Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘décimer’

Marées (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2019



Marées

Le monde succombe
Aux mains des égorgeurs
En carcan de haine
Qui déciment les corps innocents

Puis s’échappant comme l’eau
De toute emprise
La liberté jaillit
Hors du joug des violences
Et des harnais du temps

Mais qui ramènera
Des contrées
De l’ombre et des glaives
Ces vies interrompues
Aux lisières de nos vies ?

(Andrée Chedid)

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 6 Comments »

Parole-Soleil (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2018




    

Parole-Soleil

Broyés par la violence
Minés par la haine
Les corps se rompent
L’âme déserte
Le coeur se râpe

Pourtant d’éclipses en éclipses
rendant arme
Rendant grâce
Les hommes retracent parole d’amour

Parole d’héritage et d’avenir
Qu’aucune redite n’érode
Qu’aucun pillage ne décime

Fraîche parole
parmi nos loques
Parmi nos ombres :
Parole-Soleil !

(Andrée Chedid)

 

Recueil: Poèmes pour un texte 1970-1991
Traduction:
Editions: Flammarion

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Nostalgie sourde (Gemma Tremblay)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2017





Nostalgie sourde

je cherche un bahut de franchise autour de moi
tous les yeux se dérobent en cruelles oeillades
j’ai le coeur qui va battant tel un aiglon blessé

Tâter le pouls de la race humaine
m’enrôler dans cette horde matérialiste
de clinquant et d’ordure
m’acclimater m’acclimater
mais j’ai peur que mon rire de flammèche encor vivace
décime détruise
crée au sein de ce bal chahutant
une esclandre de casseurs de veillée

(Gemma Tremblay)

Illustration: Aron Wiesenfeld

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LES DIMENSIONS DU JOUR (II) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 3 septembre 2017



Illustration: Oskar Kokoschka 
    
LES DIMENSIONS DU JOUR (II)

Le vent veut faire éclater la ville
en jetant ses vagues et les forêts qu’il décime
contre les maisons qu’il prend pour des rochers,
contre les fenêtres où pas un rideau ne bouge.

Un volet s’ouvre et se rabat sans cesse
comme un oiseau qui tente de voler.
Tu serres ta jupe contre tes cuisses
de peur de n’être plus qu’un blanc noyau de chair.

Les hommes encouragent le vent presque de la voix
pour que ton corps soit nu bien au-delà de son linge.
Il a toute sa bouche sur toi et elle accède à ta peau
en un baiser qui te porte comme un fleuve.

Tu as la force de m’appeler pour te défendre
mais les mots que tu dis ont le poids
de ceux que du fond de nos étreintes tu laisses monter
comme des bulles de feu qui auraient traversé la mer.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

IMPLORATION (László Marsall)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2017



IMPLORATION

Aie pitié de moi.
Décime mon escorte :
les orties de fer.
Ôte de mes mains
mes gants de clous.
Souffle les braises
de mes mots blessants.
Fais choir de ma tête
la corbeille en fil-de-fer

Je ne désire
briser ni mordre ni torturer
m’y installer ni la main y poser
faire la cour ni me venger
trembler de peur ni me défendre.

Aie pitié de moi.
Je suis las
de ce qu’ici tout pareil à la
même si ce n’est qu’un peu
mais tout le monde est malgré tout
un quelqu’à part.

Je suis las
de ce qu’à la fin
chacun
en soi
séparément :
Moi.

(László Marsall)

 Illustration: Misha Gordin

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le bonheur d’un arbre (Jean-Vincent Verdonnet)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2017



Le bonheur d’un arbre distille
son chemin distrait dans l’air
et sur lui se referment
les couleurs de l’irréel
que le jour impatient décime

La clémence brise sa bogue
et qu’exalte le paysage
les gestes tramés d’un aura friable

puisse s’ouvrir enfin l’éden
aux ailes dont se fane la ferveur
d’une trop brûlante espérance
par l’orage partagée

(Jean-Vincent Verdonnet)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La nuit s’est coulée entre nous (Gaston Puel)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2016



Annoncée par une ronde de cris
La nuit s’est coulée entre nous
Nous sommes pris dans ses glaces
Plus loin que nos mains
Que voir d’autre que nous?
Que rêver ?
Le monde s’achève quelque part
Dans l’abandon d’une banquise

C’est le moment de dire notre saveur mortelle

Car la chaleur dont nous mourons se déprend chaque
jour de nos haillons de gloire

Ni la grotte ni la barque
Ni l’âne ni la vache
Ni la caverne ni la jument
Ne nous réchaufferont
Tous les ventres sont froids
Les choses nous regardent
Notre dos s’arrondit

Chaque grain de splendeur élevé sur sa tige
Distance chaque jour notre élan moissonneur
Nous voudrions séparer ce qui nous désaltère de ce qui
nous terrasse
Mais nous ne savons plus nommer les choses par leur grâce

Étranges dans l’étrange
Uniques dans le divers
Nous attendons l’éclipse
Qui nous décimera

(Gaston Puel)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :