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Posts Tagged ‘défendre’

D’APRÈS « LA NAISSANCE DE VÉNUS », CHANSON (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2019




Illustration: Clémentine-Hélène Dufau
    
D’APRÈS « LA NAISSANCE DE VÉNUS », CHANSON

Viens et joue avec nous!
Vois, comme des femmes nous avons des seins!
Depuis tes tentes au bord des flots
Viens jouer avec nous: c’est défendu!

Viens et joue avec nous
Regarde! nues, les jambes droites dans l’eau!
Nous nous tenons près de nos bateaux,
Alors nageant vers le lointain
Viens à nous: c’est défendu!

Viens et joue avec nous!
Vois, nous sommes grands comme des femmes!
Nos regards sont aigus:
Nos cheveux sont brillants;
Nos voix parlent franchement ;
Nous nous révélons dans le vert de la mer!
Viens jouer avec nous:
C’est défendu!

***

FROM « THE BIRTH OF VENUS », SONG

Come with us and play!
See, we have breasts as women!
From your tents by the sea
Corne play with us: it is forbidden!

Come with us and play!
Lo, bare, straight legs in the water!
By our boats we stay,
Then swimming away
Come to us: it is forbidden!

Come with us and play!
See, we are tall as women!
Our eyes are keen:
Our hair is bright:
Our voices speak outright:
We revel in the sea’s green!
Come play:
It is forbidden!

(William Carlos Williams)

 

Recueil: Les Humeurs
Traduction: Philippe Blanchon
Editions: La Nerthe

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Aux Feuillantines (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2019




Aux Feuillantines

Mes deux frères et moi, nous étions tout enfants.
Notre mère disait: jouez, mais je défends
Qu’on marche dans les fleurs et qu’on monte aux échelles.

Abel était l’aîné, j’étais le plus petit.
Nous mangions notre pain de si bon appétit,
Que les femmes riaient quand nous passions près d’elles.

Nous montions pour jouer au grenier du couvent.
Et là, tout en jouant, nous regardions souvent
Sur le haut d’une armoire un livre inaccessible.

Nous grimpâmes un jour jusqu’à ce livre noir ;
Je ne sais pas comment nous fimes pour l’avoir,
Mais je me souviens bien que c’était une Bible.

Ce vieux livre sentait une odeur d’encensoir.
Nous allâmes ravis dans un coin nous asseoir.
Des estampes partout ! quel bonheur ! quel délire!

Nous l’ouvrîmes alors tout grand sur nos genoux,
Et dès le premier mot il nous parut si doux
Qu’oubliant de jouer, nous nous mîmes à lire.

Nous lûmes tous les trois ainsi, tout le matin,
Joseph, Ruth et Booz, le bon Samaritain,
Et, toujours plus charmés, le soir nous le relûmes.

Tels des enfants, s’ils ont pris un oiseau des cieux,
S’appellent en riant et s’étonnent, joyeux,
De sentir dans leur main la douceur de ses plumes.

(Victor Hugo)

Illustration: Gustave Doré

 

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Je désire le chant (Hubert Juin)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2018



 

Adrian Borda 26aec63cd4 [1280x768]

Dedans : c’est une armoirie à grands éclats.
C’est un paysage de neige avec neiges et frimas.
C’est une aumônerie, où viennent les sanglots.
Une maladrerie pour les sbires et les dévots.
C’est une aubergerie ouverte aux quatre vents
où viennent dîner les striges et sonner les olifants.

Dedans : c’est un désert que la soif décore.
C’est un amour qui ne sait retrouver son bien.
C’est un chasseur perdant son chien. Un mur
planté en vain.
Dedans, il n’y a rien.

J’écoute, déchiré de vent, le vent qui vient
en la chanson.
Je désire le chant,
je le guette. Je perds mon temps dans le dedans.
Je me défends,

(Hubert Juin)

Illustration: Adrian Borda

 

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Ne descend ni ne monte le temps (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2018



Illustration: Andrey Kartashov
    
Ne descend ni ne monte le temps
faîte du toit aux deux versants
vertigineusement ruisselants
de futur et passé dévorant
le présent qui les fait par l’instant
et qu’ils font et défont dès l’instant
éternellement inexistant
n’étant que le passage du temps

Ô ce temps impossible à saisir
malgré les battements si forts, si présents
de la chair qui respire et soupire
malgré le pouls pointillé qui défend
la ligne sûre des désirs
malgré les voluptés et cruautés
de l’attente et du souvenir
malgré le halètement cadencé
des instants existants

Ô ce temps sans devenir
où survient notre temps!

(Robert Mallet)

 

Recueil: Presqu’îles presqu’amours
Traduction:
Editions: Gallimard

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La jeune châtelaine (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2018



 

Alexandr Sulimov -    (3)

La jeune châtelaine

« Je vous défends, châtelaine,
De courir seule au grand bois.  »
M’y voici, tout hors d’haleine,
Et pour la seconde fois.
J’aurais manqué de courage
Dans ce long sentier perdu ;
Mais que j’en aime l’ombrage !
Mon seigneur l’a défendu.

« Je vous défends, belle mie.
Ce rondeau vif et moqueur.  »
Je n’étais pas endormie
Que je le savais par coeur.
Depuis ce jour je le chante ;
Pas un refrain n’est perdu :
Dieu ! que ce rondeau m’enchante !
Mon seigneur l’a défendu.

