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Poésie

Posts Tagged ‘de travers’

Farineuse insomnie (Claude Pujade-Renaud)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2018



Illustration: Francine Van Hove
    
Farineuse insomnie
néant friable

Sommeil titubant
on chemine on écrit
de travers

Tournant
sur l’ aire
meulant
un grain maigre

On se perd
des mots chutent
se dispersent
poussière
charpie des nerfs
des chairs

Désir flou
de se résigner
à l’identité saumâtre
du jour et de la nuit

(Claude Pujade-Renaud)

 

Recueil: Instants incertitudes
Traduction:
Editions: Le Cherche Midi

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Un jour, il faut partir (Guy Goffette)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
Un jour, il faut partir et l’on ne sait
plus rien de ce qui fut à l’origine
du feu, ni comment ni pourquoi
les choses tout à coup

se sont mises à tourner de travers
et le feu s’est éteint, le rosier changé
en épines, l’amour en terre brûlée,
et ce qui reste avec

le bruit de nos pas à la place du coeur
est peu de choses : des mots sur du papier
qui ne disent plus rien sinon qu’ils furent
écrits, lus et relus

par un aveugle dansant dans l’incendie.

(Guy Goffette)

 

Recueil: Tombeau du Capricorne
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je revis (Bernard Friot)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2018



un grain de folie
dans l’ordre des choses
ça déraille ça va de travers

je revis

(Bernard Friot)

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Aucune raison de changer de trottoir (Agota Kristof)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Aucune raison de changer de trottoir

Dans le crépuscule perdant son équilibre
un oiseau libre s’envole de travers
sur la terre il n’y a que des semailles
silence indicible
et insupportable
attente

Hier tout était plus beau
la musique dans les arbres
le vent dans mes cheveux
et dans tes mains tendues
le soleil

Maintenant il neige sur mes paupières
mon corps
est lourd comme le rocher
mais aucune raison de changer de trottoir
et aucune raison de
s’en aller dans les montagnes

***

Nincs miért jàrdàt cserélni

Az egyensúlyàt vesztett alkonyatban
ferdén felrepül egy szabad madàr
a földön csak vetés van
kimondhatatlan csönd
és elviselhetetlen
vàrakozàs

Tegnap szebb volt minden az ének
a fàk lombjaiban
hajamban a szél
kinyújtott kezedben
a nap

Most szemhéjaimra hull a hó
testem
súlyos akàr a szikla
és nincs miért jàrdàt cserélni
és nincs miért
kimenni a hegyekre

(Agota Kristof)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

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La rivière de l’Ouest à Chu-zhou (Wei Ying-wu)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2018




    
La rivière de l’Ouest à Chu-zhou

Au bord de l’eau, seul à chérir ces herbes cachées
Un loriot jaune chante là-haut au fond des feuillages
Chargée de pluie, monte au soir la crue printanière
Embarcadère désert : flottant de travers, une barque…

(Wei Ying-wu)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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L’AIR BLEU (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2018



Illustration: Adèle Vergé

    

L’AIR BLEU

Tout est en l’air
Il y a des oiseaux qui volent de travers
On ouvre la fenêtre
Un instant
Tu verras ta tête disparaître
Et tes mains suspendues derrière le coteau

Comme c’était dimanche
Il a fait jour plus tôt
Le soleil se dévide
On a mis des bouquets au creux des lampes vides
Et l’ombre est revenue par le dernier bateau

Maintenant je t’écoute
Avec toi
C’est un peu le grand vent sur la route
Et je colle à ta peau
A deux doigts de ton coeur
Il fait chaud

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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MAISON NOMADE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2018




    
MAISON NOMADE

Liberté de choisir
La main
Le partenaire
L’horloge qui répond par un pas de travers
Toutes les possessions stériles des mémoires
Le visage de craie au bord du tableau noir
Les mêmes fronts en pente

Mais le rideau levé
Le postillon que hante
Une aile qui suffit au toit de la maison

Conviens de ta grandeur homme des horizons
Toi qui ne peux tracer qu’une ligne à la page
Et brûles tes poumons au sang des équipages

Fidèle à tes chevaux
Aux gammes des ressorts

Tu chantes
Tu n’as pas à partager ton sort
Ta voix dans la verdure
Ta poitrine qui tient aux roues de la voiture
Et le paraphe bleu qui signe l’aventure.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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LE FOND DE LA PENSÉE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2017




    
LE FOND DE LA PENSÉE

Sur les cailloux
Au fil du sang
L’herbe le brin de paille
Et la main qui descend
Toute la vie
Au bord des sombres pâturages
Les yeux et l’horizon qui manquent d’éclairage
Le feuillet où j’inscris l’avenir de travers
Et si loin
Les hautes cheminées de la mer
Ce qui était mon bien ma raison de comprendre
Toutes mes fleurs
Tous mes oiseaux qu’on veut me prendre
Et jusqu’à cet amour tendrement obstiné
Amour de mon amour
Et des bêtes de lait
Toute la vie pour la plus folle
Pour une belle pour une seule parole.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Comme un oiseau dans la tête
Traduction:
Editions: Points

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Nous ne saurons jamais qui nous sommes (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 28 octobre 2017



nous ne saurons jamais qui nous sommes
qui nous aurons été c’est ainsi
nous portons d’étranges lunettes
qui ne peuvent même pas nous aider
à voir venir la mort à reconnaître
l’amour lorsqu’il passe à portée
de nos mains la beauté que menace
tant de regards éteints nous marchons
un peu de travers comme les vieux chiens
qui se retournent parce qu’ils se croient
poursuivis alors que le danger vient
inexorablement d’en face

(Jean-Claude Pirotte)


Illustration: Gilbert Garcin

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Homonyme (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2017




Homonyme

Il y a le vert du cerfeuil
Et il y a le ver de terre.
Il y a l’endroit et l’envers.
L’amoureux qui écrit en vers,
Le verre d’eau plein de lumière,
La fine pantoufle de vair
Et il y a moi, tête en l’air,
Qui dis toujours tout de travers.

(Maurice Carême)

Illustration

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