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Poésie

Posts Tagged ‘découper’

AU MIROIR (Moshe Nadir)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2019




    
AU MIROIR

Il se tient devant le miroir et voit sa propre cécité.
Les franges de ses yeux sont lourdes,
comme découpées dans l’acier.

Sa pupille est grise comme le brouillard en suspens de l’idée universelle.
Et le miroir dans lequel il regarde est complètement aveugle,
et il voit sa propre cécité.

Il se tient devant le miroir et regarde si clairement, avec tant d’acuité,
mais il ne peut transgresser du regard sa propre cécité
– elle est si lointaine, illimitée !

(Moshe Nadir)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Pissenlit (Frédéric Jacques Temple)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2019




    
Pissenlit

Fier petit soleil
dressé
dans des vertes feuilles
découpées.

(Frédéric Jacques Temple)

 

Recueil: Dans l’erre des vents
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Elle découperait sur l’arbre Rose (Gertrude Stein)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2019



Ernesto Arrisueño -infinity

 

elle découperait sur l’arbre Rose est Rose est Rose est Rose est Rose
jusqu’à ce qu’il soit allé toute la manière autour.

(Gertrude Stein)

Illustration: Ernesto Arrisueño

 

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Il y avait pire (Armand Lanoux)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2019



Découpez la maison de l’ogre selon le pointillé.
Il y avait pire que l’ogre c’était l’ogresse.
Il y avait pire que l’ogresse
la princesse.
Il y avait pire que la princesse
la fée.
Comment l’enfant l’aurait-il deviné?

(Armand Lanoux)

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Pour naître (Christian Viguié)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2018



Pour naître j’ai posé l’orange sur une grande table de bois
Etant sûr de notre silence
je suis resté autour d’elle à découper l’après-midi.

(Christian Viguié)

 

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Un livre, à quoi ça sert ? (J.M.G. Le Clézio)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2018



Un livre, à quoi ça sert ?
À écrire. Ça sert à écrire, à lire, à dessiner.
À écrire ce qui est écrit, à lire ce qui est écrit.
À dessiner des animaux, des arbres, des poissons, des cendriers, des livres, des hommes, des enfants.
À dessiner tout ce qu’on voit.
A compter aussi, à mettre des chiffres.
À raconter des histoires, l’histoire du hibou, l’histoire de la montagne creuse et de la forêt avec les loups.
À faire le ciel, à faire le soleil. A faire une chemise. À faire un pot de fleurs, et une cigarette.
On dessine. On colorie.
On dessine les maisons.
On dessine les salamandres et les escargots.
On peut les faire à l’endroit, et puis à l’envers.
On peut les faire avec des craies, avec des pinceaux.
Avec des allumettes aussi.
Avec de la paille.
Avec des feuilles.
Avec des cheveux.
Avec de l’herbe. Avec des morceaux de bois.
On peut coller, on peut découper avec des ciseaux.
Un livre, ça peut être une boîte.
ça sert à se rappeler, aussi.
A gribouiller.
À cacher les choses, pour que les autres ne les trouvent pas.
ça sert à envoyer des lettres aussi. À mettre les lettres et les cartes quand le facteur les a apportées.
À coller des photos.
Un livre, ça sert à lire le journal.
On écrit les lettres, les O, les A, les Z, les W.
On écrit ZORRO, CHAT ISABELLE.
Ça sert à courir dans le jardin.
Un livre, ça sert à mettre ce qu’on a rêvé cette nuit.
Quand on s’est bien amusé avec, on n’a plus qu’à le jeter à la poubelle.

(J.M.G. Le Clézio)


Illustration

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Au mont Lou (Li Po)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2018




    
Au mont Lou, je contemple le pic des Cinq Vieillards

Au midi du Lou-chan, émergent cinq vieillards
Découpant dans le bleu des lotus couleur d’or.
Splendeur des Neuf Rivières, je pourrais t’embrasser –
Construire ici mon nid, dans les pins et les nues !

(Li Po)

 

Recueil: La montagne vide Anthologie de la poésie chinoise (IIIè – XIè siècle)
Traduction: Patrick Carré et Zéno Bianu
Editions: Albin Michel

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Dans les carrés de lumière (Jean-Pierre Chambon)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2018



Illustration: Anne-Laure Maison
    
Dans les carrés de lumière
que les fenêtres des immeubles
découpent sur la nuit
se démultiplient les silhouettes
d’un petit théâtre d’ombre
jouant les scènes triviales
de la si fascinante
vie des autres

(Jean-Pierre Chambon)

 

Recueil: Tout-venant
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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Ce monde ne présente aucune marque, signe ou preuve d’existence (Jack Kerouac)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2018



Ce monde ne présente aucune marque, signe ou
preuve d’existence, ni les bruits qu’il contient,
tels un coup du vent, des voix ou des braiments d’animaux;
pourtant écoutez attentivement,
le murmure éternel du silence n’en finit jamais de remplir tout cela,
et n’en a jamais fini, et n’en finira jamais.

C’est parce que le monde n’est rien qu’un rêve et
une conception mentale et la durée éternelle n’y fait
pas attention.
La nuit sous la lune, ou dans une chambre paisible,
faites donc silence,
la musique secrète de l’Inconçu se poursuit,
au-delà de la conception, éveillée par-delà l’existence.

A proprement parler, l’éveil n’est pas vraiment l’éveil
parce que l’éternité d’or ne s’est jamais endormie:
on le sait au bruit permanent du Silence
qui découpe ce monde
comme un diamant magique découpant votre erreur
de ne pas comprendre
que c’est votre esprit qui a engendré le monde.

(Jack Kerouac)

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QUOI (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 28 octobre 2017



QUOI

assez loin la nuit les mots

on n’attend rien d’autre

coque vide rejetée
au bout de la nuit dehors
et comme l’écho des mots
confus et faible encore
dedans

***

passe quelque chose sans nom
un tour de lumière blanche
très forte et seule
sans source
partout dedans égale

impossible de remonter
plus loin plus haut

cela échappe
faiblit

à nouveau dehors la nuit
on retombe

les yeux gourds

***

quel vrai brusque est passé
ou quel leurre
à ce point d’être sûr
sans prise

***

au matin
on marche dans l’hiver net

transparent
il taille les angles
découpe chaque obstacle
et le ferme

tout se tient

on bouge

on n’a qu’un poids de rien

buée vide
dans l’air clair
on va
aussi léger qu’une neige
sans chemin dans le froid
ouvert

***

les arbres sont cassants
avec le givre

on devient verre

il suffirait de poursuivre
pour disparaître
comme on est venu

(Antoine Emaz)

Illustration: Ai Xuan

 

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