Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘défaut’

Mon coeur, si doux à prendre (Jean-Paul Toulet)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2019



Mon coeur, si doux à prendre
Entre tes mains,
Ouvre-le, ce n’est rien
Qu’un peu de cendre.

Toute allégresse a son défaut
Et se brise elle-même.
Si vous voulez que je vous aime,
Ne riez pas trop haut.

C’est à voix basse qu’on enchante
Sous la cendre d’hiver
Ce coeur, pareil au feu couvert,
Qui se consume et chante.

(Jean-Paul Toulet)

Illustration

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Tout le temps n’est qu’un léger défaut (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2019



    

Tout le temps n’est qu’un léger défaut dans le bloc éternel,
comme tout l’univers n’est qu’une bulle
dans la pureté générale de l’espace..

L’univers n’est qu’un oiseau dans l’étendue.

(Paul Valéry)

 

Recueil: Poésie perdue
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Rien n’est saisissable du jour ni de la nuit (Jean-Pierre Siméon)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2019



Illustration
    
rien n’est saisissable du jour ni de la nuit
et les mots mêmes
on ne les habite que par défaut
comme la lumière ses lampes
comme le baiser la bouche

sois douce avec l’invisible
dans ma main posée sur ta main
il n’y a pas de consolation
mais une patience
qui nous tient prêts
au bord du gouffre et de la joie

(Jean-Pierre Siméon)

 

Recueil: Lettre à la femme aimée au sujet de la mort Fresque peinte sur un mur obscur
Traduction:
Editions: Cheyne

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La bouée (Georges Brassens)

Posted by arbrealettres sur 7 octobre 2018




    
La bouée

Je veux vous avouer ce soir, ma chère amie,
Que lorsque je m’ennuie et que j’ai peur de tout,
Lorsque je me sens seul, tout seul, je pense à vous ;
Car vous êtes, je crois, ma plus sincère amie.

Je pense à vous souvent, car souvent je m’ennuie ;
Et dès que je m’égare en un mauvais sentier,
Je fais appel à la merveilleuse amitié
Qui, depuis un grand jour, l’un à l’autre nous lie.

Si j’ai chanté pour vous ce soir ces quelques vers,
C’est que mon pauvre coeur malade s’est ouvert.
S’il vous parlait tout bas, voudriez-vous l’entendre ?

Si avec ses défauts, avec ses qualités,
Ses mauvais sentiments et sa naïveté,
Il se donnait à vous, voudriez-vous le prendre ?

(Georges Brassens)

 

Recueil: Les couleurs vagues
Editions: Le Cherche Midi

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Poème sans connaissance (Marie-Anne Bruch)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2018




    
Poème sans connaissance

Le chat
lorsqu’il a faim
manque d’humour
et le printemps
lorsqu’il débute
manque de bonne humeur,
mais moi j’ignore
ce qui me fait défaut,
peut-être une pensée
derrière le décor
ou une émotion
derrière le lexique.
Il y a quelque chose
au bout de cette feuille
qui pourrait peut-être
la changer en poème
si toutefois vos ombres
voulaient bien
rencontrer les miennes
– pour que la lumière soit.

(Marie-Anne Bruch)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Retouche à la sagesse (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018



étang

 

sur l’étang où le temps fait des cercles
dans la paresse ensoleillée
jamais regret ne fut plus vain
d’une oeuvre sans défaut

(Daniel Boulanger)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le poète et la Muse (Constantin Cavàfis)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2018



Illustration: Eoghan de Leastar
    
Le poète et la Muse

LE POÈTE

Dans quel but le destin a-t-il voulu m’élire
poète, moi si faible, avec tous mes défauts ?
Car ma parole est vaine et les sons de ma lyre,
même les plus chantants, sonnent creux, semblent faux.

J’ai beau chercher à dire un sentiment sublime,
gloire et vertu ne sont qu’un rêve, je le sens.
Dans la désillusion mon oeil toujours s’abîme,
dans les ronces partout mon pied s’en va glissant.

Le monde est une froide et sombre comédie.
Mes chants non moins que lui se révèlent menteurs.
Chanter l’amour, la joie ? Infâme parodie,
infâme lyre, proie de spectacles trompeurs !

