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Poésie

Posts Tagged ‘déchirant’

J’ai un cancer au coeur (Marie Noël)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2018



Illustration: Frida Kahlo
    
J’ai un cancer au coeur.
Un excès qui me dévore.

Mais j’ai dans la cervelle une petite étoile
J’ai donné de mon étoile toute la lueur que j’ai pu.

Mais parfois, de très loin en moi, une plainte s’élève, déchirante.
C’est le cancer qui chante.

(Marie Noël)

 

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LE SOUVENIR DÉCHIRANT (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018



Illustration: Francine Van Hove
    
LE SOUVENIR DÉCHIRANT

Je me souviens… (à quelle heure du jour ne l’ai-je pas devant mes yeux !)
je me souviens de la façon dont Elle soulevait ses cheveux avec ses faibles doigts si pâles.

Je me souviens d’une nuit qu’elle passa, la joue sur mon sein, si doucement, que le bonheur me tint éveillée,
et le lendemain elle avait au visage la marque de la papille ronde.

Je la vois tenant sa tasse de lait et me regardant de côté, avec un sourire.
Je la vois, poudrée et coiffée, ouvrant ses grands yeux devant son miroir,
et retouchant du doigt le rouge de ses lèvres.

Et surtout, si mon désespoir est une perpétuelle torture,
c’est que je sais, instant par instant, comment elle défaille dans les bras de l’autre,
ce qu’elle lui demande et ce qu’elle lui donne.

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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LA COLOMBE (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2018




    
LA COLOMBE

Depuis longtemps déjà je suis belle; le jour vient où je ne serai plus femme.
Et alors je connaîtrai les souvenirs déchirants,
les brûlantes envies solitaires et les larmes dans les mains.

Si la vie est un long songe, à quoi bon lui résister?
Maintenant, quatre et cinq fois la nuit je veux la jouissance amoureuse,
et quand mes flancs sont épuisés je m’endors où mon corps retombe.

Au matin, j’ouvre les paupières et je frissonne dans mes cheveux.
Une colombe est sur ma fenêtre; je lui demande en quel mois nous sommes.
Elle me dit : « C’est le mois où les femmes sont en amour. »

Ah ! Quel que soit le mois, la colombe dit vrai, Kypris!
Et je jette mes deux bras autour de mon amant,
et avec de grands tremblements j’étire jusqu’au pied du lit mes jambes encore engourdies.

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le chant du départ (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2018




    
Le chant du départ

Le vent court sur les talus
de peur de salir les rues
avec ses prémonitions.

Le vent connaît tout d’avance,
la tristesse et les douleurs,
la guerre et les pénuries.

Et ces lettres déchirantes
laissées contre un mur de ferme
le jour du dernier assaut.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Les vasistas
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le beau n’apaise pas (Roger Munier)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Le beau n’apaise pas.
Il est déchirant.
Comme le vrai.

(Roger Munier)

 

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LES ABSENTS (Georges Themelis)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018



 

Odd Nerdrum In-Limbo-very-high-res

LES ABSENTS

Ce n’est pas l’amour, ce n’est pas Dieu,
Ce qui nous manque, c’est nous
Qui faisons défaut et il nous manque,
Nous sommes partis et if est absent.

Est-ce que nous le cherchons ou nous cherche-t-il
Et il ne nous trouve point : Le désirons-nous ou nous
désire-t-il
Et son visage ne nous voit point.

C’est nous qui sommes morts, notre mort
Est la grande mort, Dieu n’est point mort.

C’est nous les absents du festin,
Ceux qui sont absents et n’y paraissent, sont exclus,
Ils n’ont pu venir, ils courent par les rues,
Et trébuchent sur la terre, ils frappent à la porte.

Ils n’ont pas de visage, Ils n’ont point de lumière.

(Georges Themelis)

Illustration: Odd Nerdrum

 

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Instant du fruit (Zhu Da)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2018



Instant du fruit
Posé là en silence
Où ciel et terre se rejoignent
Dans la douce rondeur
La lumière s’y recueille
Et se laisse cueillir
Déchirant instant du don
D’un fruit consenti
Eclat de la chair
Ombre de l’esprit

(Zhu Da)


Illustration: Zhu Da

 

 

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SONGERIE CREUSE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2018



Illustration: Olga Naletova

    
SONGERIE CREUSE

A celui qui pense au néant
on fit pourtant voir
les jeux multiples
des ombres
drapeaux au-dessus d’hommes armés
carrefours au soleil voilé
laines douces aux mains vives
tresses de cheveux ornées
de rubans déchirants
battant de porte ouvert sur les champs
carreau de fenêtre
où frappe le fou serviable
pour héler en passant
un morne habitant.

(Jean Follain)

 

Recueil: Des Heures
Traduction:
Editions: Gallimard

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UNE FOIS SEULEMENT (Anne Hébert)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2018



 

 

UNE FOIS SEULEMENT

C’était en des temps si obscurs
Que nulle mémoire profane n’en garde trace

Bien avant les images et les couleurs
La source du chant s’imaginait
À bouche fermée
Comme une chimère captive

Le silence était plein d’ombres rousses
Le sang de la terre coulait en abondance
Les pivoines blanches et les nouveau-nés
S’y abreuvaient sans cesse
Dans un foisonnement de naissances régulières

L’oiseau noir dans son vol premier
Effleura ma joue de si près
Que je perçus trois notes pures
Avant même qu’elles soient au monde

Une fois, une fois seulement,
Quelque chose comme l’amour
À sa plus haute tour
Que se nomme et s’identifie

Le secret originel
Contre l’oreille absolue révélé
Dans un souffle d’eau
Candeur déchirante
Fraîcheur verte et bleue

Une fois, une fois seulement,
Ce prodige sur ma face attentive
Ceci, quoique improbable, je le jure,
Sera plus lent à revenir
Que la comète dans sa traîne de feu.

(Anne Hébert)

Illustration

 

 

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BRUME GRISE (Inger Christensen)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
BRUME GRISE

Brume grise sur la baie de Knebel.
Des couteaux vibrant en cachette.
A cet endroit presque fortuit
qui me touche presque fortuitement.
Qui a le pouvoir ?

Et sous l’eau.
Sous la même brume gris-ardoise
qui coule si profondément en moi.
Des couteaux vibrant en cachette.
Qui n’a pas le pouvoir ?

Des pies de mer impuissantes. —
Des cris déchirants. —
Brume grise sur la baie de Knebel.

(Inger Christensen)

 

Recueil: HERBE
Traduction: Janine et Carl Poulsen
Editions: Atelier La Feugraie

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