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VIEUX PAYS (Jean-Luc Pouliquen)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2018



 

VIEUX PAYS

Vieux pays
Découpé dans le ciel
Je ne veux pas
Qu’une avalanche de béton
Enferme ta mémoire

Je veux garder vivaces
les chemins de l’enfance
le jardin de l’été
à l’heure du silence (…)
J’entends tes cris
Quand leurs mâchoires d’acier
répètent les outrages

Vieux pays
exilé de toi-même
tu as pris le maquis
regagné les sommets
tu ne veux plus sourire
au premier gars venu

Il faut pour t’approcher
bruire comme une fontaine
et plonger ses deux mains
dans un buisson de thym.

(Jean-Luc Pouliquen)

 

 

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Plus jamais maintenant (Teresa Rita Lopes)

Posted by arbrealettres sur 28 octobre 2017



Plus jamais maintenant

Pas maintenant
plus jamais maintenant

L’heure est passée

Maintenant j’ai fermé toutes les portes
et jeté les clés à la mer
Maintenant j’ai réservé mon billet pour partir à l’aube
Maintenant je suis en chemin

Il fut un temps
où tous les chemins de mon corps
auraient eu le nom que tu leur aurais donné
Pas maintenant
Tu les as rendus au néant
au non-sens de choses
juste là

L’heure est passée

équilibre s’est refait du vide
des aubes sans rien
L’équilibre s’est refait
sans toi

Il était une fois
un printemps tout entier
suspendu
à tes gestes

Maintenant il est trop tard
Les arbres ont de nouveau abrité
les pousses
dans leur écorce dure
et ils ont su qu’ils ne pouvaient compter
que sur leurs bras ligneux et
nus

Pas maintenant
j’ai renoncé à toi
je t’ai expulsé de l’acier des miroirs

Tu m’as rendu le profil net et dur
des choses
la pure découpe du silence

***

Agora nunca mais

Agora nâo
agora nunca mais

Passou a hora

Agora jà fechei as portas todas
e atirei as chaves ao mar
Agora marquei bilhete para partir de madrugada
Agora jâ you a caminho

Houve um tempo
em que todos os caminhos do meu corpo
teriam tido os nomes que lhes desses
Agora nâo
Devolveste-os ao nada
ao sem sentido de coisas
existindo

Passou a hora

O equilibrio refez-se do vazio
das madrugadas sem nada
O equilibrio refez-se
sem ti

Houve um tempo
em que uma primavera inteira
esteve suspensa
dos teus gestos

Agora é tarde
As ârvores reabrigaram
os rebentos
na casca dura
e souberam que so podiam contar
com seus lenhosos braços
nus

Agora nâo
desisti de ti
expulsei-te do aço dos espelhos

Devolveste-me o nitido e duro perfil
das coisas
o puro recorte do silêncio

(Teresa Rita Lopes)


Illustration retirée sur demande de l’artiste

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