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Poésie

Posts Tagged ‘découvrir’

Il y a des fragments de paroles (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 17 novembre 2017




    
Il y a des fragments de paroles
au fond de toutes les choses,
comme des restes d’une antique semence.

Pour les trouver
il faut récupérer le balbutiement
du commencement ou de la fin.
Et à partir de l’oubli des noms
réapprendre à épeler les paroles,
mais à partir du revers des lettres.

Peut-être découvrirons-nous alors
qu’il ne faut pas compléter ces fragments,
car chacun est une parole entière,
une parole de langage oublié.

Il est même possible que nous trouvions en chaque chose
un texte complet,
un texte réservé et protégé
qu’il ne faut pas lire pour le comprendre.

(Roberto Juarroz)

 

 

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Vers la nuit des images (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2017




    
Vers la nuit des images
Où nous partagions les rêves
Et les voiles
Des marins de l’amour
Et que nous découvrions leurs rivages :
Flux et reflux, nous nous élevons et nous descendons
Mon corps voyageait dans un navire
De nostalgie,
Et mes chants dans un navire
D’étincelles —

Vers la nuit des images

(Adonis)

 

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Pourquoi l’âme tellement chante-t-elle (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 31 octobre 2017



Pourquoi l’âme tellement chante-t-elle,
Et pourquoi si peu de noms bien-aimés ?
Pourquoi le rythme momentané
N’est que hasard et brusque Aquilon ?

il lève un nuage de poussière,
Bruit avec les feuilles de papier,
Pour ne plus revenir, ou
Revenir tout à fait autre.

O, large vent d’Orphée,
Tu t’en allais vers les pays marins
Et chérissant un monde incréé,
J’oubliais l’inutile « moi ».

J’errais dans une forêt de poupée,
Découvris une grotte d’azur…
Est-il possible que ce soit vrai,
Que réellement vienne la mort ?

(Ossip Mandelstam)


Illustration: Alexandre Séon

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Est-il vrai que je suis réel (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 31 octobre 2017



Qu’est-ce qui fait l’âme si mélodieuse
Et qu’il y a si peu de noms chéris,
Et que le rythme fugitif n’est qu’un hasard,
Qu’un souffle inattendu de l’Aquilon ?

Il soulève la poussière en nuage,
Fait frissonner les feuilles de papier
Et ne reviendra plus jamais, ou bien
Il reviendra tout à fait différent.

Ô toi, le large vent d’Orphée,
Tu t’en iras vers les contrées marines !
Chérissant le monde incréé,
J’oubliai l’inutile « moi ».

Je m’égarai dans un bois miniature
Et découvris une grotte azurée…
Est-il vrai que je suis réel
Et que la mort réellement viendra ?

(Ossip Mandelstam)


Illustration: Sabin Balasa

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S’il y a une chose en mathématique (Alexandre Grothendieck)

Posted by arbrealettres sur 29 septembre 2017



    
S’il y a une chose en mathématique
qui me fascine plus que toute autre,
ce n’est ni le nombre, ni la grandeur,
mais toujours la forme.

Et parmi les mille et un visages
que choisit la forme pour se révéler à nous,
celui qui m’a fasciné plus que tout autre
et continue à me fasciner,
c’est la structure cachée
dans les choses mathématiques.

La structure d’une chose n’est nullement une chose
que nous puissions « inventer ».
Nous pouvons seulement la mettre à jour patiemment,
humblement en faire connaissance, la « découvrir ».

(Alexandre Grothendieck)

 

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Elle a cet âge (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2017



Illustration: Félix Vallotton
    
Elle a cet âge où l’on court devant soi, très droit,
très vite, en agitant les bras. elle se livre sans réserve
à chaque pas, à chaque pas elle retrouve l’équilibre.

Plus tard elle ira en forêt comme sous les étoiles,
mais sera-t-elle aussi farouche. émerveillée,
qu’à la lisière entre les dalles de ciment et la prairie
où elle s’arrête, où elle s’incline ? elle découvre l’herbe.

Nous qui n’étions que l’ombre derrière elle,
elle nous apparaît ruisselante de souffles
quand elle se retourne, et nous l’embrassons sur les joues.

(Pierre Dhainaut)

 

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Pour l’oeil qui voit (Mohammad Iqbal)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2017



Illustration: Anne Marie Zylberman
    
Pour l’oeil qui voit tout vaut la peine d’être vu,
Tout est digne d’être pesé sur la balance du regard.

Dans cette antique glaise j’ai découvert une perle,
Chaque atome a pour moi la fulgurance de l’étoile.

(Mohammad Iqbal)

 

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Regarde l’univers (Mohammad Iqbal)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2017



    
    
Regarde l’univers avec les yeux de l’Amour
Si tu veux découvrir ses secrets;
Vu avec les seuls yeux de l’Intellect
Il n’est qu’illusion et mirage.

(Mohammad Iqbal)

 

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Parfois (Echrefoghlou Roumi)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2017




    
Parfois je tombe dans les mers, vague furieuse je déborde
Je tombe aux mains des ignorants qui m’achètent à bas prix

Parfois je monte vers les cieux et je vire avec le destin
Parfois je m’enfle avec la lune, parfois je tourne avec le soleil

Parfois je monte à l’Arafat, je dis «Me voici», je me découvre
Parfois je remplace la victime et, bélier, je me laisse immoler

Parfois je suis soufi au couvent, parfois pécheur à la taverne
Parfois dans la ronde je tourne, parfois je suis le saz dont on joue

Parfois prudent, parfois impétueux je me mêle à la foule
Parfois seigneur, parfois faucon royal je chasse et me fais chasser

Parfois océan, parfois lac, parfois Sultan, parfois esclave,
Parfois printemps, parfois rose de main en main je m’effeuille

Il n’y a ni relais ni arrêt, ni corps ni être humain
A part Dieu en somme il n’y a rien, alors où donc est-ce que je tourne ?

Ceux qui ont le mal d’amour, qu’ils viennent, je les panserai
Ils boiront le breuvage d’amour, ils auront nouvelle de l’ami

Ils ouvriront leur oeil caché et verront leur moi véritable
Je tournerai leur face vers l’ami, je leur rendrai le monde importun

J’éteindrai le feu de leur être, je romprai le talisman de leurs digues
J’enlèverai les barrières de leur moi, pour cet ami je les harnacherai

Ces coeurs devenus de pierre je les casserai avec la masse d’amour
Je ferai couler l’eau de la vie qui sera source dans leur coeur

J’ai vu l’ami et suis venu, mon tour accompli je suis venu
L’ami aux amis a dit de venir, je suis venu apporter la nouvelle.

(Echrefoghlou Roumi)

 

Recueil: La montagne d’en face (Poèmes de derviches anatoliens)
Traduction: Guizine Dino, Michèle Aquien, Pierre Chuvin
Editions: Fata Morgana

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Délivre moi de moi (Younous Emré)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2017



Illustration: Salvador Dali
    
Délivre moi de moi

Donne moi ton amour afin que je m’y noie et m’y anéantisse
Délivre moi et prend la place de ce moi
Détruis ce que je suis
Que mourant içi, je survive là bas

Fais que je t’aime, que je n’aime que toi,
qu’hier soit aujourd’hui, que demain soit hier
Mon âme a respiré ton parfum
Mais où es-tu? Te découvrir, Ô bien aimé

Je t’aime. Je chancelle.
Je saigne.
Je dis ma peine.
Comment ne pas la dire.

(Younous Emré)

 

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