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Posts Tagged ‘dédier’

À PRÉSENT tu n’as plus, mon coeur, ce vol (José Àngel Valente)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2022




À PRÉSENT tu n’as plus, mon coeur, ce vol
qui t’emportait vers les plus hautes cimes.

Tu bats, rampant, parmi les feuilles sèches
du jaune automne.

Et jusqu’à quand dans ta secrète larve ?

Renaîtras-tu dans le matin
pour respirer le froid de l’air
où il y a un oiseau ?
L’entends-tu ?

Il chante tout en haut, sur les cimes
comme toi, comme alors.

Tu n’es qu’un battement réfugié dans l’obscur.

À cet oiseau que tu as été tu dédies ce chant.

***

AHORA no tienes, corazôn, el vuelo
que te llevaba a las màs altas cumbres.

Lates, reptante, entre las hojas secas
del amarillo otono.

Y hasta cuàndo en la secreta larva de ti ?

Volveràs a nacer en la maniana,
a respirar la frialdad del aire
donde hay un pàjaro ?
Lo oyes ?

Canta arriba, en las cimas,
como tù, como entonces.

Tù eres solo latir cobijado en lo oscuro.

Al pàjaro que fuiste dedicas este canto.

(José Àngel Valente)

 

 

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La Madone aux Lys (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2021



La Madone aux Lys

J’AI bu, tel un poison, vos souffles éplorés,
Vos sanglots de parfums, lys fauves, lys tigrés

Dédiez au matin votre rose sourire,
Lys du Japon, éclos aux pays de porphyre.

Ténèbres, répandez vos torpeurs d’opiums,
Vos sommeils de tombeaux sur les chastes arums.

Lys purs qui fleurissez les mystiques images,
Sanctifiez les pelouses et les feuillages.

Lys de Jérusalem, lys noirs où la nuit dort,
Exhalez froidement vos souvenirs de mort.

Vastes lys des autels où l’orgue tonne et prie,
Brûlez dans la clarté des cierges de Marie.

Sollicitez l’avril, ses pipeaux et ses voix,
O muguets, lys de la vallée et des grands bois.

O lys d’eau, nymphéas des amantes maudites,
Anémones, lys roux des champs israélites,

Soyez la floraison des douleurs de jadis
Pour la vierge aux yeux faux que j’appelai mon Lys.

(Renée Vivien)

Illustration: William-Adolphe Bouguereau

 

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On se met la nuit sur le dos… (Bohdan Chlibec)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2021




    
On se met la nuit sur le dos…

On se met la nuit sur le dos,
ce manteau de tissu fort pour l’hiver.
On achète le journal du matin.
On dédie une petite réflexion
à ces deux faits
pendant le trajet de métro.
Le soir, on les retire,
la nuit pend à nouveau dans l’entrée.

(Bohdan Chlibec)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Cendres sous la neige
Traduction: Traduit du tchèque par Petr Zavadil & Cédric Demangeot
Editions: Pariah

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Les mains au sol (Sôkan de Yamazaki)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2020



    

Les mains au sol
elle vous dédie sa chanson
la grenouille

(Sôkan de Yamazaki)

 

Recueil: Friches
Traduction: René Sieffert
Editions: Verdier poche

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Au dieu de l’amour (Yosano Akiko)

Posted by arbrealettres sur 4 novembre 2019



Illustration
    
Au dieu de l’amour
J’ai dédié tout en priant
Mes vers d’aujourd’hui
Quand donc le dieu des liaisons
En fera-t-il réception ?

(Yosano Akiko)

 

Recueil: Cheveux emmêlés
Traduction: Claire Dodane
Editions: Les Belles Lettres

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LES ÉLÉMENTS (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2018



Illustration: Victor Nizovtsev 
    
LES ÉLÉMENTS

Dans la terre
il jette le grain
d’où naîtra l’enfant aux yeux verts.

Il demande à la dormeuse
l’eau des rêves, l’océan,
ses monstres, baisers, sirènes.