LA MUSE

Poète, tu n’es pas menteur. Ton monde à toi
est le seul vrai. Seules les cordes de ta lyre
savent la vérité ; elles seules, crois-moi,
au long de notre vie ont l’art de nous conduire.

Serviteur du divin, apprends quel est ton sort :
la beauté, le printemps. Une ode enchanteresse
est issue de ta bouche, et tu es un trésor
de parfums — une voix d’en haut, riche en promesses.

Si la nuit règne sur la terre, n’aie point peur.
Ne crois pas que cette ombre va durer encore.
Tu es près des plaisirs, des vallons et des fleurs ;
courage, et en avant ! Vois se lever l’aurore !

Seule une faible brume effarouche tes yeux.
Sous son voile, pour toi, la Nature accueillante
tresse roses, violettes, narcisses précieux,
couronne pour tes chants, récompense odorante.

(Constantin Cavàfis)

 

Recueil: Tous les poèmes
Traduction: Michel Volkovitch
Editions: Le miel des Anges

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Vois-tu, dans ces silences (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2018



Vois-tu, dans ces silences en lesquels les choses
s’abandonnent et semblent tout près
de trahir leur ultime secret,
parfois on s’attend
découvrir un défaut de la Nature,
le point mort du monde, le chaînon qui ne tient,
le fil à débrouiller qui enfin nous conduise
au centre d’une vérité.
Le regard fouille à l’entour,
l’esprit enquête, accorde, sépare
dans le parfum qui sans cesse gagne
lorsque le jour se fait plus languissant.
Ce sont les silences où l’on voit
dans chaque ombre humaine qui s’éloigne
quelque Divinité surprise.

Mais l’illusion cède, et nous ramène le temps
dans les cités bruyantes où l’azur se montre
par morceaux seulement, tout en haut, entre les cimaises.
La pluie fatigue la terre, ensuite; et s’accumule
la tristesse de l’hiver sur les maisons;
la lumière se fait avare — amère l’âme.
Quand, un jour, d’un porche mal clos,
entre les arbres d’une cour,
nous apparaît le jaune des citrons;
et voici fondre le gel du coeur
et faire en nous ruisseler
leurs chants
les trompes d’or de la solarité.

***

Vedi, in questi silenzi in cui le cose
s’abbandonano e sembrano vicine
a tradire il loro ultimo segreto,
talora ci si aspetta
di scoprire uno sbaglio di Natura,
il punto morto del rondo, l’anello ehe non tiene,
il filo da disbrogliare che finalmente ci metta
nel mezzo di una verità.
Lo sguardo fruga d’intorno,
la mente indaga accorda disunisce
nel profumo che dilaga
quando i1 giorno più languisce.
Sono i silenzi in cui si vede
in ogni ombra umana che si allontana
qualche disturbata Divinità.

Ma l’illusione manca e ci riporta il tempo
nelle città rumorose dove l’azzurro si rostra
soltanto a pezzi, in alto, tra le cimase.
La pioggia stanca la terra, di poi; s’affolta
il tedio dell’inverno sulle case,
la luce si fa avara – amara l’anima.
Quando un giorno da un malchiuso portone
tra gli alberi di una corte
ci si mostrano i gialli dei limon;
e il gelo del cuore si sfa,
e in petto ci scrosciano
le loro canzoni
le trombe d’oro della solarità.

(Eugenio Montale)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Pleine lune (Chantal Dupuy-Dunier)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2018



Illustration
    
Pleine lune.
Ce sont les hommes qui la voient morcelée,
la lune est toujours pleine.
Rien ne lui fait défaut,
alors que nos sens,
les quartiers de nos sens…

(Chantal Dupuy-Dunier)

 

Recueil: Mille grues de papier
Traduction:
Editions: Flammarion

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

Toute passion (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2018



Illustration: Lucien Levy-Dhurmer
    
Toute passion serait-elle même
Une allégresse d’âme, elle tremble
Car la brise a soif d’aventure,
Elle se passe son envie
Et le charme devient défaut.

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

Recueil: Le Poème Hanté
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :