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Posts Tagged ‘débâcle’

L’ORGUE (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2018



 

orgues

L’ORGUE

Cet instrument
Naît, a lieu et prend place
Sur un lac assez grand
Juste avant les jours où la glace
Se fait débâcle
Et dérive de fond
Percée par le ciseau subtil
Du dernier vent de mars
Un matin,
Voici que mille bouches
Se mettront à chanter.
On les prendra pour une volée d’outardes
Non. C’est trop tôt.
De l’air en cage
Entre la glace et l’eau
Sortira du gosier de l’hiver qui s’attarde
Et cela dit des chants d’été…

Vous y verrez
Algues, poissons, bateaux, voilures,
Mêlés aux mots de la froidure
Avertissement :
L’orgue ne joue qu’une fois l’an.
Emmener les enfants.

(Gilles Vigneault)

Illustration

 

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Dans le ciel du néant avec presque rien (Katerina Anghelàki-Rooke)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2018



Dans le ciel du néant avec presque rien

Par le trou de la serrure je guette la vie
je l’espionne pour comprendre
pourquoi c’est toujours elle qui gagne
tandis que nous perdons tous.
Pourquoi toutes les valeurs naissent et s’imposent
à ce qui pourrit d’abord :
le corps.
Je meurs en esprit sans trace de maladie
je vis sans nul besoin d’encouragement
je respire que je sois près ou loin
de ce qu’on touche
de chaud, qui embrase…
Je me demande quels autres arrangements
la vie va inventer
entre la débâcle d’une disparition définitive
et le miracle de l’immortalité chaque jour.
Je dois ma sagesse à la peur :
je jette
pétales, soupirs, nuances.
L’air, la terre, les racines je les garde –
je veux lâcher le superflu
pour entrer dans le ciel du néant
avec presque rien.

(Katerina Anghelàki-Rooke)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

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Je crois au Soleil (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2017




    
Je crois au Soleil du Testament,
Je vois les lueurs lointaines.
J’attends que l’universelle lumière
Monte de la terre printanière.

Tout ce qui respire le mensonge
Se détourne, en tremblant d’effroi.
Devant moi — vers les routes en débâcle
S’enfuit un sillon doré.

Je m’en vais, traversant
Des lys la forêt interdite.
Et les ailes des anges bruissent
Dans le ciel au-dessus de moi.

D’une lumière inconnaissable
A jailli le tremblé.
Je crois au Soleil du Testament,
Ce sont Tes yeux que je vois.

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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Il ne nous reste guère plus de temps (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2017




    
Il ne nous reste guère plus de temps
Pour admirer les festins d’ici-bas :
Bientôt, les énigmes se dévoileront,
Et resplendiront des mondes lointains.

Nous vivons dans une cellule antique,
À l’orée des crues.
Au printemps la joie bouillonne,
Et le fleuve chante.

Mais, présage de la joie,
Au printemps d’orages,
Par la porte de la cellule
L’azur clair se glisse.

Et pleins du frisson sacré
Des années d’attente,
Nous irons par les routes en débâcle,
Vers l’indicible lumière.

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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Assise chez moi (Lorine Niedecker)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2017



 

glace

Assise chez moi
à l’abri,
j’observe la débâcle de l’hiver
à travers la vitre.
Des pains de glace
glissent à vau-l’eau
cygnes sauvages
d’aujourd’hui.

(Lorine Niedecker)

Illustration

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Il faut refermer la cendre (Dominique Sampiero)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2016




il faut refermer la cendre
réduire la griffe jusqu’à la fleur l’instant

les mains clouent leurs brasiers
flambeaux fortifiés d’un temps ébloui

une débâcle du signe lève d’étoile
en étoile: on s’endort pour voir

un peu d’éternité mourir et sursauter
au réveil découvrir que l’on revient

de nulle part

(Dominique Sampiero)

 

 

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Le jardinier des origines (Charles Dobzynski)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2015


serpent-426071

– Sois le soutien de famille
des strates
le jardinier des origines
peut-être le seul gué
dans la débâcle
des rencontres et des quanta.

(Charles Dobzynski)

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