Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘décréter’

Hypothèse de Sapir-Whorf (Edward Sapir)(Benjamin Lee Whorf)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2018



premier-contact

Hypothèse de Sapir-Whorf:
Les représentations mentales dépendent des catégories linguistiques,
autrement dit que la façon dont on perçoit le monde dépend du langage

***

Nous disséquons la nature
en suivant les lignes dessinées par notre langue native.

Les catégories et les types que nous dégageons du monde des phénomènes,
nous ne les trouvons pas pour la raison qu’ils frappent quiconque les observe.
Au contraire, le monde est présenté comme un flux kaléidoscopique d’impressions
qui doivent être organisées par notre esprit
– ce qui signifie, en large part, qui doivent être organisées
par les systèmes linguistiques de nos esprits.

Nous découpons la nature, nous l’organisons en concepts,
et nous lui donnons la signification que nous lui donnons
car nous sommes largement partie prenante d’un accord
qui organise les choses de cette façon
– un accord que toute notre communauté linguistique partage,
et qui est fondu dans les codes de notre langue.

Cet accord est bien évidemment implicite et non-dit,
mais ses termes sont obligatoires;
la seule façon que nous ayons de parler est en souscrivant à l’organisation
et à la classification des données telles que décrétées dans cet accord.

(Benjamin Lee Whorf)

***

Les humains ne vivent pas uniquement dans le monde objectif.
Ils ne vivent pas non plus seuls dans le monde de l’activité sociale
telle que comprise ordinairement.

Au contraire, ils sont à la merci de la langue particulière
qui est devenue le moyen d’expression dans leur société.

Il est assez illusoire d’imaginer qu’on s’ajuste à la réalité
essentiellement en dehors de l’usage de la langue,
et que la langue est juste un moyen quelconque
de résoudre des problèmes de communication ou de réflexion spécifiques.

Le fait est que le ‘monde réel’ est, dans une large mesure,
construit inconsciemment sur les habitudes linguistiques du groupe.
Il n’existe pas deux langues qui soient suffisamment similaires entre elles
pour être considérées comme représentant la même réalité sociale.

Les mondes dans lesquels vivent différentes sociétés sont des mondes distincts,
et non pas le même monde avec juste des étiquettes différentes attachées aux choses…

Nous voyons, entendons et faisons autrement l’expérience des choses
de la manière dont nous le faisons
car les habitudes langagières de notre communauté
nous prédispose à certains choix d’interprétation.

(Edward Sapir)

Illustration: Film « Premier Contact » http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=226509.html

 

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Boue (Michel Voiturier)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2017




    
Boue

Les pierres avaient été déposées à intervalles rythmés.
Elles épousaient les minuscules dénivellations.
Elles étaient régulièrement poncées et lavées
afin que la mousse ne parvienne à les confondre avec l’herbe,
ce qui aurait, à l’évidence, accouché de conflits incessants.

Le propriétaire regardait cela d’un oeil vif.
Il jaugeait sa satisfaction au nombre de cailloux
que son regard embrassait d’un seul jet.

Quelques décennies plus loin,
l’arrivée impromptue d’une boue devenue torrent recouvrit tout.
Inexorable. Plus de signe.
Plus de borne. Plus de légitimité décrétée.
Enfouie pour longtemps.

(Michel Voiturier)

 

Recueil: Dits en plain désert
Editions: Clarisse

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

CETTE VOIX… (Georges Nicole)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2015



CETTE VOIX…

Cette voix sur les grèves et sur les crêtes
longtemps je l’entendis
venir des eaux, des airs,
et des jeux du soleil.
Transparente, ou plaintive,
éperdue ou rieuse,
le monde me joignait par elle.
Qui le tranche, ce fil de mon destin ?
Qui décréta le silence à l’entour de mes pas ?
Ombre je suis de par la voix perdue
et vais parmi des ombres.
Qui me parle se tait
Qui m’écoute ne m’entend plus.

(Georges Nicole)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :