Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘déboucher’

Que de chaque rencontre naisse un poème! (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2019



Que de chaque rencontre naisse un poème!
Pour qui n’est infidèle ni bavard, peu de poèmes dans une vie entière.
Plus j’avancerai sur le chemin sans but,
sur la route de terre qui tout à coup débouche dans la nuit,
plus je vous bercerai en moi paroles et visages !

Il a suffit d’aller t’attendre.
Enfance du monde redevenue, ô mon enfance !
J’étais seule dans une rue, et toutes les choses et toi au loin vous m’entouriez.
L’écorce des platanes avait la couleur du pavé,
et les taches sur les troncs les mêmes contours que sur les pierres.

Les branches nues, peintes de la même pâleur que le ciel,
inscrivaient dans l’air des motifs si dépouillés et si patients que j’étais près des larmes et du sourire.
Un soleil blanc fit un trou là-haut et sur le fleuve un cercle scintillant.
A cet instant ton pas fut derrière moi.
Il avait le rythme de mon coeur.

(Marie-Jeanne Durry)

Illustration

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Etre à toujours creuser (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2019



Etre à toujours creuser
Un tunnel qui débouche,
Qui se rebouche encore
Et veut être creusé.

(Guillevic)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , | 5 Comments »

QUESTIONS (Paul de Roux)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2019



Illustration: Fan Ho 
    
QUESTIONS

Tous ceux qui passent le matin et dont tu entends les pas
tracent-ils avec toi les lignes d’une dessin caché?
Un jour ces milliards de pas déboucheront-ils dans quelque clairière
et vous étant retrouvés verrez-vous par le gros bout de la lorgnette
la rue là-bas, ces pas, ces veilles, ces sommeils dans les chambres
vous reconnaissant, vous nommant
dans l’architecture délicieuse qui fait trembler les anges?

(Paul de Roux)

 

Recueil: Les pas
Traduction:
Editions: L’Alphée

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Métaphores de la métamorphose (Teresa Rita Lopes)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018



Métaphores de la métamorphose

I

Becqueter
l’oeuf

déchirer
le voile

naître
à nouveau

de son libre
vol

II

Sortir
du ventre
de la nuit

d’un jet
déboucher
sur le jour

pauvre
giron

tablier
de deuil

Et malgré tout
aimer

téter
goulûment
la vie

***

Metâforas da metamorfose
I

Bicar
o ovo

romper
o véu

nascer
de novo

de seu livre
voo

II

Sair
da barriga
da noite

de jacto
desembocar
no dia

regaço
pobre

avental
de luto

E apesar de tudo
amar

mamar
corn gula
a vida

(Teresa Rita Lopes)


Illustration: Vladimir Kush

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

J’ai débouché le flacon de l’incertitude (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    

J’ai débouché le flacon de l’incertitude
Les dessins tracés sur le sable
sont effacés par le vent

La houle arrive mes habitudes
se heurtent au récif de l’instable
nouvelle d’un autrement

L’éventail des possibles élude
mes décrets cartes sur table
et se déploie lentement

comme un nouveau jeu prélude
à l’amour véritable
seule ancre dans le tourment

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les chemins mènent tous au secret (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
Les chemins mènent tous au secret.
Ils s’infléchissent à quelque tournant,
on marche ainsi en pays réel
et puis soudain hors du temps mesurable.

On se retrouve enrichi de quelque épaisseur de vie étrange
comme si l’on avait déjà vécu plusieurs existences.

Pays à la brisure du crépuscule
comme s’il voulait signifier qu’il est tard
mais toujours temps.

On ramène alors de ces sortes de regards, de ces voyages,
la connaissance de l’être dilaté,
perméable au possible, un réel annexé, magnifié.

Dans ces randonnées en pays de vertige,
toujours hâtives, on grandit.

Il reste de ces fulgurations une ivresse toujours plus menaçante,
une drogue plus exigeante qui demande, au péril de la vie,
toujours plus d’audace.

C’est la vie multipliée dans les humbles choses
qui débouchent sur la largesse et l’illumination.

Alors le respect devient amour.

(Jean Malrieu)

 

Recueil: EN PAYS DE VERTIGE
Editions: Le Verbe et l’Empreinte

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’escargot (Laurent Albarracin)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2017



    
L’escargot
transporte
sa croix
sa maison
son escalier
d’où il débouche
escargot

(Laurent Albarracin)

 

Recueil: Le Secret secret
Editions: Flammarion

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , | Leave a Comment »

La voie la plus haute (Jean-Claude Valin)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2017



Prendre
à voix basse
la voie
la plus haute
telle une taupe
débouchant
de l’autre côté
des choses, sur le ciel.

(Jean-Claude Valin)

Illustration

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

Un enfant dans la lumière (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2016



De l’hiver
Il y a toujours
Noël qui arrive,
Il y a toujours dans le plus noir des noirs
de la lumière à supposer,
à voir déjà monter,
même en dehors de soi,
Surtout lorsque la nuit où l’on patauge
est la plus longue.
C’est un tunnel sans voûte
qui débouche
dès maintenant
sur un enfant dans la lumière.

(Guillevic)


Illustration: Giotto

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Transparents (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 13 novembre 2016



Transparents

Transparents compacts
l’arbre mêlé de ciel
le romarin dans l’ombre bleue
ce mont
obscur à force de silence
l’éclat des oliviers
que le matin isole
et les îles tirées là-bas
de la substance de la mer

impossible de passer

seul celui qui dort
tel un mendiant
dehors
au pied des murailles de diamant
voit de toutes parts les portes
s’ouvrir
les failles les défilés les passages
qui mènent
de l’autre côté
où l’on débouche sur les mêmes collines
les mêmes arbres
la même mer

mais d’où vient alors
l’imperceptible différence ?

(Jean Mambrino)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :