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Poésie

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Au dedans de moi (Roger Giroux)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2022


muet

J’habite au dedans de moi
un espace muet.

(Roger Giroux)

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LA CHAMBRE (Cécile Coulon)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2022



Illustration: Edward Hopper
    

LA CHAMBRE

Tout est à sa place :
les livres sur l’étagère,
l’eau dans la bouilloire,
la colère hors de cette maison
et moi dans ma chambre.

Je n’ai jamais fait l’amour dans cette chambre,
je n’ai jamais baisé dans cette chambre,
je n’ai jamais partagé mon lit ni mes rêves,
je n’ai jamais offert à quiconque les odeurs
de la peau, des draps et des cheveux.
C’est ma chambre et je ne veux pas être dérangée.
Je suis dedans, à la bonne place,
à ma bonne place,
comme les livres sur l’étagère,
l’eau dans la bouilloire,
et la colère ailleurs.

(Cécile Coulon)

Recueil: Noir Volcan
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Le seul poème (Guy Allix)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2022



Illustration: Marie Waltz
    
Le seul poème

1

Silence tant de silence
Pour que germe cette parole autre
Sans la foi donnée aux mots
Les mots il faut les taire les torturer
Et risquer le taire jusqu’à terre

Il faut cette parole qui ne croit plus en la
parole Pour parler enfin
Comme il faut peut-être ne plus croire en l’amour pour aimer

Pour croire à cette vie qui ne croyait plus

Car c’est là au bout du doute
Que le mot jaillit dans une autre ferveur

2

Et tu te couches dans les draps blancs du
poème Ces draps qui t’appellent de leurs bras
Et te somment de dire
Le dedans qui n’a pas de mots

Le seul poème

(Guy Allix)

Recueil: Nous, avec le poème comme seul courage
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Obstination (José Saramago)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2022




    
Obstination

Devant cette pierre je me concentre :
Il naîtra une lumière si mon vouloir,
De lui-même arraché, résout
Le dilemme d’être ici ou dedans.

***

Obstinação

Diante desta pedra me concentro:
Nascerá urna luz se o meu querer,
De si mesuro puxado, resolver
O dilema de estar aqui ou dentro.

(José Saramago)

Recueil: Les poèmes possibles
Traduction: Nicole Siganos
Editions: Jacques Brémond

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Quoi ? Je vaux plus qu’une fleur (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2022




    
Quoi ? Je vaux plus qu’une fleur
Parce qu’elle ne sait pas qu’elle a de la couleur
et que moi je le sais,
Parce qu’elle ne sait pas qu’elle a un parfum
et que moi je le sais,
Parce qu’elle n’a pas conscience de moi
et que moi j’ai conscience d’elle ?

Mais qu’est-ce qu’a une chose par rapport à une autre
Pour en être supérieure ou inférieure ?
Oui, j’ai conscience de la plante
et elle n’a pas conscience de moi.
Mais si la forme de la conscience c’est avoir conscience,
qu’y a-t-il là-dedans ?

La plante, si elle parlait,
elle pourrait me dire : Et ton parfum ?
Elle pourrait me dire : Tu as conscience parce qu’avoir conscience est une qualité humaine
Et moi je n’en ai pas pour la seule raison que je suis fleur sinon je serais homme.
J’ai un parfum et toi tu n’en as pas,
parce que je suis fleur…

Mais pour quoi me comparer avec une fleur,
si moi je suis moi
Et si la fleur еst la fleur ?

Ah, ne comparons rien du tout, regardons.
Laissons-là analyses, métaphores, similitudes.
Comparer une chose à une autre
c’est oublier cette chose.

Aucune chose n’en rappelle une autre
si nous mettons toute notre attention sur elle.
Chaque chose ne rappelle que ce qu’elle est
Et elle n’est que ce que rien d’autre n’est.
La sépare de toutes les autres le fait qu’elle est elle.
(Tout est ce rien sans autre chose qu’il n’est pas.)

(Fernando Pessoa)

Recueil: Oeuvres poétiques
Traduction:
Editions: Gallimard

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Bonbonne (James Sacré)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2022



Illustration: Bernard Abadie
    
Bonbonne

ventrue mais finesse, une bonbonne
çа devrait faire
une espèce de gros poème çа fait
comme un plaisir à l’ceil
quelque chose d’élémentaire
un rien alambiqué quand même
parce qu’autant la pesée d’un peu de lumière
que par exemple des souvenirs d’ustensiles
pris dans la couleur et l’ésotérisme de vieilles peintures
quelque chose d’érudit
et d’artisanal en somme
comme la sorte de poème
à quoi je m’en vais aboutir
des mots l’écriture que
ça suffisait souffler dedans.

(James Sacré)

Recueil: Bocaux, bonbonnes, carafes et bouteilles (Comme)
Traduction:
Editions: Le Castor Astral & Le Noroît

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Tous les arbres couleurs (James Sacré)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2022



Illustration: Danielle Rannou
    
Tous les arbres couleurs les érables surtout
un jour d’automne pourtant gris
que dedans c’est comme on pourrait pleurer
parce que la solitude et rien
çа fait quand même ces feuillages
des sortes de verreries comme à la fois simples
et curieusement compliquées
on les aurait disposées
dans les buissons sur le pré dehors
dedans c’est comme on pourrait sourire
la solitude en couleurs quand même rien.

(James Sacré)

Recueil: Bocaux, bonbonnes, carafes et bouteilles (Comme)
Traduction:
Editions: Le Castor Astral & Le Noroît

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L’amour seul (Henri Deluy)

Posted by arbrealettres sur 23 janvier 2022


amour

Le dehors fait mal.
Le dedans fait mal.

L’amour seul.

(Henri Deluy)

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Quand on demeure étranger (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2022



    

Quand on demeure étranger
tout est si étrange.

Quand on rejoint la source,
qu’on entre en communion
que dedans et dehors s’abolissent,

l’étrange est de se découvrir
le familier de l’ineffable.

(Charles Juliet)

Recueil: Pour plus de lumière anthologie personnelle
Traduction:
Editions: Gallimard

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Si vous m’aviez connu (Daniel Auteuil)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2021




    
Si vous m’aviez connu

Si vous m’aviez connu
Du temps des matins souples
Quand je marchais sur l’eau
Dans Venise la trouble
Si vous m’aviez connu
Sur ces scènes indicibles
Je lançais des couteaux
Sur de graciles cibles

Si vous m’aviez connu
Madame toute nue
Sans vouloir me vanter
Vous auriez apposé
Sur mes paupières closes
Vos lèvres parfumées
De cistes et de rosée
Et de bien d’autres choses

Si vous m’aviez connu
Dans ce fringant costume
Quand je fondais de l’or
Pour en faire des plumes
Si vous m’aviez connu
Quand j’étais Matador
Tout déchiré dedans
Tout recousu dehors

Si vous m’aviez connu
Madame toute nue
Pendant que je mourais
Auriez Vous déposé
Sur mes paupières closes
Vos larmes parfumées
De cistes et de rosée
Et du chagrin des choses
Si vous m’aviez connu
Du temps des rêves d’or
Quand je dormais encore
Est-ce que vous m’auriez cru ?

Si vous m’aviez connu
Madame toute nue
Sans vouloir me vanter
Auriez-vous apposé
Sur mes paupières closes
Vos rêves parfumés
De cistes et de rosée
Et du regret des choses

(Daniel Auteuil)

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