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Poésie

Posts Tagged ‘debout’

Tant nous nous sommes aimés (Jacques Biolley)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2022




Nous étions debout,
il n’y avait qu’une chaise.
Et tant nous nous sommes aimés
que la chaise devint lit.

(Jacques Biolley)

Illustration

 

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Debout les yeux blancs anxieux (Christian Prigent)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2021


bleu

debout les yeux blancs anxieux
teintés du bleu des cieux

(Christian Prigent)

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Qui reste debout ? (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2021



Qui reste debout ?

D’abord,
Efface ton nom
Abolis ton âge
Supprime tes lieux
Déracine ce que tu sembles

Qui reste debout ?

Maintenant,
Ressaisis ton nom
Revêts ton âge
Adopte ta maison
Pénètre ta marche

Et puis…

À n’en plus finir,
Recommence.

*

Who remains standing?

First,
Erase your name
Unravel your years
Destroy your surroundings
Uproot what you seem

And who remains standing?

Then,
Rewrite your name
Restore your age
Rebuild your house
Pursue your path

And then…

Endlessly,
Start over, all over again.

(Andrée Chedid)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Alex Colville

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Bienvenu sur la crête (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2021


 

Revenu sur la crête, le château n’y était plus.
Mais tu étais là, toi. Tu es donc là,
debout dans les pierres.
Le réseau de rubis brille à travers la blancheur.
La houle figée ne s’épandra pas.
Durs regards qui dévorez l’ombre et le jour.

Ecoute la végétation de la rivière,
que lisse chaque flot calme
dans la patience vie du fond,
la bergamote et les grands marronniers.

Si je ne t’attends plus, n’aie pas peur de ton visage.

(André Frénaud)

 

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Je recueille bout par bout (Abdellatif Laâbi)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2021



Abdellatif Laâbi    
    
Je recueille bout par bout
ce qui subsiste en moi
Tessons de colère
lambeaux de passion
escarbilles de joie
Je couds, colle et cautérise
Abracadabra !
Je suis de nouveau debout
Pour quelle autre bataille ?

(Abdellatif Laâbi)

 

Recueil: L’arbre à poèmes Anthologie personnelle 1992-2021
Traduction:
Editions: Gallimard

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La pluie se goûte (Jack Kerouac)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2021




    
La pluie
se goûte
Debout.

***

The taste
of rain
—Whykneel?

(Jack Kerouac)

 

Recueil: Poèmes
Traduction:
Editions: Seghers

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Au pied de mon lit (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2021




    
Au pied de mon lit,
une Vierge négresse fut mise par ma mère.
Et j’aime cette Vierge
d’une religion un peu italienne.
Virgo Lauretana, debout dans un fond d’or,
qui me faites penser à mille fruits de mer
que l’on vend sur des quais
où pas un souffle d’air n’émeut les pavillons
qui lourdement s’endorment,
Virgo Lauretana, vous savez qu’en ces heures
où je ne me sens pas digne d’être aimé d’elle,
c’est vous dont le parfum me rafraîchit le coeur.

(Francis Jammes)

 

Recueil: Clairières dans le Ciel
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’homme est debout dans l’ignorance (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2021



 

Kathryn Jacobi 21

L’homme est debout dans l’ignorance

Avons-nous jamais entendu naître le souffle
Avons-nous perçu le silence où
s’origine la parole
Ouvrons-nous toujours les yeux
à la lumière de nos rêves

Les portes du merveilleux sont ouvertes
Qui en nous les voit ouvertes?
Le silence

Seul le silence est silence
Seul le silence se connaît

L’homme est debout dans l’ignorance

(Michel Camus)

Illustration: Kathryn Jacobi

 

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Veni, vidi, vixi (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2021



Illustration: Désiré François Laugée
    
Veni, vidi, vixi

J’ai bien assez vécu, puisque dans mes douleurs
Je marche, sans trouver de bras qui me secourent,
Puisque je ris à peine aux enfants qui m’entourent,
Puisque je ne suis plus réjoui par les fleurs ;

Puisqu’au printemps, quand Dieu met la nature en fête,
J’assiste, esprit sans joie, à ce splendide amour ;
Puisque je suis à l’heure où l’homme fuit le jour,
Hélas ! et sent de tout la tristesse secrète ;

Puisque l’espoir serein dans mon âme est vaincu ;
Puisqu’en cette saison des parfums et des roses,
Ô ma fille ! j’aspire à l’ombre où tu reposes,
Puisque mon coeur est mort, j’ai bien assez vécu.

Je n’ai pas refusé ma tâche sur la terre.
Mon sillon ? Le voilà. Ma gerbe ? La voici.
J’ai vécu souriant, toujours plus adouci,
Debout, mais incliné du côté du mystère.

J’ai fait ce que j’ai pu ; j’ai servi, j’ai veillé,
Et j’ai vu bien souvent qu’on riait de ma peine.
Je me suis étonné d’être un objet de haine,
Ayant beaucoup souffert et beaucoup travaillé.

Dans ce bagne terrestre où ne s’ouvre aucune aile,
Sans me plaindre, saignant, et tombant sur les mains,
Morne, épuisé, raillé par les forçats humains,
J’ai porté mon chaînon de la chaîne éternelle.

Maintenant, mon regard ne s’ouvre qu’à demi ;
Je ne me tourne plus même quand on me nomme ;
Je suis plein de stupeur et d’ennui, comme un homme
Qui se lève avant l’aube et qui n’a pas dormi.

Je ne daigne plus même, en ma sombre paresse,
Répondre à l’envieux dont la bouche me nuit.
Ô Seigneur, ! ouvrez-moi les portes de la nuit,
Afin que je m’en aille et que je disparaisse !

(Victor Hugo)

 

Recueil: Cent poèmes de Vivtor Hugo
Traduction:
Editions: Omnibus

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San Francisco (Maxime Le Forestier)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2021




    
San Francisco

C’est une maison bleue
Adossée à la colline
On y vient à pied, on ne frappe pas
Ceux qui vivent là, ont jeté la clé
On se retrouve ensemble
Après des années de route
Et l’on vient s’asseoir autour du repas
Tout le monde est là, à cinq heures du soir
San Francisco s’embrume
San Francisco s’allume
San Francisco, où êtes vous
Liza et Luc, Sylvia, attendez moi

Nageant dans le brouillard
Enlacés, roulant dans l’herbe
On écoutera Tom à la guitare
Phil à la kena, jusqu’à la nuit noire
Un autre arrivera
Pour nous dire des nouvelles
D’un qui reviendra dans un an ou deux

Puisqu’il est heureux, on s’endormira
San Francisco se lève San Francisco se lève
San Francisco ! où êtes vous
Liza et Luc, Sylvia, attendez-moi

C’est une maison bleue
Accrochée à ma mémoire
On y vient à pied, on ne frappe pas
Ceux qui vivent là, ont jeté la clef
Peuplée de cheveux longs
De grands lits et de musique
Peuplée de lumière, et peuplée de fous
Elle sera dernière à rester debout
Si San Francisco s’effondre
Si San Francisco s’effondre
San Francisco ! Où êtes vous
Liza et Luc, Sylvia, attendez-moi

(Maxime Le Forestier)

 

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