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Posts Tagged ‘debout’

Veni, vidi, vixi (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2021



Illustration: Désiré François Laugée
    
Veni, vidi, vixi

J’ai bien assez vécu, puisque dans mes douleurs
Je marche, sans trouver de bras qui me secourent,
Puisque je ris à peine aux enfants qui m’entourent,
Puisque je ne suis plus réjoui par les fleurs ;

Puisqu’au printemps, quand Dieu met la nature en fête,
J’assiste, esprit sans joie, à ce splendide amour ;
Puisque je suis à l’heure où l’homme fuit le jour,
Hélas ! et sent de tout la tristesse secrète ;

Puisque l’espoir serein dans mon âme est vaincu ;
Puisqu’en cette saison des parfums et des roses,
Ô ma fille ! j’aspire à l’ombre où tu reposes,
Puisque mon coeur est mort, j’ai bien assez vécu.

Je n’ai pas refusé ma tâche sur la terre.
Mon sillon ? Le voilà. Ma gerbe ? La voici.
J’ai vécu souriant, toujours plus adouci,
Debout, mais incliné du côté du mystère.

J’ai fait ce que j’ai pu ; j’ai servi, j’ai veillé,
Et j’ai vu bien souvent qu’on riait de ma peine.
Je me suis étonné d’être un objet de haine,
Ayant beaucoup souffert et beaucoup travaillé.

Dans ce bagne terrestre où ne s’ouvre aucune aile,
Sans me plaindre, saignant, et tombant sur les mains,
Morne, épuisé, raillé par les forçats humains,
J’ai porté mon chaînon de la chaîne éternelle.

Maintenant, mon regard ne s’ouvre qu’à demi ;
Je ne me tourne plus même quand on me nomme ;
Je suis plein de stupeur et d’ennui, comme un homme
Qui se lève avant l’aube et qui n’a pas dormi.

Je ne daigne plus même, en ma sombre paresse,
Répondre à l’envieux dont la bouche me nuit.
Ô Seigneur, ! ouvrez-moi les portes de la nuit,
Afin que je m’en aille et que je disparaisse !

(Victor Hugo)

 

Recueil: Cent poèmes de Vivtor Hugo
Traduction:
Editions: Omnibus

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Dans l’attente de quelque manne (Ishikawa Takuboku)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2021



Illustration: Eve Carton
    
Dans l’attente de quelque manne qui me parviendrait.
Tour à tour debout et allongé,
j’ai vécu aujourd’hui.

***

(Ishikawa Takuboku)

 

Recueil: Le jouet triste
Traduction: Jérôme Barbosa et Alain Gouvret
Editions: Arfuyen

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La gorge sèche (Ishikawa Takuboku)

Posted by arbrealettres sur 30 décembre 2020



Illustration: Ichijô Narumi 
    
La gorge sèche,
en quête d’un marchand de fruits encore debout,
Profonde nuit d’automne.

***

(Ishikawa Takuboku)

Recueil: Le jouet triste
Traduction: Jérôme Barbosa et Alain Gouvret
Editions: Arfuyen

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Mais que cherchais-tu donc (Guy Goffette)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2020




    
Mais que cherchais-tu donc qui ne fût pas
le vent debout, ni le ressac d’enfance
dans les soirs gris, ni le redoublement
du vertige d’aimer

une autre terre que celle-ci, un autre
ciel, un autre temps ? Que cherchais-tu
sur la route que tu n’aies pas trouvé déjà
dans l’herbe familière

et déjà reperdu, bague de rosée ou signe
qu’un homme allant à son pas t’a laissé
sur la vitre avant de disparaître,
ouvrant entre les arbres

un puits où la lumière se nourrit de tes yeux.

(Guy Goffette)

 

Recueil: Le pêcheur d’eau
Traduction:
Editions: Gallimard

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Dans le poème on ne peut pas S’asseoir à l’aise (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 8 décembre 2020




Illustration: Aude Péris
    
Dans le poème on ne peut pas
S’asseoir à l’aise.

Il vous fait tenir debout,
Monter rayonnant.

Le monde vous entoure de près
Tout en devenant moins mourd.

Traversé par une lumière
Qui ne vient pas d’ailleurs.

– Vous êtes poursuivi.

