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A l’enfant qui danse dans le vent (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2019



A l’enfant qui danse dans le vent

Danse là sur le rivage
Car pourquoi te soucierais-tu
Du vent ou de l’eau qui gronde?
Et après secoue tes cheveux
Qu’ont trempés les gouttes amères.
Tu es jeune, tu ne sais pas
Que l’imbécile triomphe,
Ni qu’on perd l’amour aussitôt
Qu’on l’a gagné, ni qu’est mort
Celui qui œuvrait le mieux, mais laissa
Défaite toute la gerbe.
Ah, pourquoi aurais-tu la crainte
De l’horreur que clame le vent ?

***

To a child dancing in the wind

DANCE there upon the shore;
What need have you to care
For wind or water’s roar?
And tumble out your hair
That the salt drops have wet;
Being young you have not known
The fool’s triumph, nor yet
Love lost as soon as won,
Nor the best labourer dead
And all the sheaves to bind.
What need have you to dread
The monstrous crying of wind?

(William Butler Yeats)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

Illustration: Thomas-Alexander Harrison

 

 

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Quand tu seras vieille et grise (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2019



Illustration: Paula Modersohn-Becker
    
Quand tu seras vieille et grise et pleine de sommeil,
Quand, ta tête inclinée près du feu, tu prendras ce livre,
Et lentement, liras et reverras le doux regard
De tes yeux d’autrefois, et de leurs ombres profondes.

Combien ont aimé tes moments de joie prodigue,
Et aimèrent ta beauté d’un amour sincère ou faux,
Mais un seul aima l’âme du pèlerin en toi,
Et aima les défaites de ton visage changeant ;

Et quand courbée sur la hampe incandescente,
Tu murmureras comment l’amour te quitta
Comment il s’envola au-dessus des montagnes
Et cacha son visage dans un amas d’étoiles.

***

When you are old and grey and full of sleep,
And nodding by the fire, take down this book,
And slowly read and dream of the soft look
Your eyes had once, and of their shadows deep;

How many loved your moments of glad grace,
And loved your beauty with love false or true,
But one man loved the pilgrim soul in you,
And loved the sorrows of your changing face;

And bending down beside the glowing bars,
Murmur, a little sadly, how love fled
And paced upon the mountains overhead
And hid his face amid a crowd of stars.

(William Butler Yeats)

 

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L’inépuisable lutte (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2019



L’inépuisable lutte entre les êtres
est la première condition d’être.

Etre une rose c’est lutter contre une autre rose,
visible ou invisible,
contre toutes les roses.

Et même plus :
c’est lutter contre ce qui n’est pas une rose.
Et plus encore :
c’est lutter contre sa propre absence de rose.

La lutte scandaleuse
entre deux êtres qui s’aiment
est une évidente affirmation d’être.
La défaite de l’amour
est son triomphe.

(Roberto Juarroz)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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Etre (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2019



    

L’inépuisable lutte entre les êtres
est la première condition d’être.

Etre une rose c’est lutter contre une autre rose,
visible ou invisible,
contre toutes les roses.
Et même plus:
c’est lutter contre ce qui n’est pas une rose.
Et plus encore:
c’est lutter contre sa propre absence de rose.

La lutte scandaleuse
entre deux êtres qui s’aiment
est une évidente affirmation d’être.
La défaite de l’amour
est son triomphe.

***

LA lucha inagotable entre los seres
es la primera condición de ser.

Ser rosa es luchar contra otra rosa,
visible o invisible,
contra todas las rosas.
Y más aún:
es luchar contra lo que no es rosa.
Y mas todavía :
es luchar contra su propia ausencia de rosa.

La lucha escandalosa
entre dos seres que se aman
es una manifiesta afirmación de ser.
La derrota del amor
es su triunfo.

(Roberto Juarroz)

Recueil: Onzième Poésie Verticale
Traduction: Fernand Verhesen
Editions: Lettres Vives

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Chanson (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2019



Frank Bernard Dicksee   08

 

Chanson

Vous, avec vos yeux, avec tes yeux,
Dans la bastille que tu hantes !
Celui qui dormait s’est éveillé
Au tocsin des heures beuglantes.
Il prendra sans doute
Son bâton de route
Dans ses mains aux paumes sanglantes.

Il ira, du tournoi au combat,
À la défaite réciproque ;
Qu’il fende heaumes beaux et si clairs,
Son pennon, qu’il ventèle, est loque !
Le haubert qui lace
Sa poitrine lasse,
Si léger ! il fait qu’il suffoque.

