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Posts Tagged ‘débarquer’

La tête à feux et la tête à ombres (Jules Tordjman)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018



La tête à feux et la tête à ombres,
quand ce n’est une poulie ou une tourelle.

À présent une silhouette bouge dans le bleu.

Derrière le panache d’une fumée
se balance une longue clef d’or.

Le navire accélère sa marche.
Il aborde.

Lorsque ce sifflement de sirène m’arrache à moi-même,
la mer n’est qu’une immense vague figée.

Je débarque dans ce port de silence.

Une mouette passe.

L’oeil d’une étoile étonnamment vive
rend soudain la nuit aveugle.

(Jules Tordjman)

Illustration: Jean-Robert Doumont

 

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Quand Anna Murmurait (Paul Louis Rossi)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2018



 

Quand Anna Murmurait

Vous ne m’avez jamais trouvée
Dans vos escales
M’avez-vous bien cherchée

Ô mes matelots
C’est comme si vous étiez
Entièrement façonnés par la mer

Quand vous débarquez n’allez donc pas
Jeter vos pierres dans une eau dormante
Alors que la tempête habite mes rivages

Aucune folie ne m’est étrangère
Croyez-vous que je ne sache pas m’engloutir
Comme vous dans les sombres flots

(Paul Louis Rossi)

Illustration: Jean Paul Avisse

 

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On ne connaît pas le cœur des gens (Valérie Rouzeau)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2018



On ne connaît pas le cœur des gens
Il est tant mal visible que parfois
On cogne dedans
Quelle misère de prendre le train
Quand au bout il n’y a personne rien
On ne sait pas l’avis des anges
Non plus que des moulins à eau
On se sert un grand verre de vent
De source de pluie des yeux
On ignore comment vivre comme eux
On se sert un grand verre de vin
Dans une maison avec enfants avenir chien
Le quai fait des bruits de chaussures
Le quai fait des bruits de valises à roulettes et des bruits d’avant

Le quai est vide vide vide on bute dans l’air
Pardon messieurs dames j’ai cru à un nuage
Vous êtes innombrables qui ne m’êtes personne
Je suis innombrable et comme vous presque rien
Prenons donc un pot amical au lieu d’un pot au noir d’un mauvais coup

On ne connaît pas d’autre cœur dans le noir que le nôtre et encore
Ni dans le jour non plus alors à la bonne vôtre
Et nous débarquerons sous le soleil battant.

(Valérie Rouzeau)

Illustration

 

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Tu as débarqué sur une île inconnue (Luis Mizón)

Posted by arbrealettres sur 14 janvier 2018



 

Tu as débarqué sur une île inconnue
où tu es toujours une touriste
la cloche de l’église sonne midi
tu es sortie pour acheter une robe
près de la rivière
tu rencontreras tes amis
tu m’attends
tu ne sais pas que tu es morte
cela n’a rien changé de toi
ni de ton rire
à peine la mort a-t-elle modifié ta coiffure

(Luis Mizón)

Illustration: Arnold Böcklin

 

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Le silence se loge dans les blessures (Luis Mizón)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2017



 

Le silence se loge dans les blessures
qui séparent les mots

dehors
le soleil fait chanter ses mendiants
d’herbe folle

dedans tu seras un port
et moi un voyageur qui débarque
attiré par la lumière cachée

sous les draps

(Luis Mizón)

Illustration: Fritz Zuber-Buhler

 

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Retour (Teresa Rita Lopes)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2015



Retour

Avec un cabas
de syllabes
entre les dents

avec un projet
ancien
qui déborde
du couvercle

avec un noyau
vieux
d’où point
un feuillage

avec un envol
depuis des siècles
retenu
sous les aisselles

je débarque

Sauront-ils mes pas
mes oiseaux
mes chevaux

si longtemps
clandestins
dans des tiroirs
dans des poches

respirer
l’air
libre?

***

Regresso

Com um cabaz
de silabas
nos dentes

com um projecto
antigo
a transbordar
da tampa

com um caroço
velho
a querer deitar
folhagem

com um voo
hà séculos
retido
nos sovacos

desembarco

Saberâo meus passos
meus pâssaros
meus cavalos

clandestinos
ha tempo
em bolsos
e gavetas

respirar
o ar
livre?

(Teresa Rita Lopes)


Illustration

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