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Poésie

Posts Tagged ‘défier’

Tous les soirs (Khaled Youssef)

Posted by arbrealettres sur 30 avril 2019



 

Gurbuz Dogan Eksioglu (42)

Tous les soirs
Dans mon sommeil
Je défie les lois de la gravité
Porté par les ailes du rêve.

(Khaled Youssef)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration: Gurbuz Dogan Eksioglu

 

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Souvenir (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2019




Souvenir

Tu m’as inventée. Celle que tu imagines
N’existe pas, ne peut exister nulle part.
Chez les médecins, pas de remède ; pas de réconfort
chez les poètes.
Cette ombre, ce fantôme jour et nuit te persécute.

Notre rencontre eut lieu en une année invraisemblable.
Les forces du monde étaient à bout.
Tout portait le deuil. Tout déclinait, malade.
Rien de nouveau, sinon des tombes.

Plus de lumière. Flots de la Néva, noirs comme du goudron.
Nuit, tout autour, compacte, comme un mur.
C’est alors que ta voix m’a défiée.
Ce que je faisais, je ne le comprenais pas encore.

Tu es venu vers moi, comme conduit par une étoile,
Tu foulais aux pieds l’automne tragique,
Tu es entré dans la maison à jamais déserte,
D’où avait fui le vol des poèmes brûlés.

(Anna Akhmatova)

Illustration: Fabienne Contat

 

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GALET (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2018



 

GALET

Le moins
Le peu
Le bref
L’exigu
Prennent corps
En ce galet
Dépourvu de veines
Et de détours
Son opacité
S’oppose
Aux transparences
De l’océan
Sa cohésion
Défie
La sinueuse écume

(Andrée Chedid)

 

 

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Mais parler (Akira Mizubayashi)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2018



Illustration: Chantal Dufour
    
Mais parler, cette étrange manie de l’homme,
que ce soit dans votre propre langue ou dans celle qui vient d’ailleurs,
n’est-ce pas au fond un acte qui défie la pudeur?

Parler, c’est exposer sa voix nue,
dévoiler par sa voix sa manière absolument singulière d’exister,
donc s’exposer à nu, une dénudation d’une certaine façon?

… Parler, c’est quelque part résister à la pudeur.

(Akira Mizubayashi)

 

Recueil: Une langue venue d’ailleurs
Traduction:
Editions: Gallimard

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Souvent, nous suivons à la trace des rêves (Claude Mourthé)

Posted by arbrealettres sur 19 septembre 2018



 

Ana Cruz 3

Souvent, nous suivons à la trace des rêves
qui, sans se lasser, nous entraînent
par les mêmes chemins.
Nous les croyons connus, parce qu’ils défient le temps.
Mais le promeneur angoissé est-il toujours le même

(Claude Mourthé)

Illustration: Ana Cruz

 

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Encore plus loin (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018



Illustration: Salvador Dali
    
Encore plus loin

Encore plus loin
que la route qui mène nulle part

(Stanislas Rodanski)

Tout entre
en résonance
chez les mordus d’éternité

insurgés plein soleil
toujours prompts au rebond
pied au plancher

ceux-là sont semblables
à des capteurs de particules
soufflées par les vents solaires

ne sommes-nous plus
que des pianos désaccordés
disent-ils

n’avons-nous plus rien
à faire entendre
aurions-nous égaré le verbe

capable
de faire résonner
notre la souverain

écoutons vraiment
écoutons
au plus chaviré

écoutons
ce bleu ardent
la plus ancienne lumière du monde

arpentant ses pistes enflammées
nous pouvons tout délaisser
nous retrouvons notre espace

notre souffle
notre centre
le centre des centres

celui qui se laisse porter
emporter par l’ardeur
est un archange de l’énergie

aimanté
sans fin par l’oeil
de la cible

il enlace les angles morts
glisse en bulle d’éternité
entre deux vies

calligraphiant une poésie ultrasensible
qui défie toute gravité
à l’écoute du chant

au fond des impasses
ou des neurones
il danse à chaque respiration

il sait le secret cher à Michaux
d’une pente
qui dévale vers le haut

bouche d’ombre
en souffle continu
frère d’embuscade

tourbillon somnambule
il retrace l’histoire de la lumière
à travers les espaces-temps

empli tout entier
d’un oui qu’il offre
à perte de coeur

il ne fait qu’un avec le mystère
et sa dimension frémissante
il vibre et vibre encore

