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Posts Tagged ‘déferler’

Floridum mare (José-Maria de Hérédia)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2019



Salvador Dali papillons s [800x600]

Floridum mare

La moisson débordant le plateau diapré
Roule, ondule et déferle au vent frais qui la berce ;
Et le profil, au ciel lointain, de quelque herse
Semble un bateau qui tangue et lève un noir beaupré.

Et sous mes pieds, la mer, jusqu’au couchant pourpré,
Céruléenne ou rose ou violette ou perse
Ou blanche de moutons que le reflux disperse,
Verdoie à l’infini comme un immense pré.

Aussi les goëlands qui suivent la marée,
Vers les blés mûrs que gonfle une houle dorée,
Avec des cris joyeux, volaient en tourbillons ;

Tandis que, de la terre, une brise emmiellée
Éparpillait au gré de leur ivresse ailée
Sur l’Océan fleuri des vols de papillons.

(José-Maria de Hérédia)

Illustration: Salvador Dali

 

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Chanson (Stuart Merrill)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2019



 

sol halabi 31 [1280x768]

Chanson

A l’heure du réveil des sèves
L’Amour, d’un geste las,
Sème les rimes et les rêves
Parmi les lis et les lilas.

La brise, soeur des hirondelles,
Déferle son essor,
Et frôle de mille coups d’ailes
Les corolles d’azur et d’or.

Amour, pour fêter ta victoire
Les cieux se sont fleuris,
Et mai t’auréole de gloire,
O roi des Roses et des Ris !

(Stuart Merrill)

Illustration: Sol Halabi

 

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Chaque année (Albert Camus)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2019



Albert Lichten (6) [800x600]

Chaque année, la floraison des filles sur les plages.
Elles n’ont qu’une saison. L’année d’après,
elles sont remplacées par d’autres visages de fleurs qui,
la saison d’avant, étaient encore des petites filles.
Pour l’homme qui les regarde,
ce sont des vagues annuelles dont le poids et la splendeur
déferlent sur le sable jaune.

(Albert Camus)

Illustration: Albert Lichten

 

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Flots de félicité (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2019



Illustration: Alwy Fadhel
    
Flots de félicité

Que de flots de félicité traversent le monde,
Jour et nuit, que de nectar d’immortalité déferle par le vaste ciel
Dont s’abreuvent le soleil et la lune à satiété.
La lumière inépuisable persiste, radieuse,
Pénétrant la terre, sans cesse, de vie et de splendeur.
Pourquoi donc passer le temps tel un esprit solitaire,
Envahi par les soucis pour ton moi ?
Elargis ton coeur et contemple l’alentour :
Au mépris des menus malheurs
Remplis le vide de la vie avec de l’amour.

***

Currents of Joy

Floods of felicity pervade the world,
Day and night such nectar of immortality is surging
down the vast sky
For quenching the thirst of the sun and the moon.
Inexhaustible and radiant persists the light,
Ceaselessly suffusing the earth with life and splendour.
Why then waste time in a solitary mood
Haunted by worries for your self ?
Open wide your heart and contemplate all around :
Disdaining trivial mishaps
Fill the vacuum of life with love.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt Dièse, Tantôt Bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: Shahitya Prakash

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Le réveil d’une cascade (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2019




Illustration: ArbreaPhotos
    

Le réveil d’une cascade

Tant de beauté, tant de bonheur et tant de jeux,
Ailleurs, où les trouverai-je ?
Emportée par la fougue de la jeunesse,
Je ne sais vers qui je m’en irai…
Mon envie sans fond, mon espoir sans fin
C’est découvrir le monde,
Irrésistible est mon désir de déferler
Tout autour de la terre.

Je peux déverser tout l’amour existant…
Je peux emporter tout le temps qui est…
Je peux envahir toutes les contrées,
Que pourrais-je espérer d’autre
Hormis cette seule envie du coeur?

***

The Waking of a Cascade

Where else shall I ever find
So much beauty and happiness and play ?
Drifted by my youthful feast
I wonder who will welcome me.
My depthless desire and my endless hope
Will be to discover the world,
I cannot resist the temptation
Of girdling the earth.

I can pour down all my love,
I can carry off Time that has been,
I can invade all the provinces,
Other than this heart’s desire
What could I expect more?

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt Dièse, Tantôt Bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: Shahitya Prakash

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LE VENT DU TEMPS (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2018




    

LE VENT DU TEMPS

Le temps est une tempête : les jours déferlent,
Les tombes profondes s’ouvrent d’une heure à l’autre,
Un courant balaie les rues et les maisons
Trop vite pour qu’on puisse y accoster.
Les villes font naufrage la nuit
Et nous sommes abandonnés, noyés dans cette aube vide.
Aucune terre n’est navigable, aucun oiseau visible.
Et sur les rivages, après la tempête gisent
Les débris du bonheur et de nos êtres passés,
Chambres et maisons mortes, coquillages étouffés.

***

THE WIND OF TIME

Time blows a tempest — how the days run high,
Deep graves are open between hour and hour,
A current sweeps the streets and houses by
Too fast to board them. Cities are wrecked by night
And we left drowning in Ihis empty dawn.
No land is seaworthy, no bird in sight.

And on the shores, after the tempes! lie
Fragments of past delight, and of pas! selves,
Dead rooms and houses, with the strangled shells.

(Kathleen Raine)

 

Recueil: ISIS errante Poèmes
Traduction: François Xavier Jaujard
Editions: Granit

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CE QUI EST GRAVE (Gottfried Benn)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2018



bière 8

CE QUI EST GRAVE

Entendre parler d’un bon roman policier anglais
pas traduit en allemand
lorsqu’on ignore l’anglais.

Quand il fait chaud voir une bière
que l’on ne peut payer.

Avoir une pensée neuve
qu’on ne peut envelopper dans un vers d’Hölderlin
comme le font les professeurs.

La nuit en voyage entendre déferler la vague
et se dire qu’elle ne cesse jamais.

Très grave : être invité,
lorsque chez soi les pièces sont plus tranquilles
le café meilleur
et la conversation pas nécessaire.

Le pire
ne pas mourir en été
quand tout est clair
et la terre tendre sous la bêche.

(Gottfried Benn)

 

 

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Paix profonde (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2018




    
paix
profonde

l’immense
déferle

dilate

enivre

les mots
s’élèvent

lourds
lents
neutres

et le poème
s’érige

happe
la fulgurance

(Charles Juliet)

 

Recueil: une joie secrète
Traduction:
Editions: Voix d’encre

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Le Cerisier (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2018



 

Le Cerisier

Un cerisier se mit à rire
Sans savoir pourquoi.
Les moineaux, tous à la fois,
Rirent de l’entendre rire.

Ce rire gagna les maisons
Et, par-dessus les bois,
Déferla jusqu’à l’horizon.

« Que se passe-t-il dans le monde? »
Dit Dieu, surpris.
Il vint à la fenêtre ronde
Du Paradis.

Et comme, autour du cerisier,
Le monde riait aux éclats
Sans savoir pourquoi,

Dieu lui-même dut se cacher
Le visage entre les mains
Pour que les anges et les saints
Ne le voient pas rire pour rien.

(Maurice Carême)

Illustration

 

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Ici, sur l’île aux oiseaux (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018



_the_strangest_sensation

 

Ici, sur l’île aux oiseaux
où l’océan vient déferler
en cercles d’écume rageuse
autour des rocs fracturés
où l’esprit s’élève
sur les ailes du fou
ou bien s’abîme à contempler
le quartz blanc d’un caillou
j’ai retrouvé mon être vrai
qui est incandescence
la pensée à peine perceptible
perdue dans l’immanence

***

Here on bird island
where the ocean breaks
in rings of white tumult
round the fractured rocks
where the mind travels high
on the wings of the gull
or knows a quietness
in the curve of a shell
I have come again into my own
the incandescence
thought reduced almost to nothing
lost in the immanence

(Kenneth White)

 
Illustration

 

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