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Posts Tagged ‘défaillant’

Ombres blanches (Luis Cernuda)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2017



Illustration: Paul Delvaux
    
Ombres blanches

Ombres fragiles, blanches, endormies sur la plage,
Dormant dans leur amour, dans leur fleur d’univers,
Ignorant la couleur ardente de la vie
Sur un lit de sable, de hasard aboli.

Librement les baisers depuis leurs lèvres tombent
En l’indomptable mer comme perles inutiles ;
Perles grises ou cendreuses étoiles peut-être
Qui montent vers le ciel en clarté défaillante.

Sous la nuit le monde silencieux fait naufrage ;
Sous la nuit des visages fixes, morts, se perdent.
Seules ces ombres blanches, oh blanches, oui, si blanches,
La lumière aussi donne des ombres, mais bleues.

***

Sombras blancas

Sombras frágiles, blancas, dormidas en la playa,
Dormidas en su amor, en su flor de universo,
El ardiente color de la vida ignorando
Sobre un lecho de arena y de azar abolido.

Libremente los besos desde sus labios caen
En el mar indomable como perlas inútiles;
Perlas grises o acaso cenicientas estrellas
Ascendiendo hacia el cielo con luz desvanecida.

Bajo la noche el mundo silencioso, naufraga;
Bajo la noche rostros fijos, muertos se pierden.
Sólo esas sombras blancas, oh blancas, sí, tan blancas,
La luz también da sombras, pero sombras azules.

(Luis Cernuda)

 

Recueil: Un fleuve, un amour
Traduction: Jacques Ancet
Editions: Fata Morgana

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PHASE (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2016




PHASE

Cheminant cheminant
j’ai retrouvé
le puits d’amour

Dans l’oeil
de mille et une nuits
j’ai reposé

Aux jardins abandonnés
elle abordait
comme une colombe

Parmi l’air
défaillant
de midi
j’ai cueilli pour elle
oranges et jasmin

(Giuseppe Ungaretti)

Illustration: Anne-Marie Zilberman

 

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LE JARDIN DES FILLES BRUNES (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2015



LE JARDIN DES FILLES BRUNES
(Fragments)

PORTIQUE

L’eau
joue de son tambour
d’argent.

Les arbres
tissent le vent
et les roses le teintent
de parfum.

Une immense
toile d’araignée
fait de la lune
une étoile

ACACIA

Qui a fauché la tige
de la lune ?
(nous laissant des racines
d’eau.)
Qu’il nous serait facile de couper les fleurs
de l’éternel acacia!

RENCONTRE

Maria del Reposo,
te voici de nouveau
près de la source froide
aux citronniers.
Vive la rose au rosier!

Maria del Reposo,
te voici de nouveau,
chevelure de brume,
prunelles de cristal.
Vive la rose au rosier!

Maria del Reposo,
te voici de nouveau.
Ce gant de lune que j’ai oublié,
où est-il ?
Vive la rose au rosier!

LE BOIS DE CITRONNIERS

Citronniers.
Instant
de mon rêve.

Citronniers.
Nid
de seins
dorés.

Citronniers.
Seins où boivent
les brises de la mer.

Citronniers.
Orangers défaillants,
orangers moribonds,
orangers exsangues.

Citronniers.
Vous avez vu mon amour brisé
par la hache d’un geste.

Citronniers.
Mon amour enfant, mon amour
sans soutien et sans rose.

Citronniers.

(Federico Garcia Lorca)

 

Illustration: James Tissot

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L’âme, si frileuse (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2015


 


Ron Mueck  _Maninaboat

L’âme, si frileuse, si farouche,
devra-t-elle vraiment marcher sans fin sur ce glacier,
seule, pieds nus, ne sachant plus même épeler sa prière d’enfance,
sans fin punie de sa froideur par ce froid ?

Tant d’années,
et vraiment si maigre savoir,
coeur si défaillant?

Pas la plus fruste obole dont payer
le passeur, s’il approche?

— J’ai fait provision d’herbe et d’eau rapide,
je me suis gardé léger
pour que la barque enfonce moins.

(Philippe Jaccottet)

Illustration: Ron Mueck

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Quand tu en étais là (Patrice de La Tour du Pin)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2015



 

Lucas Cranach  0 [1280x768]

Quand tu en étais là, défaillant d’espérance,
N’as-tu pas dit qu’un autre ciel se montrerait?
Et nous sommes fidèles malgré ton silence…

(Patrice de La Tour du Pin)

Illustration: Lucas Cranach

 

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