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AU BONHEUR DU JOUR (Jean Sénac)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2019




    
AU BONHEUR DU JOUR

Doyenne de gourmandise
je vous laissais parler
votre sourire était sucré

Mais votre arbre était si loin
si ténébreux sans entaille
qu’il déchaînait autour de nous
les marronniers bleus du désir

J’étais chaste en ce temps de grives
je mettais si haut l’amour
comment m’auriez-vous choisi
moi qui n’étais que plaie vive

Vous êtes partie
vous avez semé
des chardons épais

Et le soleil a jauni.

(Jean Sénac)

 

Recueil: Oeuvres poétiques
Traduction:
Editions: Actes Sud

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DE TOUS CES TEMPS… (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2019



DE TOUS CES TEMPS…

Je reste là, transi, songeur…
L’hiver terrible nous assiège,
La misère épanche ses pleurs,
Aux fenêtres brille la neige.

Les nuits déchaînent leur fureur…
De tous ces temps, leurres et pièges,
Qui donc cherche encor la grandeur ?
Aux fenêtres brille la neige.

(George Bacovia)

Illustration: ArbreaPhotos
 

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Ghetto (Guy Tirolien)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018



 

Ghetto

pourquoi m’enfermerais-je
Dans cette image de moi
Qu’ils voudraient pétrifier?
Pitié je dis pitié!
J’étouffe dans le ghetto de l’exotisme

Non je ne suis pas cette idole
D’ébène
Humant l’encens profane
Qu’on brûle
Dans les musées de l’exotisme

Je ne suis pas ce cannibale
De foire
Roulant des prunelles d’ivoire
Pour le frisson des gosses

Si je pousse le cri
Qui me brûle la gorge
C’est que mon ventre bout
De la faim de mes frères

Et si parfois je hurle ma souffrance
C’est que j’ai l’orteil pris
Sous la botte des autres

Je ne suis pas non plus
Statue figée du révolté
Ou de la damnation
Je suis bête vivante
Bête de proie
Toujours prête à bondir

À bondir sur la vie
Qui se moque des morts
À bondir sur la joie
Qui n’a pas de passeport
A bondir sur l’amour
Qui passe devant ma porte

Je dirai Beethoven
Sourd
Au milieu des tumultes
Car c’est pour moi
Pour moi qui peux mieux le comprendre
Qu’il déchaîne ses orages

Je chanterai Rimbaud
Qui voulut se faire nègre
Pour mieux parler aux hommes
Le langage des genèses

Et je louerai Matisse
Et Braque et Picasso
D’avoir su retrouver sous la rigidité
Des formes élémentales
Le vieux secret des rythmes
Qui font chanter la vie

Oui j’exalterai l’homme
Tous les hommes
J’irai à eux
Le coeur plein de chansons
Les mains lourdes
D’amitié
Car ils sont faits à mon image

(Guy Tirolien)

 

 

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Ecoute, tout mon cœur… (Cécile Sauvage)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018



Ecoute, tout mon cœur se déchaîne et t’appelle,
C’est fini des pâleurs timides et des cris
Qui restent dans la gorge en pleurs des tourterelles.
C’est fini des mots bleus et des gestes fleuris.
C’est fini de t’aimer en nouant des guirlandes
D’avril sur tes cheveux, en me pendant à toi
Comme un panier de joncs où meurent des lavandes
Quand la lune le soir nous conduit dans les bois.

(Cécile Sauvage)

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Esthétique (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2018



 

 

Illustration: Franz Skarbina
    
Esthétique

Je fais la cour à ma Destinée ;
Et demande:  » Est-ce pour cette année ?  »

Je la prends par la douceur, en Sage,
Tout aux arts, au bon coeur, aux voyages….

Et vais m’arlequinant des défroques
Des plus grands penseurs de chaque époque….

Et saigne ! en jurant que je me blinde
Des rites végétatifs de l’Inde…..

Et suis digne, allez, d’un mausolée
En pleine future Galilée !

De la meilleure grâce du monde,
Donc, j’attends que l’Amour me réponde….

Ah ! tu sais que Nul ne se dérange,
Et que, ma foi, vouloir faire l’ange….

Je ferai l’ange ! Oh ! va, Destinée,
Ta nuit ne m’irait pas chiffonnée !

Passe ! et grâce pour ma jobardise….
Mais, du moins, laisse que je te dise,

Nos livres bons, entends-tu, nos livres
Seuls, te font ces yeux fous de Survivre

Qui vers ta Matrice après déchaînent
Les héros du viol et du sans-gêne.

Adieu. Noble et lent, vais me remettre
A la culture des Belles-Lettres.

(Jules Laforgue)

 

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ON PORTE (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2016



 

ON PORTE

On porte
l’interminable
fatigue
du travail
obscur
de ce commencement
qui chaque année
déchaîne la terre

(Giuseppe Ungaretti)

Illustration: Jean Libon

 

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En toi la terre (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2016



En toi la terre

Petite
rose,
rose menue,
parfois,
minuscule et nue,
on dirait
que tu tiens
dans une seule de mes mains,
que je vais t’y emprisonner
et à ma bouche te porter,
mais
soudain
mes pieds touchent tes pieds et ma bouche tes lèvres,
tu as grandi,
tes épaules s’élèvent comme deux collines
et voici que tes seins se promènent sur ma poitrine,
mon bras parvient à peine à entourer la mince ligne,
le croissant de nouvelle lune de ta taille :
dans l’amour tu t’es déchaînée comme l’eau de la mer :
je mesure à peine les yeux les plus vastes du ciel
et je me penche sur ta bouche pour embrasser la terre.

(Pablo Neruda)


Illustration: Anne-Marie Zilberman

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La barbare (Brigitte Egger)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2016



Prends ma louve pour oreiller!
Elle réchauffe ton cœur transi
Sois vagabond dans mes rondeurs
où ta jouissance succombe

Bois au fond de mes saveurs
le nectar de mes ivresses!
Palpe de tes doigts chaleureux
ma chair, si heureuse de céder

Transforme-toi en écureuil
pour taquiner mon noisetier!
Tu vivras des nuits de merveilles
Elles te combleront de leurs fruits

Sauve ma bête de sa douleur
où ton absence la plonge
Viens déchaîner mes voluptés
Et tu seras leur timonier

Mon corps t’attire ma chair t’aspire
pareil à l’aimant de l’amour
J’ouvre pour toi ma nacelle
pour devenir ta plénitude…

(Brigitte Egger)

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