(Eugène Guillevic)

 

Recueil: Art poétique précédé de Paroi et suivi de Le Chant
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’hirondelle (Louise de Vilmorin)

Posted by arbrealettres sur 5 décembre 2020



L’hirondelle

« Je n’irai plus aux bois
d’Afrique
Où dansent tous les rois
de pique. »

La dernière hirondelle
se meurt
Elle bat de ses ailes
son cœur.
Du fil télégraphique
désert
Où tremble une musique
d’hiver
Elle crie et appelle
ses sœurs :
« Au secours hirondelles
j’ai peur. »
Mais sa voix trop petite
se perd
Dans le vent qui agite
la mer.
Elle entend un message
d’amant
Passer en son plumage
mourant.
La parole est oiseau
comme elle
Qui pose au manteau
des belles.
« Ton Paul t’aime et t’adore
toujours,
Il pense à nos aurores
d’amour. »
Ah ! beau ciel de paroles
rempli
Toutes les bouches volent
la nuit.
Paupières de voyage
en pleurs
Elle prend le message
et meurt.
Orages de tendresse
l’oiseau
Se console ou se blesse
aux mots.
La dernière hirondelle
est là
Inerte sous son aile
qui bat.

Et moi je suis debout à la fenêtre
Je vois l’hirondelle à terre et pourtant
Je ne pense qu’à celui que j’attends
Celui qui m’aime et me dira peut-être :

« Viens avec moi aux bois
d’Afrique
Où dansent tous les rois
de pique. »

(Louise de Vilmorin)

Illustration: Sonia Mandel

 

 

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PAIX SUR LA TERRE (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2020



Illustration: Jacob Jordaens

Peintures Jacob Jordaens au Sénat
    
PAIX SUR LA TERRE

L’Archer est debout!
Le Cygne envolé!
Or contre bleu
Une flèche allongée.
On chasse dans le ciel –
Dors en paix jusqu’à demain.

Les Ourses sont au loin!
L’Aigle hurle!
Or contre bleu
Leurs veux étincellent!
Dors!
Dors en paix jusqu’à demain.

Les Soeurs reposent
Leurs bras entrelacés:
Or contre bleu
Leurs cheveux brillent!
Le Serpent s’entortille!
Orion écoute!
Or contre bleu
Son épée scintille!
Dors!
On chasse dans le ciel –
Dors en paix jusqu’à demain.

***

PERCE ON FARTE

The Archer is wake!
The Swan is flying!
Gold against blue
An Arrow is lying.
There is hunting in heaven
Sleep safe tilt to-morrow.

The Bears are abroad !
The Eagle is screaming!
Gold against blue
Their eyes are gleaming!
Sleep !
Sleep safe till to-morrow.

The Sisters lie
With their arms intertwining;
Gold against blue
Their hair is shining!
The Serpent writhes!
Orion is listening!
Gold against blue
His sword is glistening!
Sleep!
There is hunting in heaven
Sleep safe till to-morrow.

(William Carlos Williams)

 

Recueil: Les Humeurs
Traduction: Philippe Blanchon
Editions: La Nerthe

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RYTHMES (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2020




    
RYTHMES

Tout débuta
Dans l’arythmie
Le chaos

Des vents erratiques
S’emparaient de l’univers
L’intempérie régna

L’indéchiffrable détonation
Fut notre prologue

Tout fut
Débâcle et dispersion
Turbulences et gaspillage
Avant que le rythme
Ne prenne possession
De l’espace

Suivirent de vastes accords
D’indéfectibles liaisons
Des notes s’arrimèrent
Au tissu du rien
Des courroies invisibles
Liaient astres et planètes

Du fond des eaux
Surgissaient
Les remous de la vie

Dans la pavane
Des univers
Se prenant pour le noyau
La Vie
Se rythma
Se nuança

De leitmotiv
En parade
De reprise
En plain-chant

La Vie devint ritournelle
Fugue Impromptu
Refrain
Se fit dissonance
Mélodie Brisure
Se fit battement
Cadence Mesure

Et se mira
Dans le destin

Impie et sacrilège
L’oiseau s’affranchissait
Des liens de la terre

Libre d’allégeance
Il s’éleva
Au-dessus des créatures
Assujetties aux sols
Et à leurs tyrannies

S’unissant
Aux jeux fondateurs
Des nuages et du vent
L’oiseau s’allia à l’espace
S’accoupla à l’étendue
S’emboîta dans la distance
Se relia à l’immensité
Se noua à l’infini

