, là-bas, dans la montagne blanche de lune,
écoutez les singes qui pleurent, accroupis sur les tombes abandonnées!

Maintenant, seigneur, tu peux remplir nos tasses.

(La Flûte de Jade)

 

 

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L’art de la danse (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2017


Danseuse-de-Baladi-

 

La pluie fragile, soutien des tuiles
En équilibre. Elle, la danseuse,
Ne parviendra jamais
A tomber, à sauter
Comme la pluie.

(Paul Eluard)

 

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LES RUINES DE SOU-TAÏ (La Flûte de Jade)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2017



ruines

LES RUINES DE SOU-TAÏ

Des arbustes ont poussé dans les ruines du palais.
A présent, la lune de Si-kiang est la seule danseuse
qui évolue dans les salles où glissaient tant de jolies femmes.

(La Flûte de Jade)

Illustration

 

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Moi, j’aime le music-hall (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2017



 

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Moi, j’aime le music-hall

Moi j´aime le music-hall
Ses jongleurs, ses danseuses légères
Et le public qui rigole
Quand il voit des petits chiens blancs portant faux col
Moi, j´aime tous les samedis
Quand Paris allume ses lumières
Prendre vers huit heures et demie
Un billet pour être assis
Au troisième rang pas trop loin
Et déjà voilà le rideau rouge
Qui bouge, qui bouge, bouge
L´orchestre attaque un air ancien du temps de Mayol
Bravo c´est drôle, c´est très drôle
Ça c´est du bon souvenir
Du muguet qui ne meure pas, cousine
Ah! comme elles poussaient des soupirs
Les jeunes fillettes d´antan
Du monde ou d´l´usine
Qui sont devenues à présent
De vieilles grand-mamans
Ce fut vraiment Félix Mayol
Le bourreau des cœurs de leur music-hall

Mais depuis mille neuf cent
Si les jongleurs n´ont pas changé
Si les petits toutous frémissants
Sont restés bien sages sans bouger
Debout dans une pose peu commode
Les chansons ont connu d´autres modes.
Et s´il y a toujours Maurice Chevalier,
Édith Piaf, Tino Rossi et Charles Trenet
Il y a aussi et Dieu merci,
Patachou, Brassens, Léo Ferré.

Moi, j´aime le music-hall
C´est le refuge des chanteurs poètes
Ceux qui se montent pas du col
Et qui restent pour ça de grandes gentilles vedettes
Moi j´aime Juliette Gréco
Mouloudji, Ulmer, les Frère Jacques
J´aime à tous les échos
Charles Aznavour, Gilbert Bécaud
J´aime les boulevards de Paris
Quand Yves Montand qui sourit
Les chante et ça m´enchante
J´adore aussi ces grands garçons
De la chanson,
Les Compagnons
Ding, ding, dong
Ça c´est du music-hall
On dira tout c´qu´on peut en dire
Mais ça restera toujours toujours l´école
Où l´on apprend à mieux voir,
Entendre, applaudir, à s´émouvoir
En s´fendant de larmes ou de rire.
Voilà pourquoi, la, do, mi, sol,

J´aim´rai toujours le music-hall
J´aim´rai toujours, toujours, toujours,
Toujours, toujours, le music-hall.

(Charles Trenet)

 

 

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Pompiste voire mieux (Balbino)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2017


 


Edward Hopper GAS

 

Pompiste voire mieux

Je voulais être pompiste
au milieu
du Texas
sur la route…
laquelle ?
Je ne connais pas le Texas.

Je voulais être danseuse
au Crazy Horse
et faire
le grand écart
mais j’ai une hanche
en plastique.

Je voulais être pilote
d’hélicoptère
comme
Stringfellow Hawke
mais
j’ai raté trois fois mon code
et deux fois
le permis.

Je voulais être chirurgien-
dentiste
mais j’ai trop peur
d’avoir du sang
allemand
et d’aimer ça.

