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Mes yeux sont beaux (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2018



 

Abdalieva Akzhan -   16

Mes yeux sont beaux
j’ai un marteau et des clous
qui veut de ma marchandise
je cloue les rêves sur les fronts

mes yeux sont beaux
j’ai un marteau et des clous
qui veut de ma marchandise
j’en fais des traînes
longues comme une agonie

j’ai longues provisions de joie
celle qui veut de ma marchandise
je l’accrocherai à un morceau de vent

mes yeux sont encore plus beaux
de n’avoir pas franchi le seuil
je vous clouerai tous aux portes des vents

chut… ma valise est vide
mais où sont les anges
qui déballeront pour moi leurs joies

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Abdalieva Akzhan

 

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Il est fou ! (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2018



Jane Palmer  Marteau 

Il est fou !
… Mes yeux sont beaux
j’ai un marteau et des clous
qui veut de ma marchandise
je cloue les rêves sur les fronts
Mes yeux sont beaux
je vous clouerai tous aux portes des vents
Qui viennent d’ailleurs
Qui ne veut pas de ma marchandise
je suis celui qui ne sait pas ce qu’il veut
Chut!
Ma valise est vide
Mais où sont les anges
Qui pour moi déballeront leurs joies.

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Jane Palmer

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Temps au soleil (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2015



Temps au soleil

Assis sur leur seuil prennent le soleil
de vieux commerçants sans clients.
C’est un soleil fait pour eux: mitigé,
peu empressé de brûler. Le soleil des vieux.

Il n’entre plus personne dans la boutique obscure
ou si l’on y entre, on n’y achète rien. Tout est cher
ou bien les marchandises ont oublié
de se montrer. Les vieux commerçants
ne veulent-ils plus les vendre? Une araignée
commence à tisser sur la pendule
murale. Et cette poussière sacrée sur les rayons.

Le soleil vient leur rendre visite. Le chapeau
sur la tête ils le reçoivent. S’il surgit
un acheteur inhabituel, quelle corvée.
Devoir se lever, prendre le mètre,
les ciseaux, déballer la pièce de toile,
répondre, informer, faire l’article.

Assis sur leur seuil, simples statues,
en savates et la barbe non rasée,
leur blanche tête ils remuent lentement
quand passe une connaissance. Qu’il ne s’arrête pas
pour parler des choses du temps. Le temps
est une chaise au soleil, et rien de plus.

(Carlos Drummond de Andrade)


Illustration

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