Tandis que lié au temps
Et aux choses
Enfanté sur un sol
Aux racines multiples
L’homme naquit tributaire
D’un passé indélébile

Le lieu prit possession
De sa chair
De son souffle
Les stigmates de l’histoire
Tatouèrent sa mémoire
Et sa peau

Venu on ne sait d’où
Traversant les millénaires
L’homme se trouva captif
Des vestiges d’un monde
Aux masques étranges
Et menaçants

Il s’en arrachait parfois
Grâce aux sons et aux mots
Aux gestes et à l’image
À leurs pistes éloquentes
À leur sens continu

Pour mieux tenir debout
L’homme inventa la fable
Se vêtit de légendes
Peupla le ciel d’idoles
Multiplia ses panthéons
Cumula ses utopies

Se voulant éternel
Il fixa son oreille
Sur la coquille du monde
À l’écoute
D’une voix souterraine
Qui l’escorte le guide
Et l’agrandit

Alors
De nuits en nuits
Et d’aubes en aubes
Tantôt le jour s’éclaire
Tantôt le jour moisit

Faiseur d’images
Le souffle veille

De pesanteur
Le corps fléchit

Toute vie
Amorça
Le mystère
Tout mystère
Se voila
De ténèbres
Toute ténèbre
Se chargea
D’espérance
Toute espérance
Fut soumise
À la Vie

L’esprit cheminait
Sans se tarir
Le corps s’incarnait
Pour mûrir
L’esprit se libérait
Sans périr
Le corps se décharnait
Pour mourir

Parfois l’existence ravivait
L’aiguillon du désir
Ou bien l’enfouissait
Au creux des eaux stagnantes

Parfois elle rameutait
L’essor
D’autres fois elle piétinait
L’élan

Souvent l’existence patrouillait
Sur les chemins du vide
Ou bien se rachetait
Par l’embrasement du coeur

Face au rude
Mais salutaire
Affrontement
De la mort unanime
L’homme sacra
Son séjour éphémère
Pour y planter
Le blé d’avenir.

(Andrée Chedid)

 

Recueil: Rythmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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ADIEU SOLITAIRE (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2020



Illustration: Giacomo Manzù
Poem in Dutch, Spanish, English, French, Italian, German, Portuguese, Sicilian, Romanian, Polish, Greek, Chinese, Arab, Hindi, Japanese, Farsi, Bulgarian, Icelandic, Russian, Malaya, Filipino, Hebrew, Tamil, Kurdish, Bangla
    
Poem of the Week Ithaca 645
Lonely Goodbye / Hope by Germain Droogenbroodt, Belgium/Spain

– ALL TRANSLATIONS ARE MADE IN COLLABORATION WITH GERMAIN DROOGENBROODT –

***

ADIEU SOLITAIRE

pour ceux qui, où que ce soit, doivent mourir seuls

Froide la chambre
les murs blancs
On entend seulement
l’écho de la solitude
Plus de mot tendre
plus d’étreinte chaleureuse
Seul le temps
robinet qui fuit
donne un petit coup
Et personne ne frappe à la porte
personne ne vous attend
personne, sauf la mort.

***

ESPOIR

Pas de pluie depuis déjà des mois

ils souffrent

mais se tiennent debout verts quand même
car sans espoir
ils ne peuvent pas vivre non plus
─ les arbres.

Traduction de Elisabeth Gerlache
Translation into French by Elisabeth Gerlache

***

EENZAAM AFSCHEID

voor hen die, waar ook, eenzaam moeten sterven

Kil de kamer
de witte muren
Hoorbaar alleen
de echo van eenzaamheid
Geen teder woord meer
geen warme omhelzing
Alleen de tijd
een lekke kraan
die aftikt

En niemand die aanklopt
niemand die je verwacht
niemand, behalve de dood.

***

HOOP

Reeds maanden geen regen

ze lijden

maar toch staan ze groen
want zonder hoop
kunnen ook zij niet leven
─ de bomen.

***

DESPEDIDA SOLITARIA

para aquellos que, sea donde sea, han de morir solos

Fría la estancia
las paredes blancas
Sólo audible
el eco de la soledad
Ni una palabra cariñosa
ni un cálido abrazo
Sólo el tiempo
un grifo en el que gotea
la cuenta atrás
Y nadie llama a la puerta
nadie que esperes
nadie, salvo la muerte.

