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Poésie

Posts Tagged ‘déchirement’

Homme, c’est ta grandeur (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2019



Homme, c’est ta grandeur : accepte des nuages
Qu’ils ouvragent ta face et cabrent tes chevaux
Et comme eux, toi qui sais, te prêtes aux travaux
Du déluge et du feu sur des pays nouveaux ;
Comme eux l’azur te perce et les vents te ravagent
Et ton déchirement sur la face des âges
Comme eux te ressuscite au royaume des eaux.

(Jean Rousselot)

Illustration: Danielle Decollonge

 

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JUSQUE (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2019



Illustration:Ana Cruz
    
JUSQUE

Par milliers millions milliards
voie lactée incalculable
forêt chaque arbre un rappel
chaque campanule autant de cloches
dans les prés du souvenir
chaque nuage jamais retrouvé
dans le ciel de la mémoire
écumes que l’océan impose
pour toutes les marées
celles de la honte du désespoir
de la mélancolie
et les vagues de regrets de remords
qui se brisent quand vient la nuit
Orages oubliés éclairs de colère
éclairs des déchirements
le sang coulera-t-il longtemps
le prochain orage qu’on n’attendait plus
plus jamais
Et pourtant le premier coup de tonnerre
la même catastrophe et la même chanson

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et Poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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Quelquefois (Christian Viguié)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2019



Le dernier déchirement
est pour la neige
pour des milliers de papillons
qui entourent la peur muette
d’un arbre

Quelquefois
c’est ton baiser
qui annule la montagne.

(Christian Viguié)


Illustration: Auguste Rodin

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Ton baiser (Christian Viguié)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2019



Le dernier déchirement
est pour la neige
pour des milliers de papillons
qui entourent la peur muette
d’un arbre

Quelquefois
c’est ton baiser
qui annule la montagne.

(Christian Viguié)


Illustration: Alain Gagnon

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JAMAIS ATTEINTE (Annie Salager)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2019




Illustration: ArbreaPhotos
    

JAMAIS ATTEINTE

Des paquets de lumière
à portée de la main
le sable les arrête,
tu n’en atteindras
jamais la musique,
absorbée jour à jour
nuit à nuit par l’espace

Lui, il efface le temps
dans ses plis, ses envolements,
la lumière seule l’occupe,
il joue d’elle sur tes saisons
et chante avec les astres
renouveau, disparition
audible dans les larges étoiles
ou le déchirement du bleu
sous les soleils jaunes à midi

Tel serait le rivage que tu suis
ses visages, ses vies,
il est la lumière même, l’absente
livrée en toi où tu la cherches,
on dirait celle des hirondelles
enlacées au parfum des myrtes
qui luiraient sous la mer

(Annie Salager)

 

Recueil: La Mémoire et l’Archet
Traduction:
Editions: La rumeur libre

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Ô PLAIGNONS-Nous (Pierre Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2018



Illustration: Tip Toland
    
Ô PLAIGNONS-Nous dans le déchirement de nos amours
Ô plaignons celui qui perd et plaignons ce qui est perdu
Plaignons la perte du plus beau corps jamais à nu
Dont les étreintes ont composé musique si belle!
Plaignons ce qui doit passer sous l’arc sanglant de cette mort
Laissant ses bien-aimés pleurant et lui-même péché privé
De la dernière main du dernier baiser peints
Formant au retable des morts une dernière prédelle :
Privé de comprendre même en quoi il se jette au dehors.

(Pierre Jean Jouve)

 

Recueil: Diadème suivi de Mélodrame
Traduction:
Editions: Gallimard

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Il faudrait dire, je crois : à l’origine était l’angoisse (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2018



Il faudrait dire, je crois : à l’origine était l’angoisse.
Parfois il me semble que, si j’arrivais à décrire l’angoisse,
j’en serais délivrée. Mais on ne décrit pas l’angoisse. On l’habite.
Elle vous habite.
Elle est cette constriction affreuse, ce poids,
cette présence intolérable du mystère, de l’inconnu, de l’incompréhensible
— tout cela ne dit rien — cette présence de la mort dans la vie.
Le coup de couteau des souvenirs, le déchirement des tendresses disparues.
La pensée est une blessure, même quand elle n’est pas encore l’obsession,
le remâchage sans fin des hantises.
Mais, sans pensée même, l’angoisse est là.
Et il faut se taire

(Marie-Jeanne Durry)

Illustration: Gao Xingjian

 

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FIN DU MENSONGE (Jules Romains)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2018



 

FIN DU MENSONGE

Tout le lieu se tient immobile.
Les feuilles trempent dans l’air clos.
Un nuage au point vertical
Ne bouge que si je l’oublie.

Le lieu mollement se repose.
Les feuillages collent au jour.
Une paresse moite et sourde
S’entremet du monde à la peau.

Tout cela ment ! Tout cela ment !
Tout est spasme, et déchirement
Par des vitesses furieuses.
Tout se démène horriblement.

(Jules Romains)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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L’instinct du suicide (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2018



L’instinct du suicide

En forme d’oeuf, je me replie. 0 cils,
Refermez-vous sur ces fleuves opaques.
Et vous, mes bras, ne soyez que nervures
Dans une feuille et rien de plus, une ombre
Sur mes genoux délivrés, délivrés.

Le soleil fixe a partagé mes jours.
Ici l’attente, ici les vieux regrets.
S’il se pouvait qu’un vieil oeuf me recouvre,
Je dormirais parmi l’onde et les lys.

Je serais terre et porterais l’oronge
Et les poisons à l’odeur animale.
On brouterait mes paupières, ma bouche
Et je vivrais de leurs déchirements.

Oiseau, cheval devenus pourritures
Sont réunis dans la grâce d’un mot
Plus noble encore. O ma dalle funèbre,
Laissez passer la tendre mouche bleue.
Elle sera demain l’unique amour.

(Robert Sabatier)

Illustration

 

 

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Pas de direction dans le néant (Jack Kerouac)

Posted by arbrealettres sur 29 août 2017



Pas de direction dans le néant
Voilà les nouvelles du néant
En contact avec le néant
Partout le néant

Pas de direction où aller
(sauf)
vers (l’intérieur)

Hm
(déchirement de papier indique
la faiblesse de toute façon)

***

No direction in the void
Is the news from the void
In touch with the void
Everywhere void

No direction to go
(but)
(in) ward

Hm
(ripping of paper indicates
helplessness anyway)

(Jack Kerouac)

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