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Poésie

Posts Tagged ‘déchirer’

SILENCE (Antoine Tudal)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2022



Illustration: Marie-Christine Thiercelin
    
SILENCE

Je veux faire un poème
Rien qu’avec du silence
Que je ponctuerai
De points exclamatifs
Un silence, un soupir
Silence entre guillemets
Silence grave aigu
Ou interrogatif
Silence triomphant
Et silence coupable.
J’y mêlerai des larmes
Je le déchirerai
Par des cris de douleur
Je l’amplifierai
Par un peu de vacarme
Et beaucoup de malheur
Suivi de bruits de pas
Et ainsi que le jour
Frappant un clair de lune
La mort en s’y glissant
Ne s’y entendra pas.

(Antoine Tudal)

 

Recueil: Souspente
Traduction:
Editions: Le bruit du Temps

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LE JARDIN (Vangelis Kassos)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2022




Illustration: ArbreaPhotos
    
LE JARDIN

la belle journée
s’est accroché la robe à la palissade
quelle étourdie elle a réussi à la déchirer
la robe blanche est en loques maintenant
les voyeurs ne vont pas tarder à la rattraper
ils vont se ruer les pauvres voyeurs
languides et visqueux
s’agripper au grillage
les pauvres voyeurs

(Vangelis Kassos)

 

Recueil: Cent poèmes
Traduction: Ioannis Dimitriadis
Editions: http://www.ainigma.net

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Pensées dans le boudoir (Xu Gan)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2022




    
Pensées dans le boudoir

L’ombre s’enfonce, serre le noeud de mes tourments.
Chagrins et tourments à cause de qui ?
Je pense à notre séparation,
Chacun en vie, mais à chaque bout du ciel,
Sans espoir d’heureuse réunion.
Mon coeur est déchiré, lacéré, blessé.
Ce n’est pas la nourriture qui me manque,
Mais l’appétit tant la peine m’accable.
Assise immobile, sans rien faire,
Je pense à l’éclat radieux de ton visage.

(Xu Gan)

 

Recueil: Cent poèmes d’amour de la Chine ancienne
Traduction: André Lévy
Editions: Philippe Picquier

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Ballade de la chanson leste (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2022



Illustration: Sonia Mandel
    
Ballade de la chanson leste
(Poèmes à chanter du bureau de la Musique)

L’hirondelle volette devant la salle hospitalière ;
L’hiver s’est caché, l’été se montre.
Ses frères s’en sont allés ailleurs.
Qui va me recoudre mes vieux habits ?
Qui va lui déchirer ses nouveaux vêtements ?
Je compte sur la gente maîtresse de maison pour les rapiécer.
Le gendre est revenu et me jette un regard en biais :
« Ne me regarde pas de travers.
Anguille sous roche se voit dans l’eau claire. »
Que d’ennuis à cause de cette roche !
Mieux vaudrait être de retour que voyager au loin !

(Anonyme)

 

Recueil: Cent poèmes d’amour de la Chine ancienne
Traduction: André Lévy
Editions: Philippe Picquier

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Quand le chat sourit (Jacques Bussy)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2022




Illustration: ArbreaPhotos
    

Quand le chat sourit

Dans le tiroir
Qu’il est beau
Le désordre!

Je déchire le papier.
Ah!
Le bruit du papier!

Au-delà de la porte
Délicieux
L’enfer

Oiseaux dans les platanes,
Bougez!
Je possède la vitre

Mais, je sui chat,
Je ne me souviens
De rien d’autre.

(Jacques Bussy)

Recueil: le chat en cent poèmes
Traduction:
Editions: Omnibus

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BERCEUSE (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2022




Illustration: ArbreaPhotos
    
BERCEUSE

Endormons-nous, petit chat noir.
Voici que j’ai mis l’éteignoir
Sur la chandelle.
Tu vas penser à des oiseaux
Sous bois, à de félins museaux…
Moi rêver d’Elle.

Nous n’avons pas pris de café,
Et, dans notre lit bien chauffé
(Qui veille pleure.)
Nous dormirons, pattes dans bras.
Pendant que tu ronronneras,
J’oublierai l’heure.

Sous tes yeux fins, appesantis,
Reluiront les oaristys
De la gouttière.
Comme chaque nuit, je croirai
La voir, qui froide a déchiré
Ma vie entière.

Et ton cauchemar sur les toits
Te dira l’horreur d’être trois
Dans une idylle.
Je subirai les yeux railleurs
De son faux cousin, et ses pleurs
De crocodile.

Si tu t’éveilles en sursaut
Griffé, mordu, tombant du haut
Du toit, moi-même
Je mourrai sous le coup félon
D’une épée au bout du bras long
Du fat qu’elle aime.