***

ESPERANZA

Tantos meses sin lluvia

sufren

pero todavía están verdes
porque sin esperanza
tampoco pueden vivir
─ los árboles.

Traducción de Rafael Carcelén en colaboración con el autor
Translation into Spanish by Rafael Carcelén

***

LONELY GOODBYE

for those who, wherever, have to die lonely

Chilly the room
the white walls
audible only
the echo of loneliness.
Not a tender word anymore
no warm embrace
just the time,
a leaking tap,
ticking.
None knocking at the door
nobody you expect,
no one, except death.

***

HOPE

Since many months no rain

they suffer

but still they are green
because without hope
neither they can live
─ the trees.

Translation into English by Stanley Barkan

***

SOLITARIO ADDIO

Per coloro che, ovunque si trovino, devono morire soli

Fredda la stanza
le mura bianche
Udibile solo
l’eco della solitudine.
Nemmeno una parole di conforto
non un caldo abbraccio
Solo il tempo,
un rubinetto che perde,
il suo ticchettio.
Nessuno che bussi alla porta
nessuno da attendere,
nessuno, se non la morte.

***

SPERANZA

Dopo molti mesi senza pioggia
soffrono
eppure sono ancora verdi
perché senza speranza
non possono vivere
─ gli alberi.

Translation into Italian by Luca Benassi

***

EINSAMER ABSCHIED

für diejenigen die, wo auch immer, einsam sterben müssen

Kühl der Raum
die weißen Wände
Hörbar nur
das Echo der Einsamkeit
Kein zärtliches Wort mehr
keine warme Umarmung
Nur die Zeit
wie ein undichter Wasserhahn
die verrinnt
Und niemand der anklopft
niemand, den du erwartest
niemand, außer dem Tod.

***

HOFFNUNG

Schon Monate kein Regen
sie leiden
aber trotzdem sind sie grün
denn ohne Hoffnung
können auch sie nicht leben
─ die Bäume.

Übersetzung Wolfgang Klinck
Translation into German by Wolfgang Klinck

***

DESPEDIDA SOLITÁRIA

para aqueles que, seja onde estiverem, morrerão sozinhos

O quarto é frio
as paredes brancas
Só se escuta
o eco da solidão
Nem uma palavra de carinho
nenhum abraço caloroso
Só o tempo
um grifo em que goteja
o que já passou
Ninguém bate nessa porta
ninguém que esperas
ninguém, somente a morte.

***

ESPERANÇA

Tantos meses sem chuva
sofrem
mas ainda permanecem verdes
porque sem esperança
não podem viver também
– as árvores.

Tradução ao português: José Eduardo Degrazia
Translation into Porguese by José Eduardo Degrazia

***

ADDIU SULITARIU

Pi chiddi ca morunu suli ntô munnu
La sala fridda,
li mura bianchi
Si senti sulu
L’ecu di la sulità
Nenti palori duci
Nenti abbrazzi amurusi
Sulu lu tempu,
un lentu
ticchi toc
Nuddu veni a battiri a la porta
Nuddu s’aspetta,
Nuddu, tranni la morti.

***

SPIRANZA

Sunnu misi ca non chiovi
Soffrunu
Ma sunnu ancora virdi
Pirchì senza spiranza
Non ponnu mancu viviri.
─ L’arburi.

Traduzioni in sicilianu di Gaetano Cipolla
Translation into Sicilian by Gaetano Cipolla

***

RĂMAS BUN ÎN SINGURĂTATE

acelora care, oriunde s-ar afla, sunt nevoiți să moară izolați

Cameră rece
pereți albi
se-aude doar ecoul
singurătății
s-au isprăvit cuvintele mângâietoare
și tandrele îmbrățișări
doar timpul, robinet defect,
picură neîncetat
scurgându-se
și nimeni nu-ți mai bate la ușă,
nu mai e om pe care să-l aștepți,
nu vine nimeni, decât moartea.
***
SPERANȚĂ

Luni fără ploaie
suferă
dar tot sunt verzi
căci fără de speranță
nu pot trăi nici ei
─ copacii.

