Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘décoloré’

Il faut aller jusqu’au bout du monde (Francis Picabia)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Il faut aller jusqu’au bout du monde
Mais le bout du monde est décoloré
par le soleil.

(Francis Picabia)

 

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Retouche à la rupture (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2017



Illustration: Edvard Munch
    
Retouche à la rupture

dans la nuit de l’amour la mort invente un blanc

au ciel décoloré par les trop grands chagrins
le vent retourne et brûle
le profil de l’absente

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: De laine et soie
Editions: Gallimard

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L’humble feu du rouge-gorge (Jean-Paul Hameury)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2016



D’avoir dû parcourir de si vastes
et lointaines contrées
les mots étaient décolorés.
Et du feu que des lèvres
leur avaient confié
ne restaient que cendres.
Et de l’élan qui les avait
dans l’espace risqués ne restait
qu’un froissement de paille.

Alors pour endurer le temps
l’enfant attendait que vienne
de loin en loin brûler dans le jardin
l’humble feu du rouge-gorge.

(Jean-Paul Hameury)

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FRAGMENTS (Bartolo Cattafi)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2016



FRAGMENTS

Quelques fragments épars
décolorés par le temps,
issus d’on ne sait où,
peut-être les particules d’un vieux
monde qui veut encore se connecter à nous,
aiguisant les pointes
d’un remords inconnu,
épines dans l’oeil,
échardes sous l’ongle,
fragments détachés d’un arc,
d’un cercle,
d’un segment oublié du parcours.

***
FRAMMENTI

Pochi sparsi frammenti
scoloriti dal tempo
giunti da chissà dove
forse particole d’un vecchio
mondo che vuole ancora connettersi con noi
aguzzando punte
d’un ignoto rimorso
pruni nell’occhio
schegge sotto l’unghia
frammenti staccatisi da un arco
un cerchio
da una parte scordata del percorso.

(Bartolo Cattafi)

Illustration: Waldemar Nobre

 

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Veux-tu voir La forme obscure du soleil (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2015



Veux-tu voir
La forme obscure du soleil
Les contours de la vie
Ou bien te laisser éblouir
Par le feu qui mêle tout
Le flambeau passeur de pudeurs
En chair en or ce beau geste

L’erreur est aussi inconnue
Que les limites du printemps
La tentation est prodigieuse
Tout se touche tout te traverse
Ce ne fut d’abord qu’un tonnerre d’encens
Ce que tu aimes le plus
La louange belle à quatre
Belle nue immobile
Violon muet mais palpable
Je te parle de voir

Je te parlerai de tes yeux
Sois sans visage si tu veux
De leur couleur contre le gré

Des pierres lumineuses
Décolorées
Devant l’homme que tu conquiers
Son enthousiasme aveugle
Règne naïvement comme une source
Dans le désert

Entre les plages de la nuit et les vagues du jour
Entre la terre et l’eau
Nulle ride à combler
Nul chemin possible

Entre tes yeux et les images que j’y vois
Il y a tout ce que j’en pense
Moi-même indéracinable
Comme une plante qui s’amasse
Qui simule un rocher parmi d’autres rochers
Ce que je porte de certain
Toi tout entière
Tout ce que tu regardes
Tout

Ceci est un bateau
Qui va sur une rivière douce
Il porte des femmes qui jouent
Et des graines qui patientent
Ceci est un cheval qui descend la colline
Ou bien une flamme qui s’élève
Un grand rire pieds nus dans une cour misérable
Un comble de l’automne des verdures amadouées
Un oiseau acharné à mettre des ailes à son nid
Un matin qui disperse des lampes de rosée
Pour éveiller les champs
Ceci est une ombrelle
Et ceci la toilette
D’une dentellière plus séduisante qu’un bouquet
Au son des cloches de l’arc-en-ciel

Ceci déjoue l’immensité
Ceci n’a jamais assez de place
La bienvenue est toujours ailleurs
Avec la foudre avec le flot
Qui s’accompagnent
De méduses et d’incendies
Complaisants à merveille
Ils détruisent l’échafaudage
Surmonté d’un triste drapeau de couleur
Une étoile limite
Dont les doigts sont paralysés

Je parle de te voir
Je te sais vivante
Tout existe tout est visible
Il n’y a pas une goutte de nuit dans tes yeux

Je vis dans une lumière exclusive la tienne.

(Paul Eluard)

Illustration: Marc Chagall

 

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