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L’imprudence (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



 

Bruno Di Maio tre15 [1280x768]

L’imprudence

Comme une fleur à plaisir effeuillée
Pâlit, tombe et s’efface une brillante erreur.
Ivre de toi, je rêvais le bonheur :
Je rêvais, tu m’as éveillée.

Que ce réveil va me coûter de pleurs !
Dans le sein de l’amour pourrai-je les répandre ?
Il m’enchaînait à toi par des liens de fleurs ;
Tu me forces à les lui rendre.

Un seul mot à nos yeux découvre l’avenir ;
Un reproche souvent attriste l’espérance.
Hélas ! S’il faut rougir d’une tendre imprudence,
Toi qui la partageas, devais-tu m’en punir ?

Loin de moi va chercher un plus doux esclavage,
va ! De tout mon bonheur j’ai payé ton bonheur.
Eh bien ! Pour t’en venger, tu m’as rendu mon coeur,
Et tu me l’as rendu brûlant de ton image.

Je le reprends ce coeur blessé par toi !
Pardonne à mon imprévoyance :
Je lui dois ton indifférence ;
Que te faut-il encor pour te venger de moi ?

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Bruno Di Maio

 

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Après chaque exil (Luis Mizón)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2018



 

Après chaque exil
je me découvre blessé par la lumière
homme aux racines de pierre
vieux novice de caresses
jeune affamé de pommes
plus tard quand je serai enfant
moi aussi je serai feu

(Luis Mizón)

Illustration: Sandra Gunther

 

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Quel dard irrite les volcans (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2018



Quel dard irrite les volcans
qui crachent feu, froid et fureur ?

Et pourquoi Christophe Colomb
n’a-t-il pu découvrir l’Espagne ?

Combien de questions dans un chat ?

Les larmes qu’on ne verse pas
attendent-elles en petits lacs ?

Ou seraient-elles des rivières
coulant cachées vers la tristesse ?

(Pablo Neruda)


Illustration

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Arbre de Diane (Eliseo Diego)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2018



Illustration: Simon Glaubert
    
Arbre de Diane

Mais si un enfant triomphe de
l’animal sombre
du soir, de l’homme sinistre
des recoins,
avec un vieux morceau de
bois, tu découvres
que la lumière nous aimait, et que
acceptant
sagement, les arbres, pleins
de poussière ancienne,
nous offrent l’ombre, oui,
l’ultime pénombre,
comme qui apporte une consolation,
une espérance.

(Eliseo Diego)

 

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À la recherche du paysage nouveau (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 8 février 2018



Illustration
    

— À la recherche du paysage nouveau,
où pâlit le dessin que le regret pollue,
s’effritent les projets qui n’ont pas abouti,
s’effacent les rêves flottant sans images,

À la recherche du paysage nouveau,
où le sang usé se nourrit d’un air intact,
le corps brisé restaure ses membres rompus,
l’âme famélique se gave d’émotions,

À la recherche du paysage nouveau,
je découvre tes yeux qu’une eau pure a baignés,
je découvre ton corps que le soleil anime,
je découvre ton coeur que mon regard impulse ;

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

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Ici au pays blanc (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2018



Ici au pays blanc
tout arbre est un totem

tout rocher un autel
découvre – c’est ici même !
ce sol est mortel

et annihile
tout ce qui n’est pas l’essentiel
poète – ton royaume

(Kenneth White)

Découvert chez Lara ici

Illustration: ArbreaPhotos

 

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Ma jeune dame aura d’autres amants (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2018



&

Illustration
    

ma jeune dame aura d’autres amants
mais nul coeur ne s’arrêtera comme le mien
lorsqu’à mon désir elle découvre avec plaisir
de son possible corps la frissonnante faim.

De personne les bras ne crient plus largement
les lèvres ne meurent plus uniquement de la presser—
personne ne fera jamais ce que mon sang
fait contre elle,quand je la serre pour l’embrasser

(ou si parfois elle m’invite dévêtue
à conquérir en profondeur toute sa nudité
sa chair ressemble aux violoncelles nocturnes
contre le violon solitaire du matin)

mieux que nous ne le disent fleurs ou navires,
son baiser furieusement me comprend
comme une forêt radieuse aux grands arbres vifs
—alors qu’importe qu’elle ait une centaine de copains?

elle se souviendra je pense,de mes mains

(il ne faudrait pas s’en montrer jaloux.)
Mon jeune désir ne connaîtra d’autres dames.

***

my youthful lady will have other lovers
yet none with hearts more motionless than i
when to my lust she pleasantly uncovers
the thrilling hunger of her possible body.

Noone can be whose arms more hugely cry
whose lips more singularly starve to press her
noone shall ever do unto my lady
what my blood does,when i hold and kiss her

(or if sometime she nakedly invite
me all her nakedness deeply to win
her flesh is like all the ‘cellos of night
against the morning’s single violin)

more far a thing than ships or flowers tell us,
her kiss furiously me understands
like a bright forest of fleet and huge trees
—then what if she shall have an hundred fellows?

she will remember,as i think,my hands

(it were not well to be in this thing jealous.)
My youthful lust will have no further ladies.

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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TOUCHER (Octavio Paz)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2018



TOUCHER

Mes mains
ouvrent les rideaux de ton être
t’habillent d’une autre nudité
découvrent les corps de ton corps
Mes mains
inventent dans ton corps un autre corps

(Octavio Paz)

 

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Tu ne sais que marcher (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2018




Tu ne sais que marcher La nuit et la peur te harcèlent
Et aussi la soif Mais à chaque pas la hantise de faire
fausse route D’accroître encore la distance Tu cherches
le lieu Le lieu et le nom Le nom qui saurait tout dire
de ce en quoi consiste l’aventure

Tu ne sais où tu vas ni ce que tu es ni même ce que tu désires
mais tu ne peux t’arrêter Et tu progresses A moins
que tu ne t’éloignes Sans fin tu erres te traînes rampes
tournes en rond Et tu renonces Et tu repars jusqu’à
n’être plus qu’épuisement

Survient l’instant où tu dois faire halte Faire ton deuil
du lieu et du nom Et à l’invitation de la voix définiti-
vement tu renonces t’avoues vaincu Alors tu découvres
que tu auras chance de trouver ce que tu cherches si préci-
sément tu ne t’obstines pas à le chercher

lu repars Des forces nouvelles te sont venues Ton
œil qui s’écarquille n’est plus dévoré par la soif Tu ne
sais où tu vas mais tu connais ce que tu es

Tu avances d’un pas tranquille désormais convaincu que
le lieu se porte à ta rencontre Le lieu où mûrir l’hymne
la strophe le nom Qù jouir enfin de ce qui s’est jusque-là
dérobé

(Charles Juliet)

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Union dans la nature (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018



Union dans la nature

Le vent se glisse dans tes cheveux
Qui conservent leur ordonnance
Le temps coule entre tes doigts
Sans les dessécher

Nous sommes notre propre nourriture
Nos corps se cherchent
Et il suffit que nos mains se joignent
Pour partager la pluie et le soleil
Et découvrir le plaisir

Nous allons au pied des grands arbres
Voir s’agiter les feuillages
Et tandis que la nuit nous unit
Ta voix apprivoise mes rêves
Et l’ombre de ta bouche se fait chair.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Gaëlle Boissonnard

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