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Poésie

Posts Tagged ‘décliner’

Lumière (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2019



Ce n’est pas vrai
Que tout amour décline.

Ce n’est pas vrai
Qu’il nous donne au malheur.

Ce n’est pas vrai
Qu’il nous mène au regret.

Quand nous voyons à deux
La rue vers l’avenir.

Ce n’est pas vrai
Que tout amour dérive.

Quand les forces qui montent
Ont besoin de nos forces.

Ce n’est pas vrai
Que tout amour pourrit.

Quand nous mettons à deux
Notre force à l’attaque.

Ce n’est pas vrai
Que tout amour s’effrite.

Quand le plus grand combat
Va donner la victoire.

Ce n’est pas vrai du tout
Ce qu’on dit de l’amour.

Quand la même colère
A pris les deux qui s’aiment.

Quand ils font de leurs jours
Avec les jours de tous
Un amour et sa joie.

(Guillevic)

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Le soleil (Tawara Machi)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2019



Pataud et ovale le soleil
sous son propre poids qu’il ne peut supporter
dirait-on commence à décliner

(Tawara Machi)

Illustration: Gisèle Rouquette

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UNE NUIT PRÈS DU PONT DES ÉRABLES (Zhang Ji (Yisun))

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2019



Hanshan]

UNE NUIT PRÈS DU PONT DES ÉRABLES

La lune décline
Les corbeaux se lamentent
Le ciel est plein de givre
Au bord de la rivière
Les érables s’illuminent aux feux des pêcheurs
Je sombre dans un sommeil mélancolique
En dehors de la ville de Gusu
Se dresse le temple de Hanshan
A minuit le tintement de sa cloche
Parvient jusqu’à ma barque

(Zhang Ji (Yisun))

Illustration

 

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Souvenir (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2019




Souvenir

Tu m’as inventée. Celle que tu imagines
N’existe pas, ne peut exister nulle part.
Chez les médecins, pas de remède ; pas de réconfort
chez les poètes.
Cette ombre, ce fantôme jour et nuit te persécute.

Notre rencontre eut lieu en une année invraisemblable.
Les forces du monde étaient à bout.
Tout portait le deuil. Tout déclinait, malade.
Rien de nouveau, sinon des tombes.

Plus de lumière. Flots de la Néva, noirs comme du goudron.
Nuit, tout autour, compacte, comme un mur.
C’est alors que ta voix m’a défiée.
Ce que je faisais, je ne le comprenais pas encore.

Tu es venu vers moi, comme conduit par une étoile,
Tu foulais aux pieds l’automne tragique,
Tu es entré dans la maison à jamais déserte,
D’où avait fui le vol des poèmes brûlés.

(Anna Akhmatova)

Illustration: Fabienne Contat

 

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Laisse-moi fuir (Dylan Thomas)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2018



Laisse-moi fuir
Être libre (Du vent pour mon arbre ! De l’eau pour ma fleur)
Vivre de soi à soi
et noyer les dieux en moi
Ou écraser leurs têtes vipérines sous mon pied.
pas d’espace, dis-tu, pas d’espace
Mais tu ne m’y incluras pas
Même si ta cage est robuste.
Ma force sapera ta force;
Je déchirerai l’obscur nuage
Pour voir moi-même le soleil
Pâle et déclinant, pousse atroce

(Dylan Thomas)

Découvert chez Lara ici

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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Vaches blanchâtres (Claude Pujade-Renaud)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2018




    
Vaches blanchâtres
flaques de lait
répandues sur le pré
ruminantes molles

Plus loin
enrobée
d’un soleil déclinant
une solitaire
en majesté
motte de beurre dorée

(Claude Pujade-Renaud)

 

Recueil: Instants incertitudes
Traduction:
Editions: Le Cherche Midi

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Pressentiment? (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2018



Pressentiment? cette Ombre longue? sur le Gazon?
Signe que les Soleils déclinent?

L’annonce à l’Herbe effarée
Que la Ténèbre? va passer?

***

Presentiment? is that long shadow? on the Lawn?
Indicative that Suns go down?

The notice to the startled Grass
That Darkness? is about to pass?

(Emily Dickinson)

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C’était novembre (Vénus Khoury-Ghata)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2018



Illustration: Ivan Renkov
    
C’était novembre

C’était novembre de tous les vacillements
Le crépuscule n’allumait plus les lampes coutumières
Les mains tendues pour arracher un peu de leur lueur à l’obscurité ramassaient des battements d’ailes
La mère ouvrait les bûches froides avec ses ciseaux comme ventre de volaille pour les farcir de crépitements
on essorait du même geste le seuil et le linge
on s’inventait des voisins grandiloquents avec des feux volubiles
on leur inventait des visages et une vaisselle au tintement solennel
stupeur lorsqu’ils déclinaient leurs noms gavés de pierres et le cimetière comme point de ralliement

(Vénus Khoury-Ghata)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

Recueil: Où vont les arbres ?
Traduction:
Editions: Mercure de France

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DONNE-MOI, DONNE-MOI UN BAISER (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018




    
DONNE-MOI, DONNE-MOI UN BAISER

C’est le dernier ! Baise-moi, je t’en prie.
Dans tes bras blancs, étreins-moi, serre-moi.
Donne un baiser ! Donne, je t’en supplie.
Car ton amour est le prix de ma vie.
Et dès demain, je ne serai plus là.

Je suis parti. Je suis parti sans elle.
Plus de baisers. Elle n’est nulle part.
Je sens, hélas, qu’elle m’est infidèle.
Pour qui sont-ils, les baisers de ma belle ?
Qui les acquiert, par des fleurs, un regard?

La nuit, le jour, je vis dans la souffrance.
Qui flattez-vous, baisers voluptueux
Qu’offre à présent la femme à qui je pense
Et qui, par là, bafoue mon espérance ?
Je suis loin d’elle et combien malheureux!

Voici venu le bonheur sans mélange !
Je peux rentrer ! d’un seul bond ! d’un seul saut !
Je hais le train et sa lenteur étrange.
Ô juste ciel, reverrai-je mon ange?
Pourquoi, Soleil, déclines-tu si tôt?

Merci, mon Dieu, j’entre dans ma demeure.
Aucun bruit. Rien. Mon сoeuг cogne et me dit,
Près d’éclater : «T’attend-elle à cette heure? »
L’horloge dort. Suis-je seul? Est-ce un leurre ?
Une poussière en mon oeil s’introduit.

J’ai sur la bouche une main qui se gèle.
Des pleurs secouent tout mon corps éperdu.
Je la croyais déloyale, infidèle.
Mais elle aimait… et mon coeur se morcelle.
Le sien est mort d’avoir trop attendu.

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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DE RETOUR À LA CHAUMIÈRE (Liu Changqing)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2018



DE RETOUR À LA CHAUMIÈRE

Le soleil décline et les montagnes bleues s’éloignent
En ce jour de grand froid la chaumière se révèle plus rustique
Le chien aboie devant la porte en branchages
Le voyageur est de retour par cette nuit de tempête de neige

(Liu Changqing)

Illustration

 

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