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Poésie

Posts Tagged ‘debout’

IMAGE DE LA FEMME NUE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2018



Illustration: Brad Kunkle
    
IMAGE DE LA FEMME NUE

La femme prise dans ses feuilles
Ne bouge pas plus qu’un oiseau
Elle écoute son sang qui hante
Le ciel limpide la forêt

Lentement dans sa poitrine
Se défont des liens obscurs
Elle est debout dans son poids d’herbe
Elle tient à la main des fleurs

Ses tristes yeux ne pensent guère
A la beauté qui est en eux
Mais davantage au merveilleux
Des choses rondes de la terre

Elle regarde sans y croire
Les animaux qui viennent boire
Marchent un peu et puis s’essuient
Les lèvres fraîches sous les saules

Elle est vêtue de ses épaules.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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Difficile (Emilien Chesnot)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2018




    
difficile
d’apparaître plus
debout dans le ciel
l’oeil passe
dans sa lumière et s’enfle
de bleu

(Emilien Chesnot)

 

Recueil: Faiblesse d’un seul
Traduction:
Editions: Centrifuges

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Raison des larmes (Luis Cernuda)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2017



Illustration: Caroline Duvivier
    

Raison des larmes

La nuit parce qu’elle est triste manque de frontières,
Son ombre, rebelle comme l’écume,
Brise les murs fragiles,
Honteux de leur blancheur ;
Nuit qui ne peut être rien d’autre que nuit.

Peut-être les amants poignardent-ils des astres,
Peut-être l’aventure apaisera-t-elle une tristesse.
Mais toi, nuit, portée par les désirs
Jusqu’à la pâleur de l’eau,
Tu attends toujours debout on ne sait quels rossignols.

Au-delà frémissent les abîmes
Que peuplent des serpents entre les plumes,
Chevet d’hommes malades
Qui ne fixent rien d’autre que la nuit
Tandis que leurs lèvres se referment sur l’air.

La nuit, la nuit éblouissante,
Qui, aux coins des rues, tortille des hanches
Et qui attend, qui sait,
Comme moi, comme tous.

***

Razón de las lagrimas

La noche por ser triste carece de fronteras.
Su sombra, en rebelión como la espuma,
Rompe los muros débiles
Avergonzados de blancura;
Noche que no puede ser otra cosa sino noche.

Acaso los amantes acuchillan estrellas,
Acaso la aventura apague una tristeza.
Mas tú, noche, impulsada por deseos
Hasta la palidez del agua,
Aguardas siempre en pie quién sabe a cuáles ruiseñores.

Más allá se estremecen los abismos
Poblados de serpientes entre pluma,
Cabecera de enfermos
No mirando otra cosa que la noche
Mientras cierran el aire entre los labios.

La noche, la noche deslumbrante,
Que junto a las esquinas retuerce sus caderas,
Aguardando, quién sabe,
Como yo, como todos.

(Luis Cernuda)

 

Recueil: Un fleuve, un amour
Traduction: Jacques Ancet
Editions: Fata Morgana

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La petite mousse thermogène du soleil (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2017



 

La petite mousse thermogène du soleil
Colle à ma poitrine
Les arbres les plus grands sont à ma hauteur
Je regarde et je vois
Que je suis debout sur le toit
Que le ciel n’est pas si haut
Pour celui qui connaît ses mesures
Les oiseaux sont bien au-dessous de moi
Avec leurs pauvres ailes
Bien bas l’homme qui se cherche
Dans l’ombre
Bien douce l’ombre qu’on a sous les yeux
Et la mer avec ses étoiles.

(René Guy Cadou)

Illustration

 

 

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DÉPOSSÉDÉS (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017




    
DÉPOSSÉDÉS

comme un jeune écureuil
choisit son arbre
tu m’as choisi pour devenir en moi
plus vive
que dans tes propres veines
et te voici debout
qui prolonges mes os
et surgis de ma bouche
puis t’échoues sur une île nouvelle
ô toi dépossédée de toi
pour la joie d’être mon jouet,
ô moi dépossédé de moi
par ambition de t’habiter
l’échange est accompli
deux jeunes écureuils
cherchent en vain leur arbre

(Joë Bousquet)

 

Recueil: Poèmes, un
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je ne suis pas moi (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2017



Illustration: Marie Coisnon
    
Je ne suis pas moi.