Traducere: și Gabriela Căluțiu Sonnenberg
Translation into Romanian bu Gabriela Căluțiu Sonnenberg

***

SAMOTNE POŻEGNANIE

Dla tych, którzy muszą umierać samotnie, gdziekolwiek są.

Jakże chłodny ten pokój
białe ściany
jedynie słyszalne
echo samotności.
Już ani jednego czułego słowa
żadnego ciepłego uścisku
tylko czas,
cieknący kran,
tykanie.
Nikt nie puka do drzwi
nikogo się nie spodziewasz
nikogo, prócz śmierci.

***

NADZIEJA

Od miesięcy brak deszczu
choć cierpią
nadal są zielone
przecież bez nadziei
też nie potrafią żyć
─ drzewa.

Przekład na polski: Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka
Translation into Polish by Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka

***

ΜΟΝΑΧΙΚΟ ΑΝΤΙΟ

Κρύο δωμάτιο
τοίχοι λευκοί
όπου αντηχεί τη μοναξιά
και λείπει η τρυφερότητα
η ζεστή αγκαλιά
μόνο ο χρόνος απομένει
κι η βρύση που τρέχει.
Κανείς δεν χτυπά την πόρτα του
κανένα δεν περιμένεις
παρά το θάνατο.

***

ΕΛΠΙΔΑ

Δίχως βροχή μήνες πολλούς
υποφέρουν
κι ακόμα είναι πράσινα
γιατί δίχως ελπίδα πια
τα δέντρα
δεν ζουν.

Μετάφραση Μανώλη Αλυγιζάκη
Translation into Greek by Manolis Aligizakis

***

孤独的告别

给那些无论哪里都得孤独死去的人

寒冷这房间
这白墙
只听见
孤独的回声。
一个温柔词也没有了
没有温暖的拥抱
只是时间,
一个漏水龙头,
在滴答。
没有人敲这门
你没人期待,
没人,只有死亡。

***

希 望
好几月以来没下雨
它们受苦了
但它们仍是绿的
因为没有希望
它们没法活
——这些树。

汉 译:中 国 周道模
Translation into Chinese by William Zhou

***

وداع وحيد

لأجل أولئك الذين كتب عليهم الموت وحيدين في أي مكان.

ها هم يقبعون في غرفة باردة
ذات جدران بيض
لا يسمعون سوى صدى الوحدة
فبعد الآن لن تبلغ مسامعهم كلمة حنون
ولن يأويهم حضن دافئ
لم يتبق لهم سوى الزمن
صوت دقات ساعاته
مثل قطرات تتسرب من صنبور الماء
فلا طرق على الباب
ولا زائر يتوقعون قدومه
لا أحد، سوى الموت

***

الأمل

لم تمطر منذ شهور طويلة
فصارت الأشجار تتألم
ومع ذلك، مازالت خضراء
فمن دون أن أمل
لن تقدر على الحياة.

جيرمان دروغنبرودت
ترجمة: سارة سليم

Translation into Arab by Sarah Selim

***

अकेला अलविदा

(उन लोगों के लिए, जो भी, जहां भी हों, अकेला मरना होगा)

ठंडा कक्ष
सफेद दीवार
केवल श्रव्य
अकेलेपन की गूंज।
अब मुलायम शब्द नहीं
कोई गर्म आलिंगन नहीं
बस समय,
चूता नल
टिक टिक
किसी ने दरवाजा नहीं खटखटाया
कोई भी आपकी अपेक्षा नहीं करता है,
मौत के सिवाय कोई नहीं।

*******************
आशा

कई महीनों से बारिश नहीं हुई
वे पीड़ित है
लेकिन फिर भी वे हरे हैं
आशा के बिना
न तो वे रह सकते हैं
─ पेड़।

Translation into Hindi by JYOTIRMAYA THAKUR अकेला

***

孤独なさよなら

どこかで淋しく死んでいく人のために

寒い部屋の白い壁
孤独のひびきが聞こえるのみ
もはや優しい言葉もなく
あたたかな抱擁もない
時のみが
水が漏れるように
音を立てている
戸を叩く人はなく
訪ねてきてほしい者もいない
死を除いては

***

希望

もう何ヶ月も雨が降らず
苦しんでいるのに
緑色
それは、
希望がなければ
生きることができないから
緑の樹々

Translation into Japanese by Manabu Kitawaki

***

خداحافظی در عزلت

برای آنانکه محکوم به مرگ در تنهاییند.

