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Posts Tagged ‘darder’

Le doux printemps est ton temps est le mien est le nôtre (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2019



Illustration: Karen L’Hémeury

    

« le doux printemps est ton
temps est le mien est le nôtre
car c’est le temps de l’amour
et vive le doux amour »

(tous les joyeux petits oiseaux
volent dans le flottant dans les
esprits mêmes ils chantent dans
le battement d’ailes des fleurs)

les amants vont les amants viennent
vagabondant ils s’émerveillent
mais tous les deux parfaitement
seuls il n’est nul autre au monde

(un tel ciel et un tel soleil
n’ai pas connu ni toi non plus
personne jamais n’a respiré
autant de variétés de oui)

nul arbre ne sait compter ses feuilles
chacune d’elles de s’ouvrir seule
mais ces qui brillant par milliers
ne font qu’un seul étonnement

(en secret adorant timides
petits s’allant dardant flottant
et joyeux dans le fleurissant
les heureux soi toujours chantent)

« le doux printemps est ton
temps est le mien est le nôtre
car c’est le temps de l’amour
et vive le doux amour »

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Une fois un
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: La Nerthe

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La danseuse espagnole (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2018



Illustration
    
La danseuse espagnole

Ainsi qu’une allumette qui avant de flamber
darde autour d’elle des langues blanches de lumière;
ainsi commence, — enserrée dans le cercle
des spectateurs , — nerveuse et ronde, brûlante et claire
à s’étendre saccadée sa danse.

Et tout à coup elle est flamme tout à fait.

D’un regard elle allume ses cheveux
et d’un geste révélant un art téméraire
elle lance sa robe toute dans l’incendie
d’où les bras tels des serpents effrayés
s’élancent vifs et claquants.

Puis, comme si le feu lui semblait trop étroit,
elle le ramasse tout entier et le jette,
fière, avec des gestes hautains
et regarde : il est là furieux par terre,
flambant toujours et ne se rendant point.

Cependant victorieuse et sûre d’elle-même
elle lève son visage, d’un doux sourire saluant
et le piétine de ses petits pieds fermes.

(Rainer Maria Rilke)

 

Recueil: Oeuvres 2 Poésie
Traduction: Jacques Legrand, Lorand Gaspar, Philippe Jaccottet, Armel Guerne, Maurice Betz
Editions: Seuil

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POUR UN ARC-EN-CIEL (Patricia Ruiz-Gamboa)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018




    
POUR UN ARC-EN-CIEL

Aux touffes de couleur d’un arc-en-ciel
Le rêve, un matin s’est enlacé.

Le bleu était du ciel, amoureux,
Et ployait sous la tendresse du vent.

Le rose était à fleur de serments
Et promettait un Toujours heureux.

Le mauve était ivre de sentiments
Et soupirait au bord d’un aveu.

Le vert était en habit printemps
Et levait le coeur au rire soyeux.

Le jaune, seul, paraissait malheureux,
Et dardait son chagrin à la face du temps.

Aux touffes de couleur d’un arc-en-ciel
Le rêve un matin s’est enlacé,

Et moi bien sûr, j’y ai goûté.

(Patricia Ruiz-Gamboa)

 

Recueil: Concerto pour une plume
Traduction:
Editions: ARCAM

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A Glendalough (Jacques Lovichi)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2018




    
A Glendalough
dans le Wicklow antique
il est un lieu qui défie la mémoire
(intersection de l’espace
et du temps)
Comme une vermine
y pullulent les siècles
sous le granit où git
l’éternité

Là, contre ciel dardant son obscure menace,
un doigt géant
admoneste
les dieux.

(Jacques Lovichi)

 

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Ô Fontaine Bellerie (Guillaume de Lorris)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2018



Illustration: Helena Nelson-Reed
    
Ô Fontaine Bellerie

Ô Fontaine Bellerie,
Belle fontaine chérie
De nos Nymphes, quand ton eau
Les cache au creux de ta source,
Fuyantes le Satyreau,
Qui les pourchasse à la course
Jusqu’au bord de ton ruisseau,

Tu es la Nymphe éternelle
De ma terre paternelle :
Pource en ce pré verdelet
Vois ton Poète qui t’orne
D’un petit chevreau de lait,
A qui l’une et l’autre corne
Sortent du front nouvelet.

L’Été je dors ou repose
Sur ton herbe, où je compose,
Caché sous tes saules verts,
Je ne sais quoi, qui ta gloire
Enverra par l’univers,
Commandant à la Mémoire
Que tu vives par mes vers.

L’ardeur de la Canicule
Ton vert rivage ne brûle,
Tellement qu’en toutes parts
Ton ombre est épaisse et drue
Aux pasteurs venant des parcs,
Aux boeufs las de la charrue,
Et au bestial épars.

Io ! tu seras sans cesse
Des fontaines la princesse,
Moi célébrant le conduit
Du rocher percé, qui darde
Avec un enroué bruit
L’eau de ta source jasarde
Qui trépillante se suit.

(Guillaume de Lorris)

 

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Les serres et les bois (Sully Prudhomme)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018



    

Les serres et les bois

Dans les serres silencieuses
Où l’hiver invite à s’asseoir,
Sous un jour blême comme un soir
Fument les plantes précieuses.