Je voulais présenter le 20 heures
mais à 20 heures
Putain je mange !

Je voulais finir seul
et maudit
mais tu es là
contre moi
à me dire :
«Respire
tout va bien.»
Et c’est vrai.
Tout va bien… tu es là.

(Balbino)

Illustration: Edward Hopper

 

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AU PALAIS DE TCHAO-YANG (La Flûte de Jade)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2017



AU PALAIS DE TCHAO-YANG

Des fleurs ont remplacé la neige
qui alourdissait les branches des abricotiers.
L’haleine du jeune printemps réchauffe la campagne,
et les rameaux des saules frissonnent de bonheur.
Le chant de l’oiseau yang réveille la forêt.
Les hirondelles, enfin revenues, volent au ras des toits.

Des danseuses, couronnées de glycines, évoluent dans le Palais Bleu.
La fête durera jusqu’au moment où les reflets de l’aurore
danseront sur les rideaux de soie.

Maintenant, la lune éclaire le jardin jonché de fleurs de pêchers.
Accompagne-moi, jolie fille!
Allons écouter le bruit d’ailes que font les bambous dans la brise…

(La Flûte de Jade)

 

 

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Dans la ronde (Shôhaku)

Posted by arbrealettres sur 30 décembre 2016



Dans la ronde il est
une danseuse dont chacun
attend le retour

(Shôhaku)


Illustration

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SUITE NORTHUMBRIENNE (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2016




SUITE NORTHUMBRIENNE

Telle semble être la vie de l’homme, ô Roi, pareille au vol
d’un moineau à travers la grande salle où tu es attablé, l’hiver,
avec le feu dans l’âtre, au-dehors la pluie et la tempête glacées.
Le moineau entre en volant par une porte, reste un moment
dans la lumière et la chaleur du feu de l’âtre, puis retourne
dans l’obscurité d’où il était venu.

Paroles attribuées à un conseiller dans le récit fait par Bede
de la conversion d’Eadwine, roi de Northumberland.

Pure, avant le commencement du monde,
J’étais la violence du vent et de la vague,
J’étais l’oiseau avant que nul oiseau ne chante,

Je n’ai jamais été immobile,
Je tournais sur l’axe de ma joie,
J’étais la danseuse solitaire sur la colline,

La pluie au flanc de la montagne,
La brume qui se lève,
J’étais le tourment de la mer,

J’ai tissé la toile de couleur
Avant l’arc-en-ciel,
Le labyrinthe de la fleur
Avant que ne pousse la feuille.

J’étais la pierre enfouie,
Le fossile de la forêt,
J’ai connu la racine des choses :
Avant le royaume de la mort
Je suis passée par la tombe.

Pendant des temps immémoriaux mon voyage
Fait le tour de l’univers
Et je demeure
Avant le premier jour.

[extrait]

***

NORTHUMBRIAN SEQUENCE

So seems the life of man, O King, as a sparrow’s flight through
the hall when you are sitting at meat in winter-tide, the fire
on the hearth, the icy rainstorm without.
The sparrow flies in at one door and tarries for a moment
in the light and heat of the hearth-fire, then flies forth into the
darkness whence it came.

Words attributed to an ealdorman, in Bede’s account of the
conversion of Eadwine, King of Northumberland.

Pure I was. before. the world began,
I was the violence of wind and wave,
I was the bird before bird ever sang.

I was never still,
I turned upon the axis of my joy,
I was the lonely dancer on the hill,

The rain upon the mountainside,
The rising mist,
I was the sea’s unrest.

I wove the web of colour
Before the rainbow,
The intricacy of the flower
Before the leaf grew.

I was the buried ore,
The fossil forest,
I knew the roots of things:
Before death’s kingdom
I passed through the grave.

Times out of mind my journey
Circles the universe
And I remain
Before the first day.

(Kathleen Raine)

Illustration: Josephine Wall

 

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