در اتاق سرد
دیوارها سفید
تنها شنیدنی
طنین تنهایی
ای مهربان نه دیگر کلمه
نه آغوشی گرم
تنها زمان،
شیر آبی نشت دار،
چوب خط میزند.
هیچ کس در را نمی کوبد
نه آنکه تنتظارش را داری،
هیچ کس ،جز مرگ.

***

امید

ماههای بی شماری
از خشکسالی رنج بردند
اما هنوز سبزند
چه بدون امید
هیچ درختی
زنده نمی ماند.

ترجمه: سپیده زمانی

Translation into Farsi bySepideh Zamani

***

САМОТНО СБОГУВАНЕ

на тези, които, където и да е, трябва да умрат сами

Студена е стаята
белите стени
долавят само
ехото на самотата.
Няма вече нежна дума
нито топла прегръдка
само времето,
капещ кран,
който тиктака.
Никой не почуква по вратата,
няма кого да очакваш,
никого, освен смъртта.

***

НАДЕЖДА

От много месеци без дъжд
те страдат
но все още са зелени
защото без надежда
и те не могат да живеят
– дърветата.

ПРЕВОД ОТ АНГЛИЙСКИ: ИВАН ХРИСТОВ
Translation into Bulgarian by Ivan Hristov

***

KVEÐJA Í EINSEMD

handa þeim sem, hvar sem þeir eru, verða að deyja einir

Hrollkalt herbergi
hvítir veggir
aðeins heyrist
ómur af einsemd.
Ekkert blíðlegt orð framar
ekkert hlýlegt faðmlag
bara tími,
lekur krani,
sem tifar.
Enginn ber að dyrum
ekki er von á neinum,
engum, nema dauðanum.

***

VON

Mánuðum saman rignir ekki
þau þjást
en þau eru samt græn
því að án vonar
geta þau ekki heldur lifað
─ trén.

Þór Stefánsson þýddi
Translation into Icelandic Þór Stefánsson

***

ОДИНОКОЕ «ПРОЩАЙ»

тем, кто умирает в одиночестве, где бы они ни были
Холодно в комнате,
белые стены.
Слышится лишь
одинокое эхо.
Нет нежных слов,
нет теплых объятий.
Лишь время
по каплям течет,
словно сломанный кран.
Нет стука в дверь
от тех, кого ждешь,
никого нет, кроме смерти.

***
НАДЕЖДА

Уже месяцы нет дождя,
они страдают,
но не сдаются,
потому что без надежды
и им не выжить
– деревьям.

Перевод Дарьи Мишуевой
Translation into Russian by Daria Mishueva

***

SELAMAT TINGGAL KESEPIAN

Kepada sesiapa, yang mati dalam sepi di mana-mana

Dingin kamar
putih dindingnya
Hanya gema sepi
kedengaran.
Tiada kata-kata yang lembut
tiada dakapan hangat
hanya waktu berdetik
laksana paip bocor
Tiada sesiapa mengetuk pintu
Tidak mengharapkan sesiapa
melainkan maut.

***
HARAPAN

Berbulan-bulan tiada hujan
menanggung penderitaan
tetapi tetap hijau
sebab tanpa harapan
tidak boleh meneruskan kehidupan
─ pepohon.

PENTERJEMAH: DR. RAJA RAJESWARI SEETHA RAMAN
Translation into Malay by DR. RAJA RAJESWARI SEETHA RAMAN

***

MALUNGKOT NA PAMAMAALAM

Para sa kanila, nasaam man sila, na kinailangang mamatay ng malungkot

Malamig na silid
mga puting dingding
tanging nag naririnig
ay ang alingangaw ng kalungkutan.
Wala ni sang malamyos na salita
wala ng ang mainit na yakap

tanging orasan,
nagleleak na tuktok
tumutunog,

Walang kumakatok sa pinto
wala kang hinihintay
ni isa, kundi ang kamatayan.

***

PAG-ASA

ilang buwan ng hindi umuulan
sila’y nagdurusa
nanatili parin silang luntian

kapagka walang pag-asa
hindi rin sila mabubuhay
– ang mga puno.