L’une, raide, élançant tout droit
Sa tige aux longues feuilles sèches,
Darde au plafond, comme des flèches,
Les pointes d’un calice étroit.

Une autre, géante à chair grasse,
Que hérissent de durs piquants,
Ne sourit que tous les cinq ans
Dans une éclosion sans grâce.

Une autre, molle en ses efforts,
Grimpe au vitrail, et la captive
Regarde en pitié l’herbe active
Qui tient tête au vent du dehors.

Pas un souffle ici, rien ne bouge ;
Toutes versent avec lenteur,
A flots lourds, la fade senteur
De leur floraison fixe et rouge.

Celui qu’elles charment d’abord,
Dans cet air qui bientôt lui pèse,
Envahi par un grand malaise,
Descend de l’ivresse à la mort.

Ah ! Que mille fois plus aimée
La violette, fleur des bois !
Et que plus saine mille fois
La chambre qu’elle a parfumée !

Son baume, loin d’appesantir,
Allège et fait l’âme nouvelle ;
mais fine, il faut s’approcher d’elle,
La baiser, pour la bien sentir.

(Sully Prudhomme)

 

 

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Quoique nous le voyons fleurir (Émile Verhaeren)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018



Illustration
    
Quoique nous le voyons fleurir

Quoique nous le voyions fleurir devant nos yeux
Ce jardin clair où nous passons silencieux,
C’est plus encor en nous que se féconde
Le plus candide et doux jardin du monde.

Car nous vivons toutes les fleurs,
Toutes les herbes, toutes les palmes
En nos rires et en nos pleurs
De bonheur pur et calme.

Car nous vivons toute la joie
Dardée en cris de fête et de printemps,
En nos aveux où se côtoient
Les mots fervents et exaltants.

Oh! dis, c’est bien en nous que se féconde
Le plus joyeux et doux jardin du monde.

(Émile Verhaeren)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

Recueil: Les heures claires
Traduction:
Editions:

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AHASVÉRUS (Edgar Quinet)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2018



Illustration: Josephine Wall 
    
AHASVÉRUS

J’avais cru, d’abord, trouver quelque consolation
en m’adonnant à la poésie.

MOB

Bravo ! c’est l’art que j’aurais voulu cultiver si on m’eut laissé libre.
Darder en plein soleil des paroles huppées ;
habiller de phrases une ombre, un squelette,
moins que cela, un rien ;
le coiffer de rimes, le chausser d’adverbes,
le panacher d’adjectifs, le farder de virgules :
quelle faculté dans l’homme monsieur;
et songer que tout lui obéit, premièrement, ce qui n’est pas !
Se plonger dans l’océan transparent des choses pour y pêcher le ciel,
et rapporter au rivage une douzaine de mots polis, luisants, ruisselants.
Ah ! voilà de ces vies d’émotion dont je serai éternellement jalouse.

(Edgar Quinet)

 

Recueil: Ahasvérus
Traduction:
Editions:

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Pas un bruit… (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2017




    
Pas un bruit…

Pas un bruit dans la coupe immense,
Sous les taillis pas un murmure,
De la tiédeur et du silence
S’écoulant au long des ramures.

L’air orageux lourdement plane,
Où la résine des mélèzes
Mêle son odeur, où se fane
La mousse, où s’étouffe et s’apaise

Le sanglotement des fontaines
Dont les méandres bleus se tordent
A l’ombre immobile des chênes.
La vaste paix monte et déborde,

S’épand en la nuit qui commence,
Calme ambiance que renforce,
Exhalant leurs sourdes fragrances,
Les troncs dénudés qu’on écorce.

Harmonieusement confus,
Déroule ses floraisons blanches
L’écho lointain d’un angélus
Mélangé aux fouillis des branches.

Et soudain la forêt s’étire,
Darde ses frondaisons flexibles;
La forêt tendrement soupire
Comme un coeur vers l’inaccessible.

(Marie Dauguet)

 

 

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Bois d’Hiver (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 26 septembre 2017




Illustration
    
Bois d’Hiver

J’ai mis les livres de côté
et je vois les dernières pommes
tomber des arbres gelés

j’ai vu aussi les glands darder
leurs pousses rouges
dans le sol dur

et l’écorce des bouleaux blancs
fut pour moi plus que tous les livres

et ce que là je lus
dénuda mon cœur au soleil d’hiver
et ouvrit ma cervelle au vent

et tout à coup
tout à coup je sus dans ce bois d’hiver
que j’avais toujours été là

avant les livres
comme après les livres
il y aura un bois d’hiver

et mon cœur nu
et ma cervelle ouverte au vent.

***

Winter Wood

So I have put away the books
and I watch the last apples fall
from the frosty trees

and I have seen also
acorns stretching red shoots
into the hard soil

and the white bark of the birches
was more to me than all the pages

and what I read there
bared my heart to the winter sun
and opened my brain to the wind

and suddenly
suddenly in the midst of that winter wood
I knew I had always been there

before the books
as after the books
there will be a winter wood

and my heart will be bare
and my brain open to the wind.

(Kenneth White)

 

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