Ah, que de tes jeux, que de tes pleurs
Aux rémissions tu l’exhortes,
Ah laisse ! tout l’orage a passé
Sur les lys, sur les roses fortes.
Comme un feu de flamme
Ton âme et son âme,
Toutes deux vos âmes sont mortes.

(Jean Moréas)

Illustration: Frank Bernard Dicksee 

 

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Les corbeaux (Arthur Rimbaud)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2018



Illustration: Vincent Van Gogh
    
Les corbeaux

Seigneur, quand froide est la prairie,
Quand dans les hameaux abattus,
Les longs angélus se sont tus…
Sur la nature défleurie
Faites s’abattre des grands cieux
Les chers corbeaux délicieux.

Armée étrange aux cris sévères,
Les vents froids attaquent vos nids !
Vous, le long des fleuves jaunis,
Sur les routes aux vieux calvaires,
Sur les fossés et sur les trous
Dispersez-vous, ralliez-vous !

Par milliers, sur les champs de France,
Où dorment des morts d’avant-hier,
Tournoyez, n’est-ce pas, l’hiver,
Pour que chaque passant repense !
Sois donc le crieur du devoir,
Ô notre funèbre oiseau noir !

Mais, saints du ciel, en haut du chêne,
Mât perdu dans le soir charmé,
Laissez les fauvettes de mai
Pour ceux qu’au fond du bois enchaîne,
Dans l’herbe d’où l’on ne peut fuir,
La défaite sans avenir.

(Arthur Rimbaud)

 

Recueil: Rimbaud Cros Corbière Lautréamont Oeuvres Poétiques complètes
Traduction:
Editions: Robert Laffont

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LA PAYSANNE (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2018



Illustration: Jules Bastien-Lepage
    
LA PAYSANNE

Âpre, cette femme dit n’aimer personne, mais ce n’est pas vrai.
Elle est dure,
Se défend pied à pied.
Elle mourra dans cette lumière, adossée au néant.
Humilié de sa défaite
Son corps voudrait gémir. Elle le châtie,
Et tient, au creux de la poitrine, une fleur crispée
Sans savoir qu’elle est son offrande.

(Jean Malrieu)

 

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Parler (Michel Deguy)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2018



XIR201627

Parler —

Art de laisser filer la sonde dans la profondeur
que ne peut soupçonner l’homme de surface, l’homme actif, psychique.
Car nous, riverains ou nageurs,
toujours nous péririons dans l’ignorance de l’altitude sous nous,
sans la parole qui opère à tout instant le sondage pour nous,
et qui ainsi est notre profondeur,

Ecrire, c’est écrire malgré tout.
Comme une barque assemblée contre l’Océan sans mesure
— et la barque tire sa forme de l’Enorme qu’elle affronte en craignant la défaite,
et différents sont les esquifs autant que les ports d’un pôle à l’autre —
ainsi le style est ajointement malgré tout, manière de se jeter à cœur perdu mesure de l’immense;
et chacun reçoit figure de l’aspect que montre l’Elément où de son côté il se trouve jeté,
de la terreur déterminée que lui inspire l’indéterminé.

Faire front dans le tumulte pour m’y tenir à flot, quelque temps, sur l’inconnaissable.
—La phrase, ligne de flottaison.

(Michel Deguy)

Illustration: Hokusai

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Dès que mon poème est terminé (Anise Koltz)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2018




    
Dès que mon poème est terminé
il m’expulse
de son monde

Au lieu d’une victoire
j’ai le sentiment
d’une défaite

(Anise Koltz)

 

Recueil: Somnambule du jour Poèmes choisis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je dois me mettre en marche (Christiane Singer)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2018




    
Je dois me mettre en marche,
sachant que comme tous ceux qui m’ont précédée,
je n’arriverai nulle part,
que comme tous ceux qui sont partis avant moi,
j’échouerai,
que je vais vers ma défaite certaine
et que pourtant tout cela n’est pas le moins du monde triste.

Personne n’exige de moi que je réussisse,
mais seulement que je franchisse un pas en direction de la lumière.

L’important n’est pas que je porte le flambeau jusqu’au bout,
mais que je ne le laisse pas s’éteindre.

(Christiane Singer)

 

Recueil: Où cours-tu ? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi ?
Traduction:
Editions: Le livre de poche

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