Translation into Filipino Eden Soriana Trinidad

***

פרידה גלמודה

לאלו, בכל מקום שהוא, שנאלצו למות לבדם

צוֹנֵן הַחֶדֶר
צוֹנְנִים הַקִּירוֹת הַלְּבָנִים

נִשְׁמָע רַק
הֵד הַבְּדִידוּת.

לֹא עוֹד מִלָּה רַכָּה
לֹא חִבּוּק חַם

רַק הַזְּמַן,
בֶּרֶז דּוֹלֵף,
מְתַקְתֵּק.

אִישׁ אֵינוֹ דּוֹפֵק בַּדֶּלֶת
לֹא מִישֶׁהוּ שֶׁאַתְּ מְצַפָּה לוֹ,
אַף אֶחָד, חוּץ מִמָּוֶת.

***

תקווה

כְּבָר חֳדָשִׁים שֶׁהֵם סוֹבְלִים
מֵעֲצִירַת גְּשָׁמִים
אַךְ הֵם עֲדַיִן יְרֻקִּים

מִשּׁוּם שֶׁלְּלֹא תִּקְוָה
גַּם הֵם אֵינָם יְכוֹלִים לִחְיוֹת –
הָעֵצִים

Translation into Hebrew by Dorit Weisman

***
தனியான விடைகொடுத்தல்

எங்கிருந்தாலும் தனியாக இறப்பவர்களுக்கு
அறையில் குளிர்
வெள்ளைச் சுவர்கள்
தனிமையின் எதிரொலியைக்
கேட்க மட்டுமே முடியும்
மீண்டும் கனிவான சொற்கள் இல்லை
வெது வெதுப்பான தழுவல் இல்லை
நேரம் மாத்திரம்,
கசியும் குழாய்
டிக் என ஒலிக்கிறது
யாரும் வீட்டுக் கதவைத் தட்டவில்லை
யாரையும் நீங்கள் எதிர்பார்க்க வில்லை
யாரும் இல்லை சாவைத்தவிற!

***

நம்பிக்கை

பல மாதங்களாக மழை இல்லை
அவைகள் வருந்துகின்றன

இருப்பினும் அவை பச்சையாக உள்ளன
ஏனெனில் நம்பிக்கை இன்றி
வாழவும் முடியாது.
─ மரங்கள்..

Translation into Tamil by Dr. N V SUBBARAMAN

***

VERÊKIRINA TENYAYÎ

Bo ew kesên dimirin û kes li dor wan tune ne

Cih sar e
dîwarên sipî

Tenê vedenga
tenyayiyê tê bihîstin

Nema peyva dilînî
nema hemêzkirin bigermî

Her dem
mîna bilbiloka nerind badayîavê
dilopdike

Û kes nema li derî de
kes nema ewê tu li bendê bê
kes nema ji bilî mirinê

***

HÊVÎ

Va ji miheyan ve baran nabare
ew dêşin
lê tevî wê jî hîn hişîn in
lema jî bê hêviyê
ew jî nikanin bijîn
– darûber

Translation into Kurdish by Hussein Habasch

***

নিঃসঙ্গ বিদায়

যারা নিঃসঙ্গতায় মৃত্যুবরণ করেছেন তাদের জন্য উৎসর্গকৃত

শীতল ঘর
সাদা দেওয়াল
শুধু শোনা যায়
নিঃসঙ্গতার প্রতিধ্বনি।
একটিও কোমল শব্দ নেই আর
নেই কোন উষ্ণ আলিঙ্গন
শুধুই মাত্র সময়,
একটি ফুটো ছিপি,
টিক টক টিক টক।
কেউতো ঠোকা দেয় না দরজায়
কেউ নেই আর যার প্রত্যাশায় রয়েছো তুমি,
কেউ না শুধু মৃত্যু ছাড়া।
গ্রেভ ড্রভেনব্রড

Translation into Bangla by Tabasssum Tahmina Shagufata husssein

(Germain Droogenbroodt)

 

Recueil: ITHACA 645
Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

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J’appelle vie aujourd’hui (Christiane Singer)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2020



Illustration
    
J’appelle vie aujourd’hui cet étrange jeu d’équilibriste,
cet acte qui consiste à tenir les contraires en équilibre,
tout en restant debout sur le fil, mieux en y dansant.

(Christiane Singer)

 

Recueil: Où cours-tu ? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi ?
Traduction:
Editions: Le livre de poche

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