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Poésie

Posts Tagged ‘découvrir’

Elle a cet âge (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2017



Illustration: Félix Vallotton
    
Elle a cet âge où l’on court devant soi, très droit,
très vite, en agitant les bras. elle se livre sans réserve
à chaque pas, à chaque pas elle retrouve l’équilibre.

Plus tard elle ira en forêt comme sous les étoiles,
mais sera-t-elle aussi farouche. émerveillée,
qu’à la lisière entre les dalles de ciment et la prairie
où elle s’arrête, où elle s’incline ? elle découvre l’herbe.

Nous qui n’étions que l’ombre derrière elle,
elle nous apparaît ruisselante de souffles
quand elle se retourne, et nous l’embrassons sur les joues.

(Pierre Dhainaut)

 

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Pour l’oeil qui voit (Mohammad Iqbal)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2017



Illustration: Anne Marie Zylberman
    
Pour l’oeil qui voit tout vaut la peine d’être vu,
Tout est digne d’être pesé sur la balance du regard.

Dans cette antique glaise j’ai découvert une perle,
Chaque atome a pour moi la fulgurance de l’étoile.

(Mohammad Iqbal)

 

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Regarde l’univers (Mohammad Iqbal)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2017



    
    
Regarde l’univers avec les yeux de l’Amour
Si tu veux découvrir ses secrets;
Vu avec les seuls yeux de l’Intellect
Il n’est qu’illusion et mirage.

(Mohammad Iqbal)

 

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Parfois (Echrefoghlou Roumi)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2017




    
Parfois je tombe dans les mers, vague furieuse je déborde
Je tombe aux mains des ignorants qui m’achètent à bas prix

Parfois je monte vers les cieux et je vire avec le destin
Parfois je m’enfle avec la lune, parfois je tourne avec le soleil

Parfois je monte à l’Arafat, je dis «Me voici», je me découvre
Parfois je remplace la victime et, bélier, je me laisse immoler

Parfois je suis soufi au couvent, parfois pécheur à la taverne
Parfois dans la ronde je tourne, parfois je suis le saz dont on joue

Parfois prudent, parfois impétueux je me mêle à la foule
Parfois seigneur, parfois faucon royal je chasse et me fais chasser

Parfois océan, parfois lac, parfois Sultan, parfois esclave,
Parfois printemps, parfois rose de main en main je m’effeuille

Il n’y a ni relais ni arrêt, ni corps ni être humain
A part Dieu en somme il n’y a rien, alors où donc est-ce que je tourne ?

Ceux qui ont le mal d’amour, qu’ils viennent, je les panserai
Ils boiront le breuvage d’amour, ils auront nouvelle de l’ami

Ils ouvriront leur oeil caché et verront leur moi véritable
Je tournerai leur face vers l’ami, je leur rendrai le monde importun

J’éteindrai le feu de leur être, je romprai le talisman de leurs digues
J’enlèverai les barrières de leur moi, pour cet ami je les harnacherai

Ces coeurs devenus de pierre je les casserai avec la masse d’amour
Je ferai couler l’eau de la vie qui sera source dans leur coeur

J’ai vu l’ami et suis venu, mon tour accompli je suis venu
L’ami aux amis a dit de venir, je suis venu apporter la nouvelle.

(Echrefoghlou Roumi)

 

Recueil: La montagne d’en face (Poèmes de derviches anatoliens)
Traduction: Guizine Dino, Michèle Aquien, Pierre Chuvin
Editions: Fata Morgana

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Délivre moi de moi (Younous Emré)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2017



Illustration: Salvador Dali
    
Délivre moi de moi

Donne moi ton amour afin que je m’y noie et m’y anéantisse
Délivre moi et prend la place de ce moi
Détruis ce que je suis
Que mourant içi, je survive là bas

Fais que je t’aime, que je n’aime que toi,
qu’hier soit aujourd’hui, que demain soit hier
Mon âme a respiré ton parfum
Mais où es-tu? Te découvrir, Ô bien aimé

Je t’aime. Je chancelle.
Je saigne.
Je dis ma peine.
Comment ne pas la dire.

(Younous Emré)

 

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LES POUVOIRS DE L’AMOUR (I) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2017



Illustration: Marc Chagall
    
LES POUVOIRS DE L’AMOUR (I)

Les objets aident le jour naissant
à aller à la rencontre de ton regard
et ils reprennent aussitôt leurs visages
de témoins d’un monde sans profondeur.

Pour communiquer les uns avec les autres,
ils ont tout un alphabet de reflets
et dès que tu franchis le seuil de ma porte
ils te montrent la place qu’ils t’ont gardée près de moi.

Ils ne peuvent partager notre existence
mais à travers leurs doigts mal joints
ils s’étonnent parfois de découvrir qu’à deux
nous pouvons ne plus former qu’un seul objet.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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BERCEUSE (William Blake)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2017



Illustration: Anne Yvonne Gilbert
    
BERCEUSE

Dors, dors, éclatante beauté,
En rêvant dans les joies de la nuit.
Dors, dors ; dans ton sommeil
De petits chagrins se tiennent et pleurent.

Doux enfant, sur ton visage
Je peux découvrir de doux désirs,
Joies secrètes et secrets sourires,
Gentilles enfantines petites ruses.

Pendant que je touche tes membres si doux,
Des sourires comme ceux du matin glissent
Sur ta joue et sur ta poitrine
Là où ton petit coeur se repose.

Oh, astucieuses ruses qui rampent
Dans ton petit coeur endormi !
Quand ton petit coeur s’éveillera
Alors la lumière terrible naîtra.

***

A CRADLE SONG

Sleep, Sleep! beauty bright
Dreaming o’er the joys of night.
Sleep, Sleep! in thy sleep
Little sorrows sit & weep.

Sweet Babe, in thy face
Soft desires I can trace,
Secret joys & secret smiles,
Little pretty infant wiles.

As thy softest limbs I feel,
Smiles as of the morning steal
O’er thy cheek, & o’er thy breast
Where thy little heart does rest.

O! the cunning wiles that creep
In thy little heart asleep;
When thy little heart does wake
Then the dreadful lightnings break.

(William Blake)

 

Recueil: Chants d’Innocence et d’Expérience
Traduction: Marie-Louise et Philippe Soupault
Editions: Quai Voltaire

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Les incendies se succèdent (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 19 août 2017



Illustration: Artem Chebokha   
    
Les incendies se succèdent dans la nuit
découvrant ce que les murs ont de hagard,
ce que le regard de l’homme a d’inutile
quand il se mesure à la hauteur du ciel.

A peine éveillé, je me trouve à un carrefour
parce que les carrefours avancent avec moi,
avancent avec celui que mon coeur fait
pour que la mort arrive sans erreur jusqu’à lui.

Les mains sont faites pour être devant le visage
des barreaux de prison.
Ne cherche pas la rue par où tu crois fuir:
le poids du sang est partout le même.

La mémoire est là, dressée comme une statue
à chaque détour où je m’engage pour trouver l’oubli.
Tout brûle et le monde se tord comme des entrailles
où le jour fait en se levant un bruit de baiser.

Il faudra des siècles de ce moment de clarté
pour que je sache comment peut naître la joie.
Il faudra me pencher sur ce gouffre
d’où l’air respire à toutes les sources de l’espace
pour sentir la fraîcheur d’un seul visage de femme.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Il ne reste plus dans la ville (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 19 août 2017




    
Il ne reste plus dans la ville
dont les plus hauts murs ont comme fenêtres les étoiles
que la lumière de quelques lampes
qui couvrent les rues de leurs eaux dormantes.

Le dernier passant s’est jeté, tête baissée,
dans une porte qui se referme sans bruit
sur un couloir si long si glacé
qu’il est comme un tunnel sous une montagne.

Jamais il n’arrivera au bout de cette trouée dans la nuit.
Son existence est lourde à porter
parce qu’il sait qu’en haut de l’escalier
il y a toujours la même morte qui l’attend : la solitude.

Il sait que des milliers de femmes
quelque part dans un monde bien clos
découvrent la brûlure secrète de leurs corps
pour l’amour d’un baiser, pour le poids d’une étreinte.

Un drap de plâtre retombe sur sa chambre.
A quoi bon ouvrir la fenêtre
d’où le printemps viendrait par brassées
lui rappeler qu’il n’est pas de la fête?

Sa lampe brillera longtemps parmi les étoiles.
Mais ne croyez pas qu’il écrit quelque poème :
il attend simplement que la nuit se lève
pour essayer de vivre un jour pareil aux autres.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Palais sous la Mer (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2017




    
Palais sous la Mer

Puisque tu sus surprendre enfin mon coeur amer,
Je te découvrirai mon palais sous la mer !
Tu verras, comme on voit en des visions rares,
Les étranges corails, les éponges bizarres !

Je te découvrirai mes jardins, loin des vents,
Où chaque fleur respire, où les fruits sont vivants.
Puis tu verras les beaux poissons dont l’aile vole
Aussi légèrement que se dit la parole.

Tu verras le soir glauque et fuyant sous les eaux,
Et nous regarderons ainsi que des oiseaux
Passer la mouette ivre et des voiles sereines,
Et parfois chanteront, pour nous deux, les Sirènes !

(Renée Vivien)

 

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