Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘décolorer’

Peut-être (Émile Verhaeren)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018



Illustration
    
Peut-être

Peut-être
Lorsque mon dernier jour viendra,
Peut-être
Qu’à ma fenêtre,
Ne fût-ce qu’un instant,
Un soleil frêle et tremblotant
Se penchera.

Mes mains alors, mes pauvres mains décolorées
Seront quand même encore par sa gloire dorées ;
Il glissera son baiser lent, clair et profond
Une dernière fois, sur ma bouche et mon front,
Et les fleurs de mes yeux, pâles, mais encore fières
Avant de se fermer lui rendront sa lumière.

Soleil, ai-je adoré ta force et ta clarté !
Mon art torride et doux, de son geste suprême,
T’a retenu captif au cœur de mes poèmes ;
Comme un champ de blé mûr qui houle au vent d’été,
Telle page t’anime et t’exalte en mes livres,
Ô toi, soleil qui fais éclore et qui délivres,
Ô toi, l’immense ami dont l’orgueil a besoin,
Fais qu’à cette heure grave, impérieuse et neuve
Où mon vieux cœur humain sera lourd sous l’épreuve,
Tu sois encore son visiteur et son témoin.

(Émile Verhaeren)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

MACHINE INUTILE (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018



 

    

MACHINE INUTILE

Une machine à faire du bruit,
qui s’ébroue et supplie et proclame,
pas seulement pour vous faire taire,
peut-être pas pour m’amuser,
construite en mots dépaysés
pour se décolorer l’un par l’autre,
pour entrer dans l’épais du grain
pour y trouer tous les grains,
pour y passer par les trous
pour y pomper l’eau imprenable
dont le courant gronde sans bruit,
machine à capter ce silence
pour vous en mettre dans l’oreille
à grands coups d’ailes inutiles.

(André Frénaud)

 

Recueil: Il n’y a pas de paradis
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ameute les miroirs (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 8 février 2018



    

Ameute les miroirs, décolore les vitres
Et relève la tête, face au Seigneur.
Un poème est prisonnier dans sa cage d’épines,
Petite larve chaude
Qui chante les ailes
Sans connaître leur nom duveté.
Il faut ligoter ciel et terre
Souffrir le battement de ses poignets.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Dans ta chambre il ne reste plus (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2017



Dans ta chambre il ne reste plus
Que les rouages désaxés du sommeil
Les lettres à Dieu que j’avais commencées
Quand l’amour est venu décolorer ton visage.
Je me surprends à songer aux aurores blanchisseuses
Qui décrassent tout mon travail de la nuit
Et le mettent à sécher sur le seuil de la porte
Ces femmes ont des grands yeux dans les yeux
Des oiseaux migrateurs en partance
L’absolution des fautes graves.
Oh! regarder la lampe s’enfoncer dans la table
Écouter le silence broyer ses doigts.

(René Guy Cadou)

Illustration: Francine Van Hove

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Dans ta chambre (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2017



 

Félix Vallotton   185318 [1280x768]

Dans ta chambre il ne reste plus
Que les rouages désaxés du sommeil
Les lettres à Dieu que j’avais commencées
Quand l’amour est venu décolorer ton visage.
Je me surprends à songer aux aurores blanchisseuses
Qui décrassent tout mon travail de la nuit
Et le mettent à sécher sur le seuil de la porte
Ces femmes ont des grands yeux dans les yeux
Des oiseaux migrateurs en partance
L’absolution des fautes graves.
Oh ! regarder la lampe s’enfoncer dans la table
Écouter le silence broyer ses doigts.

(René Guy Cadou)

Illustration: Félix Vallotton

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

La feuille flétrie (Elisa Mercoeur)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2016



Pourquoi tomber déjà, feuille jaune et flétrie?
J’aimais ton doux aspect dans ce triste vallon.
Un printemps, un été furent toute ta vie,
Et tu vas sommeiller sur le pâle gazon.

Pauvre feuille! il n’est plus, le temps où ta verdure
Ombrageait le rameau dépouillé maintenant.
Si fraîche au mois de mai, faut-il que la froidure
Te laisse à peine encore un incertain moment!

L’hiver, saison des nuits, s’avance et décolore
Ce qui servait d’asile aux habitants des cieux.
Tu meurs! un vent du soir vient t’embrasser encore,
Mais ces baisers glacés pour toi sont des adieux.

(Elisa Mercoeur)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :