Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘dédier’

L’invisible (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2017




    
L’invisible

Où fut la truite il reste un éclair blanc,
Où fut l’oiseau le paraphe dans l’air.

Cette fleur morte a laissé son parfum,
Ce tournesol éteint sa graine d’ambre.

Le rossignol a déposé la nuit
Sur le lilas des gouttes de musique.

Pour les roseaux, l’avenir est caresse
Et le passé rit dans chaque platane.

Il reste un goût de soleil sous les ailes
Des guêpes d’or à leur dernier voyage.

Dans ce jardin superbe tout est trace
Et l’on entend ce qui ne parle plus.

L’éternité, c’est un caillou dans l’onde
Agrandissant les cercles d’infini.

Moi le passant je réserve mes gestes
Où mon silence a même son écho.

Où fut mon ombre une autre passera
Qui sera moi le temps de me connaître.

Je lui dédie un reste de mystère
Pour qu’il le cueille ainsi qu’un fruit tardif.

Que le jour s’ouvre à ces coeurs désertés
Pour que la nuit soit l’étreinte furtive.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Editions: Albin Michel

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

A ma mère (Silvia Baron Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2017




    
à ma mère enfin aujourd’hui
dédier ces lignes fragiles
qui se vident goutte à goutte
de leurs pauvres prières vaines
ces pensées qui survolent
sa photographie et se retirent
ce rêve indemne incapable
de concevoir tant de beauté
ces heures qui me renvoient
à sa présence impalpable
et à la réalité de son absence
ce sourire qui vient du sien
de son regard limpide offert
à la conversion de l’au-delà
ce silence donné en partage
qui n’a pas de souvenir
alors que son sang coule
dans le mien ébloui

(Silvia Baron Supervielle)

 

Recueil: Sur le fleuve
Editions: Arfuyen

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LA RUE FROIDE (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2016


 


 

LA RUE FROIDE

Etais-je espace ? Il poussait des murailles
Contre mon corps. Etais-je oiseau ? La terre
En m’éloignant m’initiait au vol.
Etais-je fleuve ? Auprès de moi la rive
Me dédiait ses arbres verdoyants.

Etais-je mort ? Un vieux poisson funèbre
Me parcourait des échines aux reins.
Etais-je vif ? Il poussait tant de fleurs
Sur mon ami — ce corps écartelé.

En ce temps-là, je dormais pour survivre
Dans une barque entre terre et soleil.
De chaque livre, il partait un bruit d’ailes
Et chaque mot détruisait son lecteur.

(Robert Sabatier)

 
Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’Unique (Kristel Saint-Cyr)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2016



L’Unique

A Lui
Le si humble
Le discret
Qui se tait
A l’orée du cœur
Fidèle
Infiniment
Lui le si doux
Que s’en brisent
Déchirent les entrailles
Que l’élan est si pur
Vers Lui
Je dédie toute ma pensée
Car l’Unique est-Il
Et de Lui à moi
Juste l’Amour
Ainsi devisaient l’âme
Et toute sa persévérance

(Kristel Saint-Cyr)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je dédie mes poèmes (Anise Koltz)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2016



Je dédie mes poèmes
à tout ce que je ne comprends pas

À tout ce qui existe
et que je ne vois pas

Je les dédie au silence
qui se trouve au fond
de chaque fracas

(Anise Koltz)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Sable et sel (André Devynck)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2016



Tombeau d’un arbre
l’arbre ou le poète :
Je secoue
mon socle brut.
Archange fou
j’habite un mausolée de ruines.
Je roule
sur mon erre de racines.
Je hante obscurément
les pluies nacelles.
Au bleu
au vrai du ciel
je dédie un adieu aux oiseaux.
J’aile
ma nuit
d’espace à faire feu.

(André Devynck)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

À PRÉSENT tu n’as plus, mon coeur, ce vol (José Àngel Valente)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2015




À PRÉSENT tu n’as plus, mon coeur, ce vol
qui t’emportait vers les plus hautes cimes.

Tu bats, rampant, parmi les feuilles sèches
du jaune automne.

Et jusqu’à quand dans ta secrète larve ?

Renaîtras-tu dans le matin
pour respirer le froid de l’air
où il y a un oiseau ?
L’entends-tu ?

Il chante tout en haut, sur les cimes
comme toi, comme alors.

Tu n’es qu’un battement réfugié dans l’obscur.

À cet oiseau que tu as été tu dédies ce chant.

***

AHORA no tienes, corazôn, el vuelo
que te llevaba a las màs altas cumbres.

Lates, reptante, entre las hojas secas
del amarillo otono.

Y hasta cuàndo en la secreta larva de ti ?

Volveràs a nacer en la maniana,
a respirar la frialdad del aire
donde hay un pàjaro ?
Lo oyes ?

Canta arriba, en las cimas,
como tù, como entonces.

Tù eres solo latir cobijado en lo oscuro.

Al pàjaro que fuiste dedicas este canto.

(José Àngel Valente)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

SUR UN PORTRAIT PAR L. BARBIN (Robert Goffin)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2015



 

Alice Pike Barney 29807

SUR UN PORTRAIT PAR L. BARBIN

Retenu par le sable aux dérives de l’onde
J’aurais voulu dans mes vers enfermer le ciel
Et dédier la chair aux musiques du monde ;
A peine ai-je approché du rythme essentiel
Que le poète exprime en syllabes impures !
Vous au moins vos pinceaux en fleur refont le feu
Puisqu’à jamais au rendez-vous de la peinture
Vous rendez aux regards la lumière des yeux.

(Robert Goffin)

Illustration: Alice Pike Barney

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :