Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘déclose’

Le matin du lac (Paul Fort)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018



Nous naviguons sur une onde insonore.
Tous les ibis debout rêvent encore.

Un souffle à peine effleure notre joue.
Sous des roseaux trois crocodiles jouent.

Du lac perdant les étoiles décloses,
monta en comète un vol de flamants roses.

L’hippopotame voit, d’un oeil lointain, flotter Vénus
l’écharpe du matin.

Mais les ibis debout rêvent encore.
Nous naviguons sur une onde insonore.

(Paul Fort)

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Vendange (Olivier Larronde)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2017



Vendange

La fleur déclose
me prive de tout comme elle s’abandonne
en fruit. Mon sang charrie des glaçons, fleur
de la récolte quand le cortège de ce soir m’ouvrira les veines.
Meuniers, ramoneurs et ceux que le sel a déteints,
mes démons se laissent apparaître, vêtus de soufre et
plus près des papillons pour cette race légère que saura
fixer une pointe dans l’aile. A des fleurs les papillons
font l’amour, eux vont aux baisers des fruits.
Délaissant ces bouches entr’ouvertes qui pendent aux
branches, d’un galop les vendangeurs passeront fouler
mon corps
une grappe de leur vigne.

(Olivier Larronde)

Illustration: Giuseppe Arcimboldo

 

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La moisson (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 29 octobre 2016



 

La moisson

Incroyable est de se croire
Vivant, réel, existant.
Incroyable est de se croire
Mort, feu, défunt, hors du temps.
Incroyable est de se croire
Et plus incroyable encore
De se croire, pour mémoire,
Un rêve, une âme sans corps.

Belles roses du passé,
Roses, odorantes roses,
Qui dès l’aube frémissez,
À la nuit déjà décloses,
Votre sort rapide et long
Est égal à nos années
Même si, dans le salon,
On vous apporte fanées.

Nos dieux étaient trop fragiles,
C’étaient de petites gens,
Dans un petit domicile,
Vivant de fort peu d’argent.
Plus grande est notre fortune
Et plus sombre est notre sort.
Nous ne voulons pas la lune.
Nous ne craignons pas la mort.

Par nos cinq sens ligoté
Notre univers rapetisse.
Adieu rêve, adieu beauté !
De vous je fais sacrifice
Au monde trop limité.

(Robert Desnos)

 

 

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Une musique (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2016



Dans l’air fraîchi, venant d’où, déclose comment?
Vers moi, par la fenêtre ouverte, une musique
Déferle à petites vagues si tristement.
Elle me fait à l’âme un mal presque physique.
Confuse comme un songe… Est-ce d’un piano,
Est-ce d’un violon méconnu qui s’afflige
Ou d’une voix humaine en élans comme une eau
D’un jet d’eau qui s’effeuille en larmes sur sa tige.
Ah ! la musique triste en route dans le soir,
Qui voyage en fumée, en rubans, qui sinue
En forme de ruisseaux pauvres dans l’ombre nue,
Et trace de muets signes sur le ciel noir
Où l’on peut suivre et lire un peu sa destinée
Dont les lignes du son tracent la preuve innée,
Chiromancie éparse, oracle instrumental !

Puis s’embrouille dans l’air la musique en partance,
Éteignant peu à peu ses plaintes de cristal
Qu’on s’obstine à poursuivre aux confins du silence.

(Georges Rodenbach)

Illustration

 

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