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Poésie

Posts Tagged ‘debout’

San Francisco (Maxime Le Forestier)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2017




    
San Francisco

C’est une maison bleue
Adossée à la colline
On y vient à pied, on ne frappe pas
Ceux qui vivent là, ont jeté la clé
On se retrouve ensemble
Après des années de route
Et l’on vient s’asseoir autour du repas
Tout le monde est là, à cinq heures du soir
San Francisco s’embrume
San Francisco s’allume
San Francisco, où êtes vous
Liza et Luc, Sylvia, attendez moi

Nageant dans le brouillard
Enlacés, roulant dans l’herbe
On écoutera Tom à la guitare
Phil à la kena, jusqu’à la nuit noire
Un autre arrivera
Pour nous dire des nouvelles
D’un qui reviendra dans un an ou deux

Puisqu’il est heureux, on s’endormira
San Francisco se lève San Francisco se lève
San Francisco ! où êtes vous
Liza et Luc, Sylvia, attendez-moi

C’est une maison bleue
Accrochée à ma mémoire
On y vient à pied, on ne frappe pas
Ceux qui vivent là, ont jeté la clef
Peuplée de cheveux longs
De grands lits et de musique
Peuplée de lumière, et peuplée de fous
Elle sera dernière à rester debout
Si San Francisco s’effondre
Si San Francisco s’effondre
San Francisco ! Où êtes vous
Liza et Luc, Sylvia, attendez-moi

(Maxime Le Forestier)

 

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Dans le vieil ormeau mort debout (Pierre Gabriel)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2017



 

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Dans le vieil ormeau mort debout,
Dans ce squelette à contre-ciel
Qui tient tête au vent noir,
Notre mémoire bat toujours.

Il avait charge de ce monde,
Nous mêlait à l’enfance des fables,
A ses viviers d’étoiles tutélaires,
A ces milliers d’oiseaux enfuis
Par la brèche du temps.

Il nous garde vivants
Dans sa houle de songes.

Il nous aide à tenir
Encore un peu.

(Pierre Gabriel)

Illustration

 

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Ce n’était pas la Mort, car j’étais debout et que tous les Morts, gisent (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2017



Ce n’était pas la Mort, car j’étais debout
Et que tous les Morts, gisent –
Ce n’était pas la Nuit, car toutes les Cloches,
Langue dardée, sonnaient Midi.

Ce n’était pas le Gel, car sur ma Chair
]e sentais – ramper — des Siroccos –
Ni le Feu – car le seul Marbre de mes pieds
Eût gardé frais, un Sanctuaire —

Pourtant, j’éprouvais tout cela ensemble,
Les Formes que j’ai vues
Apprêtées, pour l’Enterrement,
Me rappelaient la mienne –

Comme si pour l’adapter à un cadre,
On eût rogné ma vie,
Et qu’elle ne pût respirer sans clé,
On aurait dit Minuit —

Quand tout ce qui tictaque — stoppe —
Et que partout — bée l’espace —
Ou que l’Affreux gel — aux matins d’Automne,
Abolit le Sol Palpitant —

Mais, surtout, le Chaos — Sans bornes — froid —
Sans une Chance, ou un espar —
Ni même l’Annonce d’une Terre —
Pour justifier – le Désespoir.

***

It was not Death, for I stood up,
And all the Dead lie down —
It was not Night for all the Bells
Put out their Tongues, for Noon.

It was not Frost, for on my Flesh
I felt Siroccos — crawl —
Nor Fire – for just my marble feet
Could keep a Chancel, cool —

And yet, it tasted like them all,
The Figures I have seen
Set orderly, for Burial
Reminded me, of mine —

As my life were shaven,
And fitted to a frame,
And could not breathe without a key,
And ’twas like Midnight, some —

When everything that ticked — has stopped —
And spaces stares — all around —
Or Grisly frosts — first Autumn morns,
Repeal the Beating Ground —-

But, most, like Chaos — Stopless — cool —
Without a Chance, or spar —
Or even a Report of Land —
To justify — Despair

(Emily Dickinson)


Illustration: Gilbert Garcin

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Le temps vient d’une parole douce (Jacques Tornay)

Posted by arbrealettres sur 10 mai 2017



Le temps vient d’une parole douce,
compagne qui a survécu aux hivers
dans le pays où rien n’est perdu,
étrangères aux lois du monde familier.

On essaie d’habiter l’intérieur de soi
de ses propres voeux, sans relâche
vers une réalité possible à transcrire.
Le poids du corps fait bouger la terre.

Dans le relatif absolu, le fugace durable,
l’être debout sur le seuil écoute
son plus grand mystère, ses mains
fleurissent lentement à l’écho d’un soleil.

(Jacques Tornay)

 

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La guerre était là (Watanabe Hakusen)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2017




Illustration: Dave Martsolf

    
La guerre était là debout
au fond du couloir

(Watanabe Hakusen)

 

Recueil: Poèmes de tous les jour
Traduction: Yves-Marie Allioux
Editions: Picquier

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Le temps (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2017


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Le temps, le temps
A pu faire d’une flamme
Une pierre qui dort debout

(Guillevic)

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Le brin de paille (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2017



Le brin de paille
Au bord du chemin

Croit se souvenir
Que lui aussi

A été debout.

(Guillevic)

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Tu te souviens (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2017



Tu te souviens
Notre maison était solitaire debout
dans la mêlée des oliviers et des figues
Et la source dormait tout contre cela petite petite pupille

Tu te souviens
Le bois battait des ailes comme les papillons
C’était première nuit sur la terre…

La Nuit…

Creuse l’abîme de ton sein
deviens labyrinthe et prends-moi

(Adonis)

Illustration: Guy Borremans

 

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Ce n’était pas la Mort (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



Ce n’était pas la Mort, car j’étais debout
Et que tous les Morts, gisent –
Ce n’était pas la Nuit, car toutes les Cloches,
Langue dardée, sonnaient Midi.

Ce n’était pas le Gel, car sur ma Chair
Je sentais – ramper – des Siroccos –
Ni le Feu – car le seul Marbre de mes pieds
Eût gardé frais, un Sanctuaire –

Pourtant, j’éprouvais tout cela ensemble,
Les Formes que j’ai vues
Apprêtées, pour l’Enterrement,
Me rappelaient la mienne –

Comme si pour l’adapter à un cadre,
On eût rogné ma vie,
Et qu’elle ne pût respirer sans clé,
On aurait dit Minuit –

Quand tout ce qui tictaque – stoppe –
Et que partout – bée l’espace –
Ou que l’Affreux gel – aux matins d’Automne,
Abolit le Sol Palpitant –

Mais surtout, le Chaos – Sans bornes – froid –
Sans une Chance, ou un espar –
Ni même l’Annonce d’une Terre –
Pour justifier – le Désespoir.

(Emily Dickinson)


Illustration: Sabin Balasa

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Cologne (Paul Celan)

Posted by arbrealettres sur 12 mars 2017



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Cologne

Temps du cœur, ils sont debout
les rêvés
pour les chiffres de minuit.

un peu parla dans le silence immobile, un peu se tut
un peu alla son chemin.
Banni et perdu
étaient chez eux.

Vous cathédrales.
Vous cathédrales, pas vu
vous fleuves, pas entendu
vos horloges si profondes en nous.

(Paul Celan)

Illustration

 

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