une confiance étrange
nous vient soudain
étrange autant qu’illimitée

qui traverse le chant
à l’écoute de l’intuition fusante
à l’écoute du bleu ardent

comment laisser flotter les choses
en rebelle éveillé
comment se redonner de l’espace

comment retrouver cet art
si parfait
du contrôle des accidents

l’absolue justesse
du tempo de l’univers
le continuum de l’énergie

dix mille photons
lancés il y a cinq millions d’années
par quelque géante gazeuse

percutent à l’instant
notre rétine
larmes à ciel ouvert

se dessine
devant nos yeux éblouis
une perle de pur enthousiasme

plus démesurée
plus abyssale même
que le désespoir

sortons du labyrinthe
chevauchons le bleu ardent
captons l’alexandrin du big bang

(Zéno Bianu)

 

Recueil: L’Ardeur ABC poétique du vivre plus
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Poème (Pentti Holappa)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018



 

Heffernan interior3

Poème

Dans l’espace du cerveau, d’imaginaires roses livrent leur parfum,
des vols d’oiseaux, des vols d’étoiles, défient la tempête,
la pensée dessine le retour de l’instant unique.
Soudain, la peau et la toile de chair hurlent,
comme un nouveau-né, terrifié,
goulûment. Les tissus enflent pour devenir
l’humus de la mort, chair d’homme,
une vague opaque balaie les châteaux de sable
bâtis par les pensées.

Jamais le plus ardent des poèmes n’élucidera
l’aigre et furtive jouissance des sens.

(Pentti Holappa)

Découvert ici: Schabrieres

Illustration: Julie Heffernan

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A Glendalough (Jacques Lovichi)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2018




    
A Glendalough
dans le Wicklow antique
il est un lieu qui défie la mémoire
(intersection de l’espace
et du temps)
Comme une vermine
y pullulent les siècles
sous le granit où git
l’éternité

Là, contre ciel dardant son obscure menace,
un doigt géant
admoneste
les dieux.

(Jacques Lovichi)

 

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Un rêve (Salvatore Adamo)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2018




    
Un rêve

Un rêve, un rêve,
Un rêve sinon rien
Un rêve qui élève
Qui enivre, qui délivre
Un rêve, pour aller plus loin

Donnez-nous un rêve
Et nous soulèverons le monde
Le rêve d’un rêve
Et nous le chanterons à la ronde

Celui du semeur qui prie pour sa moisson
Ou de l’homme confiant qui construit sa maison
Celui des braves gens qui disent encore bonjour
Et de l’enfant qui rit au bonheur qui l’entoure
Celui de l’ami Pierre, celui de Thérésa
Dans la même bonté Paris et Calcutta
Celui de celles et ceux
Qui cherchent et cherchent encore
Pour rallumer des vies

En réparant les corps

Et celui de John
Si bien imaginé
Celui que personne
N’a encore exaucé

Un rêve, le rêve de ne pas tout gâcher
Le rêve de n’pas tout fiche en l’air
Pour ne pas que la terre redevienne un désert
Sans rêve et sans lumière

Donnez-nous un rêve
Et nous soulèverons le monde
Le rêve d’un rêve
Et nous le chanterons à la ronde

Celui des marins qui ont vaincu leurs peurs
Qui ont défié la mer l’immensité au coeur
Les premiers fous volants,
Ces fiers enfants d’Icare
Jubilants en suspens
Entre le vide et l’histoire

Et celui de tous ceux
Qui inventent du soleil
D’une couleur, d’une note,
D’une image ou d’un mot
Artistes et magiciens
Qui entrouvrent le ciel
Frissons d’éternité
Si chers à Cyrano

Un rêve d’amour
Et de fraternité
Plus fort que les discours
Et les mots frelatés
Celui de Martin,
Celui de Nelson
La couleur de leur peau
Portée comme une couronne

Et celui de John
Si bien imaginé
Celui que personne
N’a encore exaucé

Le rêve, le rêve… La paix

(Salvatore Adamo)

 

Recueil:
Traduction:
Editions:

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Les voûtes de l’Adieu (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2018



Les voûtes de l’Adieu

Ce qui se dresse devant nous
Arches ou ténèbres
Ne supprime
Aucun rêve
Qui forgea notre vie

Ce qui s’annonce
Plénitude ou néant
Ne ternit
Nul désir
Qui défia l’impossible.

(Andrée Chedid)

Illustration: Stéphanie Dozier

 

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