Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘déconcerté’

Dans le soir (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 15 août 2017



Illustration: Tamara Lunginovic
    
Dans le soir, les paroles se séparent comme
des fleuves qui ne vont pas vers la même mer.
Dans le soir, le couchant n’est plus, si près de la terre,
qu’une paupière trop lourde qui retombe.

La nuit n’entend que la flottaison des étoiles
que le bruit d’étoffe des baisers sur les corps.
Un insecte se débat sur une source
où le jour veille, clair encor d’un peu de ciel.

Baisers légers comme des bulles de savon,
terre couverte d’un seul arbre d’ombre,
main de soleil qui dure sur le couchant,
comme vous mentez à mon visage déconcerté.

Et quand je te vois, seule, sans horizon,
je traverse, sans armes ni défense,
les plantes de tendresse qui lèvent de ton corps,
immenses et douces comme des vallées.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Ton être double attire, ainsi qu’un double aimant (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2016



Souris, amante blonde, ou rêve, sombre amant,
Ton être double attire, ainsi qu’un double aimant,
Et ta chair brûle avec l’ardeur froide d’un cierge.

Mon coeur déconcerté se trouble quand je vois
Ton front pensif de prince et tes yeux bleus de vierge,
Tantôt l’Un, tantôt l’Autre, et les Deux à la fois.

(Renée Vivien)

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LA BOUCHE (Luc Decaunes)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2015



 

LA BOUCHE

Sur les bancs de l’école où tu n’as rien appris
C’est la chanson d’un avril endormi
Qui surprenait ta tête entrebâillée
Quand la neige des fleurs te remontait aux tempes
Comme un vol d’oiseaux fous dans l’azur du dimanche

C’est le chant d’un enfant que tu n’as pas connu
Ses mains avides ses pieds nus
Son mystère aux lèvres d’abeilles
Et ce grand rire clair qui lui mangeait les lèvres
Quand le soir rougeoyait aux vitres de la classe
Comme un poing renversé dans le sang des charrues

Sur les bancs de l’école avais-tu d’autres yeux
Pour menacer la vie aux griffes roses
Pour épier la fumée des images
Les beaux cahiers tachés du sang des livres
Et le monde à l’envers dans cette voix du maître
Qui faisait à ton coeur d’invisibles promesses

Avais-tu d’autres yeux pour convaincre ton rêve
Pour épouser les mots déconcertés
Au milieu des clameurs qui te brûlaient la tête
Quand tu ne savais plus ce que parler veut dire
A force d’oublier ta manière de vivre
Sur les bancs de l’école où tu n’as rien appris…

(Luc Decaunes)

Illustration: Robert Doisneau

 

 

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