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Poésie

Posts Tagged ‘définition’

L’audace (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 7 octobre 2019



L’audace
De donner à nos corps
Ce que nous savions
Plus béant
Que n‘importe
Quelle définition.

(Guillevic)

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La définition de l’amour (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2019



Dans le lexique de ma vie
La définition de l’amour
Change sans cesse

(Abbas Kiarostami)

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Tu ne savais pas (Christian Viguié)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2018



Tu ne savais pas que le temps
avait forme d’une paupière
ainsi l’enfouissais-tu dans la définition
des choses
jusqu’à chercher l’ombre extrême
d’une branche qui n’existait pas.

(Christian Viguié)

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Je crois que sous peu je mourrai (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 20 août 2018




Je crois que sous peu je mourrai.
Mais le sens de mourir ne m’émeut pas,
Je m’avise que mourir ne doit pas avoir de sens.
Ces mots de vivre et mourir sont des classifications comme celles des plantes.
Quelles feuilles ou quelles fleurs ont-elles une classification ?
Quelle vie contient la vie ou quelle mort la mort ?
Tout cela n’est que termes par quoi on définit.
Et une bonne définition est : je continue.

(Fernando Pessoa)

Illustration

 

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Sang et voix (Emmanuelle Le Cam)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2018



Illustration: Maurits Cornelis Escher
    

Sang et voix,
épaules,
joue dorée,
vous êtes l’en-moi,
meilleure définition
de ma présence
à moi-même,
quand d’aventure
ne m’enfuis pas.

(Emmanuelle Le Cam)

 

Recueil: Unique demeure
Traduction:
Editions: Le dé bleu

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Je brûle de définir ce nom (Pierre Emmanuel)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2018



    
Je brûle de définir
Ce nom — le seul qui m’importe
D’homme que partout je porte
Sans jamais le soutenir

Il n’est définition
Qui ne le réduise en cendre
L’esprit ne se peut comprendre
Que dans sa combustion.

(Pierre Emmanuel)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: L’Âge d’Homme

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RECHERCHE D’UNE DÉFINlTION (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2017



 

Bradley Walker Tomlin number-14-1949

RECHERCHE D’UNE DÉFINlTION
(en regardant un tableau de Bradley Walker Tomlin)

Toujours la plus petite action

possible
en ce temps d’actions

plus vastes que la vie, un geste
vers l’objet qui passe

presque inaperçu. Un petit vent

agitant un feu de joie, par exemple,
que j’ai découvert l’autre jour
par hasard

sur le mur d’un musée. Presque rien
ne s’y trouve : quelques touches
de blanc

jetées négligemment sur le noir pur
du fond, rien de plus

qu’un petit geste
essayant de n’être rien

de plus que lui-même. Et pourtant
il n’est pas ici
et à mes yeux la question
ne sera jamais
d’essayer de simplifier
le monde, mais une manière de chercher un lieu
par où pénétrer le monde, une manière d’être
présent
au milieu des choses
qui nous ignorent — mais dont nous avons besoin
tout autant que nous avons besoin
de nous-mêmes. Un instant à peine auparavant
la belle

femme
qui était auprès de moi
avait dit combien elle désirait
un enfant
et qu’il était grand temps de
la féconder. Nous sommes convenus
d’écrire chacun un poème
qui utilise les mots «un petit
vent
agitant un feu de joie». Depuis ce temps-là
rien

n’a plus de sens que la petite
action
présente dans ces mots, l’action
d’essayer de prononcer

des mots

qui ne veulent presque rien dire. Jusqu’au bout
je veux être égal

à tout ce que
mon oeil m’apportera, comme si
je pouvais finalement me voir moi-même

disparaître
dans les choses presque
invisibles

qui nous entraînent nous-mêmes et tous
les enfants à naître

dans le monde.

(Paul Auster)

Illustration: Bradley Walker Tomlin… peut-être ce tableau dont parle Paul ?

 

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Inconsolables (Max Alhau)

Posted by arbrealettres sur 3 mai 2017



 

Illustration

    

Quelques vérités nous sont octroyées :
l’unique à laquelle l’accès nous est refusé se soustrait à toute définition,
étoile noire au coeur des galaxies.

Nous disparaîtrons,
inconsolables d’avoir questionné en vain les dieux
sur ce qui nous semblait comme le seul flamboiement de l’être en ce monde.

(Max Alhau)

 

Recueil: Présence de la Poésie
Editions: Editions des Vanneaux

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Raton-Laveur (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2017



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Raton-Laveur

Il est bien tard pour faire ta connaissance.
J’ai parlé de toi souvent,
fallait que je te voie en chair et en os !

J’en avais jamais vu, de raton laveur.
Lui, m’avait jamais vu non plus.

C’est un animal composé d’une âme et d’un corps.
Non, c’est moi. Je me suis trompé de définition.
C’est un animal… un animal.
Tandis que moi, je suis un animal supérieur.
C’est pour ça que j’ai l’air de ne lui faire aucun plaisir.
Et je le regrette.

On t’a appelé «raton laveur».
Paraît que tu laves tout ce que tu manges.
C’est des histoires qu’on a racontées sur toi, peut-être.
Et toi tu es là. T’es en cage, en cabane.

Mais je suis venu tout de même pour te dire bonjour.
Je t’avais jamais vu.
Maintenant je te regarde.
Toi, tu ne me regardes pas,
t’as raison, tu t’en fous.

Moi, je suis un humain
— toi, t’es un raton laveur.
Il y a une différence.
De quoi on est faits tous les deux ?

Dis-moi ce que tu penses, raton laveur.
Ce que tu penses des cages, ce que tu penses d’un tas de choses.
Qu’est-ce que tu penses de la guerre du Viêt-nam, raton laveur, toi qui es en cage ?
Qu’est-ce que tu penses de toutes les prisons, hein, toi qu’on a appelé raton laveur ?

Ben, je te salue.
J’ai de la sympathie pour toi.
Je ne t’avais jamais vu, je t’ai vu aujourd’hui, mais j’avais parlé de toi.
À tort et à raison. Tu n’as pas l’air heureux, raton laveur.

Tu cherches la liberté ?
Tu sais ce que c’est, mais t‘as pas de mots pour l’expliquer.
Les hommes l’expliquent, et l’enferment.

(Jacques Prévert)

 

 

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SANS DÉFINITION (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2016




SANS DÉFINITION

l’amour
cet océan pour antilopes folles

l’amour
cet oeil qui cloue mon oeil
sur l’étoile trop ivre

l’amour
cette valise où dorment les toucans
qui nous ressemblent

l’amour
ce soleil qui proteste
d’être en exil sous ses propres genoux

l’amour l’oubli
et les mots affamés
qui rongent cette mandarine
notre mémoire

(Alain Bosquet)


Illustration: Eloi Flore

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