Je suis celui
qui va à mes côtés sans le voir
que parfois je vais voir
et que parfois j’oublie.
Celui qui se tait serein quand je parle
celui qui doucement pardonne quand je hais
celui qui se promène où je ne suis pas
celui qui restera debout après ma mort.

***

YO NO SOY YO.

Soy este
que va a mi lado sin yo verlo;
que, a veces, voy a ver,
y que, a veces, olvido.
El que calla, sereno, cuando hablo,
el que perdona, dulce, cuando odio,
el que pasea por donde no estoy,
el que quedará en pié cuando yo muera.

***

ICH BIN NICHT ICH.

Ich bin jener,
der an meiner Seite geht, ohne daß ich ihn erblicke,
den ich oft besuche,
und den ich oft vergesse.
Jener, der ruhig schweigt, wenn ich spreche,
der sanftmütig verzeiht, wenn ich hasse,
der umherschweift, wo ich nicht bin,
der aufrecht bleiben wird, wenn ich sterbe.

(Juan Ramón Jiménez)

 

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Chagrin d’enfant (William Blake)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2017



Illustration: William Blake
    
Chagrin d’enfant

Ma mère gémit, mon père pleura ;
Je sautai dans ce monde dangereux,
Désarmé, nu, pépiant à tue-tête
Comme un démon caché dans un nuage.

Me débattant dans les mains de mon père
Me démenant dans mes langes
Ficelé et las, je préférais
Bouder sur le sein de ma mère.

Quand je vis que la rage était vaine
Que bouder ne servirait de rien
Après bien des espiègleries et des ruses
Je commençai à m’apaiser et à sourire.

Je m’apaisai de jour en jour.
Le moment vint où je tins debout sur le sol
Et je souris nuit par nuit
N’ayant de but que le plaisir.

Et je vis devant moi briller
Des grappes de la vigne sauvage
Et nombreux, des arbres et des fleurs charmants
Étendirent sur moi leur floraison printanière.

Mon père alors, avec les yeux d’un saint,
Un livre saint dans les mains
Prononça des malédictions sur ma tête
Et me lia à l’ombre d’un myrte.

***

INFANT SORROW

My mother groand! my father wept.
Into the dangerous world I leapt:
Helpless, naked, piping loud;
Like a fiend hid in a cloud.

Struggling in my fathers hands:
Striving against my swadling bands:
Bound and weary I thought best
To sulk upon my mothers breast.

(William Blake)

 

Recueil: William Blake
Traduction: Georges Bataille
Editions: Fata Morgana

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L’exode (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2017




    
L’exode

Rentrer en la substance aveugle d’un seul coup
Et tel à son liteau vient s’endormir le loup.
Ah! n’être pas celui dont tout désir avorte,
Qui va traînant sa chair comme un lourd vêtement!
Dans son tournoiement d’or que la nuit me remporte,
Qu’une étoile me mêle à son ruissellement!

Ah! que je ne sois pas celui qui se résigne
Et pâlement sourit en l’automne attiédi,
Dont la décrépitude a marqué de son signe
La lèvre détendue et le pas engourdi!
Je veux, dans du soleil, d’un bras plein de révolte,
Violer l’inconnu dont j’ai forcé la porte

Et devenir chanson, mouvement ou rayon,
Le vol de la tempête ou l’aile d’un grillon,
N’être pas le vieillard dont la force agonise
Lentement; mais debout, jeune et audacieux,
Puisque j’ai blasphémé et la vie et les dieux,
Que sur les hauts sommets l’éclair me pulvérise.

(Marie Dauguet)

 

 

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Un sac vide (Aphorismes Bretons)

Posted by arbrealettres sur 4 novembre 2017



 


    
Ur sac’h golo
ne chom ket en e sav.

Un sac vide
ne tient pas debout.

(Aphorismes Bretons)

 

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Dans un arbre debout (Jacques Roubaud)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2017



    
dans un arbre debout près
d’un champ désolé
la voix d’une tourterelle
criant pour ses compagnes
crépuscule seul terrible

(Jacques Roubaud)

 

Recueil: Je suis un crabe ponctuel
Editions: Gallimard

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