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CHEMIN DES RONCES (Jean Sénac)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2019



    
CHEMIN DES RONCES

I
Mon amour mon amour
je t’appelle sans répit
je te donne des noms inutiles
des noms sans magie
des noms qui n’éclatent pas
comme un mauvais fruit

Mon amour si mal appris
mon détour ma belle eau sale
mon corsage de l’été
déserté par le désir

Tout est toujours à renoncer
à partir d’une larme
le cri de l’oiseau
l’honneur du pain bis
le fruit qui séduit
le pli de la nappe

Et toi mon amour
mon oeillet de soufre
ma nuit qu’il faudrait refaire
pour donner une chance au soleil.

II
Cette larme si terrible
que j’ai serrée dans un mot
maintenant elle déclenche
tous les jeux de l’océan

Dieu connaît le sang des choses
il séduit le naufragé
avant que j’aie dérobé
cette mémoire frivole
il avait planté un cèdre
dans mon coeur pour le nouer

Regarde ce puits confident
cette larme si terrible
ce voile de Véronique
où j’ai préservé ton nom.

III
Poète des chaos
des amours fous des épines
d’un royaume sans pitié
d’un visage sans appel

Par le sacre de la mort
je retrouve l’innocence
je justifie la parole
j’en fais une eau amicale.

(Jean Sénac)

 

Recueil: Oeuvres poétiques
Traduction:
Editions: Actes Sud

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Par la porte ouverte (Christian Hubin)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2016



Par la porte ouverte,
la respiration.

Le violet irisé
comme une grande surprise,
une expression égarée.

A chaque seconde
des milliards d’éclatements minuscules,
déclenchant l’apparition.

On entend le centre dense,
la trouée
par où une part s’échappe,
fascinée.

(Christian Hubin)

Illustration: Salvador Dali

 

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Il y a des gens (Katherine Pancol)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2016



Il y a des gens avec qui l’on passe une grande partie de sa vie
et qui ne vous apportent rien.
Qui ne vous éclairent pas, ne vous nourrissent pas, ne vous donnent pas d’élan.
Encore heureux quand ils ne vous détruisent pas à petit feu
en se suspendant à vos basques et en vous suçant le sang.

Et puis…

Il y a ceux que l’on croise, que l’on connaît à peine,
qui vous disent un mot, une phrase, vous accordent une minute,
une demi heure, et changent le cours de votre vie.

Vous n’attendiez rien d’eux, vous les connaissiez à peine,
vous vous êtes rendu léger, légère, au rendez-vous et pourtant,
quand vous les quittez, ces gens étonnants,
vous découvrez qu’ils ont ouvert une porte en vous,
déclenché un parachute, initié ce merveilleux mouvement qu’est le désir,
mouvement qui va vous emporter bien au-delà de vous même et vous étonner.

Vous ne serez plus jamais vermicelle,
vous danserez sur le trottoir en faisant des étincelles
et vos bras toucheront le ciel….

(Katherine Pancol)

 

 

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Objectif (Jean-Claude Faucheux)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2016



 

Obture l’éphémère
Diaphragme le silence
Révèle l’inavoué

Déclenche l’éternel

(Jean-Claude Faucheux)

 

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