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Poésie

Posts Tagged ‘décrire’

Il décrivait le climat et l’élégance (Joseph Julien Guglielmi)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2018




Illustration: François Martin-Kavel
    
il décrivait
le climat et
l’élégance du
petit sein
défait

(Joseph Julien Guglielmi)

 

Recueil: Qu’un bref regard sous le calme des cieux
Traduction:
Editions: de L’Attente

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Peau d’âne (Claudine Helft)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018



Illustration: Danny Quirk 
    
Peau d’âne

Peau d’âne, peau d’homme,
et l’indécente éternité qui se moque
de la lumière décrite
au bout du chemin, n’est-elle que chimère
ou ce sablier trompeur où s’égrène le temps ?

Voici que déjà les saisons nous meurtrissent
à vitesse moderée et que l’hiver revient ;
et voici les rides, sillons de nos printemps.
N’ est-il pas de secret bourgeon sur l’ arbre
vieilli ?

La chute des mots, crépuscule des dieux
le silence, à peine l’obscurité,
la mort est cette pluie qui tombe
simplement

et ne guérit plus.

(Claudine Helft)

 

Recueil: Une indécente éternité
Traduction:
Editions: De la Différence

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Iro mo ka mo (Ito Naga)

Posted by arbrealettres sur 26 avril 2018



Rain Room, by Random International, at the Curve Gallery, Barbican Art Gallery, in London. The installation is in place and open to the public from 4th October until 3rd March 2013. Photograph by Felix Clay.

 

Iro mo ka mo,
la couleur et le parfum

En sortant de cet hôtel à Tokyo,
elle lève son bras droit au-dessus d’elle,
la paume de la main tournée vers le ciel
pour voir s’il pleut.

Shuu ou harusame ?
Il existe en japonais différentes expressions
pour décrire la pluie.
Shuu tombe dru et verticalement,
tandis que harusame est soufflée par la brise et presque horizontale.

Harusame, c’est la fine pluie du printemps,
shigure, celle de l’automne,
toutes deux intermittentes
car la saison nouvelle n’est pas encore stable.

Laquelle de ces images nous vient à l’esprit
lorsqu’on pense « il pleut »?

(Ito Naga)

Découvert ici: http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr/

Illustration

 

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Cette Lumière (Abdellatif Laâbi)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2018



Cette Lumière
n’est pas à décrire
elle se boit
ou se mange

(Abdellatif Laâbi)

Illustration: ArbreaPhotos

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Sylvia Plath (Alexàndra Galanou)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2018



Sylvia Plath
    
Sylvia Plath

Depuis longtemps ses yeux
ne voyagent plus.
Ils tournoient dans le vide
en décrivant des cercles vides
et reviennent en silence
quelque part au centre
du coeur.

Au matin on l’a trouvée
dormant
un distique dans ses bras.
Le faire-part de deuil
indiquait « Poète ».

***

(Alexàndra Galanou)

 

Recueil: Dans les recoins des mots
Traduction:
Editions: Circé

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Cette lumière (Abdellatif Laâbi)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018



Cette lumière
n’est pas à décrire
elle se boit
ou se mange

(Abdellatif Laâbi)


Illustration

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Décrire n’est pas le monde (Carole Darricarrère)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2018



Ils disaient décrire n’est pas le monde.
Que les mots, l’écran, tous ces mots.
Voilaient le visage.
Que l’alignement des signes sans la lumière
n’est en vérité qu’abondante collection barrant l’accès.

(Carole Darricarrère)

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DANS LA TOURMENTE (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2018



tourmente

 

DANS LA TOURMENTE

Bleu. Et à l’intérieur de ce bleu un soupçon
de vert, nappes grises de nuages
étayés contre l’air, comme si
dans l’idée de pluie
l’oeil
pouvait saisir ce que dit
n’importe quel moment donné

sur terre. Appelle-le ciel. Et de cette façon
décrire
tout ce que
nous voyons, comme si ce n’était rien
que l’idée
de quelque chose que nous avions perdu
en nous. Car nous pouvons commencer
à nous souvenir

de la terre dure, du silex
reflétant les étoiles, des chênes
ondulant tordus
par la violence de l’air, et ainsi de suite
jusqu’à la plus petite graine, découvrant ce qui pousse
au-dessus de nous, comme si
à cause de ce bleu il pouvait y avoir
ce vert

qui s’étend, miracle
innombrable
en ceci, le plus silencieux
moment de l’été. Les graines
parlent de cette occurrence, définissent
l’éruption de l’air et de la terre
dans cette profusion de hasard, les forces
aveugles de notre propre défaut
de savoir ce que c’est
que nous voyons, et simplement en parler
c’est voir
comme les mots nous trahissent, comme on n’éclaircit rien
par l’énonciation, pas même ces mots
que je suis ému de prononcer
au nom de ce bleu
et de ce vert
qui s’évanouissent dans l’air
de l’été.

Impossible
d’en entendre davantage. La langue
nous retire pour toujours
du lieu où nous sommes, et en aucun lieu
nous ne pouvons être en repos
dans les choses qui nous sont données
à voir, car chaque mot
est un ailleurs, une chose qui bouge
plus vite que l’oeil, tout
comme ce moineau bouge, tournoyant
dans l’air
où il n’a pas de chez-lui. Je ne crois, alors,
à rien

que ces mots puissent te donner, et cependant
je peux les sentir
parler à travers moi, comme si
cela seul
était ce que je désire, ce bleu
et ce vert, et dire
à quel point ce bleu
est devenu pour moi l’essence
de ce vert, et plus que la pure
vision de cela, je voudrais que tu sentes
ce mot
qui a vécu au fond de moi
tout le jour, ce
désir pour rien

que le jour même, et comme il a poussé
au fond de mes yeux, plus fort
que le mot dont il est fait, comme s’il
ne pouvait jamais y avoir d’autre mot

qui s’empare de moi
sans éclater.

(Paul Auster)

Illustration

 

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J’irai plus loin (Charles Dobzynski)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018



Illustration: Caroline Duvivier
    
J’irai plus loin

—Je ne sens rien de moi crever votre écriture
Je suis la page blanche et l’encre reste en vous.

—J’écris pourtant sur vous Votre corps est ma table
Les mots me sont dictés par votre parchemin.

— Je ne suis pas l’objet que vous croyez décrire
De chair de sang vous évidez ce que je suis.

—Penser à vous s’infuse en mes veines
Que vous n’ayez qu’un sens m’est inadmissible.

—Vous faites bifurquer ce sens imaginaire
De mon fleuve secret vous ignorez le cours.

—Je ne vous quitte plus La nuit je suis la barque
Qui ne pourrait sans vous rompre ses amarres.

—Vous mentez par ma personne interposée
Mais j’habite un miroir où vous êtes éteint.

—J’irai plus loin plus loin pour accoster votre rivage
Ce rivage du corps qui déserta sa peau.

— Vous cherchez un rivage et je ne suis qu’une île
Au grand large du corps que vous ne pouvez voir.

(Charles Dobzynski)

 

Recueil: La scène primitive
Traduction:
Editions: De la Différence

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Je fus épris d’un charme (Al-Bûrînî)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018



Illustration: Arturo Souto
    
Je fus épris d’un charme que je ne peux décrire
Car seul mon coeur l’a goûté.

(Al-Bûrînî)

 

Recueil: Le Dîwân de la poésie arabe classique
Traduction: Houria Abdelouahed et Adonis
Editions: Gallimard

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