Puis, hors du lit, au matin gris,
Nous chercherons, toi, des souris
Moi, des liquides
Qui nous fassent oublier tout,
Car, au fond, l’homme et le matou
Sont bien stupides.

(Charles Cros)

Recueil: le chat en cent poèmes
Traduction:
Editions: Omnibus

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Si vous m’aviez connu (Daniel Auteuil)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2021




    
Si vous m’aviez connu

Si vous m’aviez connu
Du temps des matins souples
Quand je marchais sur l’eau
Dans Venise la trouble
Si vous m’aviez connu
Sur ces scènes indicibles
Je lançais des couteaux
Sur de graciles cibles

Si vous m’aviez connu
Madame toute nue
Sans vouloir me vanter
Vous auriez apposé
Sur mes paupières closes
Vos lèvres parfumées
De cistes et de rosée
Et de bien d’autres choses

Si vous m’aviez connu
Dans ce fringant costume
Quand je fondais de l’or
Pour en faire des plumes
Si vous m’aviez connu
Quand j’étais Matador
Tout déchiré dedans
Tout recousu dehors

Si vous m’aviez connu
Madame toute nue
Pendant que je mourais
Auriez Vous déposé
Sur mes paupières closes
Vos larmes parfumées
De cistes et de rosée
Et du chagrin des choses
Si vous m’aviez connu
Du temps des rêves d’or
Quand je dormais encore
Est-ce que vous m’auriez cru ?

Si vous m’aviez connu
Madame toute nue
Sans vouloir me vanter
Auriez-vous apposé
Sur mes paupières closes
Vos rêves parfumés
De cistes et de rosée
Et du regret des choses

(Daniel Auteuil)

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TONIGHT QUINTET (West Side Story)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2021




    
WEST SIDE STORY – TONIGHT QUINTET

Les Jets vont vivre leur heure de gloire
Cette nuit.

Les Sharks vont avoir leur revanche
Cette nuit.

Les Portoricains ne cessent de geindre : « Combat loyal ».
Mais si ils cherchent la bagarre,
On va se battre sans ménagement.

On leur réserve une surprise
Cette nuit.

On va les écraser
Cette nuit.

On s’est mis d’accord :« Ok, pas de bazar,
Pas de pièges. »
Mais juste au cas où ils nous tomberaient sur le râble,
On est prêts à mettre le feu
Cette nuit.

On va tout déchirer cette nuit,
On va s’éclater, ça va swinguer !
Ils vont comprendre, cette nuit ;
Plus ils nous chaufferont, plus on leur fera mal !

Ce sont eux qui ont commencé !

Ce sont eux qui ont commencé !

Et nous allons les bouter une bonne fois pour toutes,
Cette nuit !

Anita va bien prendre son pied
Cette nuit.
Nous allons nous retrouver, seuls tous les deux

Cette nuit.
Il va rentrer tout suant et harassé,
Eh bien ?
Qu’importe la fatigue,
Du moment qu’il sent la sueur
Cette nuit !

Cette nuit, ce soir,
Ce ne sera pas n’importe quelle nuit,
Cette nuit il n’y aura pas d’étoile du matin.
Cette nuit, ce soir, je verrai mon amour ce soir.
Et pour nous les étoiles se figeront dans le ciel
Aujourd’hui
Les minutes semblent des heures,
Les heures s’écoulent lentement,
Et le soleil brille encore…

Ô lune, réveille-toi,
Et change ce jour interminable en une nuit sans fin !

J’espère que tu ne nous feras pas faux bond
Cette nuit.
Lorsque Diesel gagnera à la loyale
Cette nuit.
Ces minables de Portoricain
Vont perdre.
Et quand il braillera « Mon oncle ! »
Nous brûlerons leur quartier !

Alors, je peux compter sur toi, mon gars ?

D’accord.

On va vraiment s’en payer une tranche.

D’accord.

Du ventre à la tombe !

Du sperme aux vers !

Je te verrai là-bas vers 8h.

Cette nuit…

Cette nuit, ce soir
Ce ne sera pas n’importe quelle nuit,
Cette nuit il n’y aura pas d’étoile du matin.

On va tout déchirer cette nuit !
Ils vont comprendre, cette nuit,

Ils ont commencé,
Ils ont commencé,
Ils ont commencé.
Et nous allons les bouter une bonne fois pour toutes,
Les Sharks vont avoir leur revanche,
Les Sharks vont connaître leur heure de gloire,
On va tout déchirer cette nuit.
Cette nuit !

Cette nuit, ça va swinguer !
Cette nuit !
Ils ont commencé,
Et c’est nous qui allons les arrêter une bonne fois pour toutes !
Les Jets vont avoir leur revanche,
Les Jets vont connaître leur heure de gloire.
On va tout déchirer cette nuit.

Cette nuit !

Cette nuit, ce soir,
Tard dans la nuit,
Nous allons nous retrouver cette nuit.
Anita va se régaler,
Anita va se régaler,
Bernardo va bien profiter
Cette nuit, ce soir,
Cette nuit, c’est cette nuit,
Nous allons nous éclater cette nuit !

Cette nuit, ce soir,
Je retrouverai mon amour ce soir.
Et pour nous les étoiles se figeront dans le ciel.

Aujourd’hui les minutes semblent des heures.

Les heures s’écoulent lentement,
Et le soleil brille encore.
Ô lune, réveille-toi,
Et change ce jour interminable en une nuit sans fin,

Cette nuit !

***

Tonight.

The Sharks are gonna have their way
Tonight.

The Puerto Ricans grumble: « Fair fight. »
But if they start a rumble,
We’ll rumble ’em right.

We’re gonna hand ’em a surprise
Tonight.

We’re gonna cut ’em down to size
Tonight.

We said, « O.K., no rumpus,
No tricks. »
But just in case they jump us,
We’re ready to mix
Tonight.

We’re gonna rock it tonight,

We’re gonna jazz it up and have us a ball!
They’re gonna get it tonight;
The more they turn it on the harder they’ll fall!

Well, they began it!

Well, they began it!

And we’re the ones to stop ’em once and for all,
Tonight!

Anita’s gonna get her kicks
Tonight.
We’ll have our private little mix
Tonight.
He’ll walk in hot and tired,
So what?

Don’t matter if he’s tired,
As long as he’s hot
Tonight!

Tonight, tonight,
Won’t be just any night,
Tonight there will be no morning star.
Tonight, tonight, I’ll see my love tonight.
And for us, stars will stop where they are.
Today
The minutes seem like hours,
The hours go so slowly,
And still the sky is light . . .
Oh moon, grow bright,
And make this endless day endless night!

I’m counting on you to be there
Tonight.

When Diesel wins it fair and square
Tonight.
That Puerto Rican punk’ll
Go down.
And when he’s hollered « Uncle »
We’ll tear up the town!

So I can count on you, boy?

All right.

We’re gonna have us a ball.

All right.

Womb to tomb!

Sperm to worm!

I’ll see you there about eight.

Tonight . . .

Tonight, tonight
Won’t be just any night,
Tonight there will be no morning star,

We’re gonna rock it tonight!
They’re gonna get it tonight,
They began it,
They began it,
The began it.
We’ll stop ’em once and for all.
The Sharks are gonna have their way,
The Sharks are gonna have their day,
We’re gonna rock it tonight.

Tonight!

We’re gonna jazz it tonight!
Tonight!
They began it,
And we’re the ones to stop ’em once and for all!
The Jets are gonna have their way,
The Jets are gonna have their day.
We’re gonna rock it tonight.
Tonight!

Tonight, tonight,
Late tonight,
We’re gonna mix it tonight.
Anita’s gonna have her day,
Anita’s gonna have her day,
Bernardo’s gonna have his way
Tonight, tonight,

Tonight, this very night,
We’re gonna rock it tonight!

Tonight, tonight,
I’ll see my love tonight.
And for us, stars will stop where they are.

Today the minutes seem like hours.
The hours go so slowly,
And still the skiy is light.
Oh moon, grow bright,
And make this endless day endless night,

Tonight!

(West Side Story)

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Des parfums fusent des buissons (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2021



Des parfums fusent des buissons
Il se déplace dans l’air d’infinis frissons
Qui courent sur ma peau

J’entends des cris mélancoliques
Une dernière clarté rôde
Le crépuscule déchire l’étoffe du jour

Tandis qu’une écharpe de brume étrangle la colline
Je rentre entre chien et loup
La ville que je voulais quitter
S’offre chaude et consentante
À mes bras ténébreux.

(Jean-Baptiste Besnard)

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UN JOUR ENCORE (Robert Momeux)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2021



UN JOUR ENCORE

Le ciel déchire son deuil
Les ombres peu à peu se terrent
Des bêtes rentrent d’autres sortent
Il va falloir tirer le vin
Dans les caves du bon espoir
Peigner encore une fois la déesse des lumières
Dont la servante une à une
Souffle les lampes de la peur
Faire bon accueil aux chiens errants
De la mémoire à nouveau éveillés
Ce qu’on voit sur les champs c’est la brume
Qui ne sait pas tirer ses plis
Mieux que le fait ce soleil précautionneux
Ecartant lentement les rideaux
Qu’on a cru fermés à jamais
Tant nous tient l’incertitude

(Robert Momeux)

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