Il prie le vent de traverser son corps,
de délivrer le coeur
obscur de ses entraves.

Il rêve que le soleil
est une femme rousse
puis noire
puis un lion qui le dévore.

Sur l’épaule de la dame
penchée vers l’eau
la salamandre
posait un bijou noir
taché de feu.

Mais sur le sein
luisait
le lait bleu d’une perle.

Ayant séché nos larmes,
ayant chassé la peur,
elle entrouvrit sa chevelure,
nous dédia sa bouche,
l’espace d’un sourire.

(Jean Joubert)

 

Recueil: Anthologie personnelle
Traduction:
Editions: Actes Sud

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Les feuilles tournoyaient dans l’absente forêt (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2018



Schubert sur l’eau, Mozart avec l’oiseau s’égosillant,
Et Goethe sifflant sur le sinueux sentier,
Hamlet, ses pas craintifs tenant lieu de pensée,
Avaient pris le pouls de la foule, à la foule s’étaient confiés —
Qui sait — avant les lèvres le murmure a pris naissance,
Les feuilles tournoyaient dans l’absente forêt,
Et ceux à qui nous dédions l’expérience
Avant l’expérience avaient acquis leurs traits.

(Ossip Mandelstam)


Illustration: Isabelle Aubry

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Je te dédie (Bruno Grégoire)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2018



Illustration
    
Je te dédie la misère profonde, la joie qui crissent
d’un instrument jamais identifié,
joué depuis toujours.

(Bruno Grégoire)

 

Recueil: L’épingle du jeu suivi de Sans
Traduction:
Editions: Obsidiane

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[MOTlF PERSAN] (Sergueï Essénine)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2018




    
[MOTIF PERSAN]

Au Khorassan je connais une porte
dont le seuil est jonché de roses.
Derrière, vit une péri à l’air pensif.
Au Khorassan je connais une porte
mais cette porte, je ne l’ai pu ouvrir.

Ce n’est pas qu’en mes mains la force manque
pas plus que l’or cuivré en ma chevelure.
La voix de ma péri était belle et tendre.
Ce n’est pas qu’en mes mains la force manque
pourtant cette porte, je ne l’ai pu ouvrir.

À quoi bon prouesses d’amour. Et
pour quoi ? A qui dédierai-je mes chants si,
Chaga, tu ne fais plus la farouche,
mais que ta porte je ne la puisse ouvrir,
à quoi bon, dis, prouesses d’amour ?

Il est temps de retrouver ma Rus’.
Perse ! comment te quitter ?
me séparer de toi pour toujours
à trop aimer la terre où je suis né ?
Il est temps de retrouver ma Rus’.

Adieu, Péri, adieu ! Tant pis
si ta porte je ne l’ai pu ouvrir :
Tu me fis don d’une belle douleur,
en mon pays je saurai te chanter.
Adieu, Péri, adieu.

***

(Sergueï Essénine)

 

Recueil: Journal d’un poète
Traduction: Christiane Pighetti
Editions: De la Différence

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Le crépuscule est doux (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2017




    
Le crépuscule est doux
à celle qui attend
à travers le grillage
le bonheur de deux yeux.

Et voici qu’ils s’en viennent.

Elle sent son parfum
glisser ses fleurs en elle,
s’épanouir au coeur
la grande rose charnelle.

Et son baiser est loin
qu’il peut donner à d’autres,
à toutes les passantes, vacarme de la rue,
qui sont tentées d’amour par sa blondeur d’avoine.
A peine si son doigt
peut toucher ce soleil,
mais son regard avide
languit sur cette peau,
plus difficile à prendre
qu’une image au miroir,
ô ce lointain reflet
dont elle est amoureuse,
ce tournoi de lumières
qui vient pour l’aveugler !

Il voit à sa fenêtre
la pâle suppliciée
et lui dédie son coeur
dont il n’a rien écrit.

Puis il va dans sa vie.
gourmand de belles lèvres,
mordre un sang qui soit libre,

et la nuit tombe en elle.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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