« Je vous défends sur mon page
De jamais lever les yeux. »
Et voilà que son image
Me suit, m’obsède en tous lieux.
Je l’entends qui, par mégarde,
Au bois s’est aussi perdu :
D’où vient que je le regarde ?
Mon seigneur l’a défendu.

Mon seigneur défend encore
Au pauvre enfant de parler ;
Et sa voix douce et sonore
Ne dit plus rien sans trembler.
Qu’il doit souffrir de se taire !
Pour causer quel temps perdu !
Mais, mon page, comment faire ?
Mon seigneur l’a défendu.

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Alexandre Sulimov

 

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NOUVEAU CREDO DU PAYSAN (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2018



Illustration: Léon-Augustin Lhermitte
    
NOUVEAU CREDO DU PAYSAN

Bon paysan -dont la sueur féconde
Les sillons clairs où se forment le vin
Et le pain blanc qui doit nourrir le monde,
En travaillant, je dois crever de faim ;
Le doux soleil, de son or salutaire,
Gonfle la grappe et les épis tremblants ;
Par devant tous les trésors de la terre,
Je dois crever de faim en travaillant !

Refrain
Je ne crois plus, dans mon âpre misère,
A tous les dieux en qui j’avais placé ma foi,
Révolution ! déesse au coeur sincère,
Justicière au bras fort, je ne crois plus qu’en toi ! (bis)

Dans mes guérets, au temps de la couvraille,
Les gros corbeaux au sinistre vol brun
Ne pillent pas tous les grains des semailles :
Leur bec vorace en laisse quelques-uns !
Malgré l’assaut d’insectes parasites,
Mes ceps sont beaux quand la vendange vient
Les exploiteurs tombent dessus bien vite
Et cette fois, il ne me reste rien !

Au dieu du ciel, aux maîtres de la terre,
J’ai réclamé le pain de chaque jour :
J’ai vu bientôt se perdre ma prière
Dans le désert des cieux vides et sourds ;
Les dirigeants de notre République
Ont étalé des lois sur mon chemin,
D’aucuns m’ont fait des discours magnifiques,
Personne, hélas ! ne m’a donné de pain !

Levant le front et redressant le torse,
Las d’implorer et de n’obtenir rien,
Je ne veux plus compter que sur ma force
Pour me défendre et reprendre mon bien.
Entendez-vous là-bas le chant des Jacques
Qui retentit derrière le coteau,
Couvrant le son des carillons de Pâques :
C’est mon Credo, c’est mon rouge Credo

(Gaston Couté)

 

 

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COLLIER DE PERLES (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2018



Illustration: Auguste Macke
    
COLLIER DE PERLES

Perles… rare collier… pures gouttes de pierre :
Sonnet… à son épaule apporte ta fraîcheur.
Je t’offre à cette femme. Et pourtant, plein d’ardeur,
Étrangle-la, Sonnet, si, ne daignant se taire,

Elle répond au scélérat cossu, prospère.
Sonnet, maudis-nous tous… si la fuit le bonheur.
Ses rêves, défends-les comme on défend la fleur.
Jette ton feu dès que se mouille sa paupière.

Tous mes pleurs sont pour elle. Oh! ne le dis jamais !
Elle en rirait. Tous les poèmes que je fais,
Mais ne le lui dis pas non plus, tous, sont pour elle.

Dans l’immense folie aboutit mon chemin.
Mais quand brille, à minuit, ta lumière si belle,
Sur ses cheveux, pour moi, dépose un baiser fin.

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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MENUS SOUVENIRS (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2018




    
MENUS SOUVENIRS

Menus souvenirs, vous ai-je perdus ?
Mon coeur est si lourd: ô pleurs en chemin ! …
Sans vous aujourd’hui je ne vivrais plus,
Ce que je saisis dit «non» à ma main…
Ah, étreindre encor mon poupon futile…
Venez en dansant, papillons fragiles !

Menus souvenirs, ô soldats de plomb,
Vous qu’alors en vain j’ai tant désirés,
Sabres sur un rang ou shakos en rond,
Turcs, lanciers, Nippons, Hongrois, accourez !
Et vous, ô canons aux couleurs de cendre,
Mon coeur est si lourd : venez me défendre !

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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Chaque fenêtre (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2018



Illustration: Dmitry Zaytsev
    
Chaque fenêtre défend son paysage.

(Edmond Jabès)

 

Recueil: Le Seuil Le Sable Poésies complètes 1943-1988
Traduction:
Editions: Gallimard

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Ceux qui marchent en se tenant par la main (Roberto Fernández Retamar)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2018



Illustration: Daniele Guido
    
Ceux qui marchent en se tenant par la main,
Avec leurs mains élèvent une tour,
Construisent une maison,
Organisent le monde,
Lavent l’air de ses feuilles mortes,
Saluent l’aube,
Couchent le crépuscule,
Défendent les premiers fruits,
Assurent, affirment, unissent.

Et nous brisent le cœur.

***

Los que caminan cogidos de las manos,
Con sus manos levantan una torre,
Construyen una casa,
Organizan el mundo.
Limpian el aire de hojas rotas.
Saludan el amanecer
Acuestan el ocaso,
Defienden los primeros frutos.
Aseguran, afirman, juntan.

Y nos rompen el corazón.

(Roberto Fernández Retamar)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil:
Traduction: anchita Gonzalez Batlle
Editions:

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