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Poésie

Posts Tagged ‘définitivement’

Commencements (Christian Viguié)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2019



Commencements

C’est en écoutant le chant
qu’entonne la plaine
que nous savons si notre regard
est un geste du dedans ou du dehors.

Le temps seul
n’est pas écriture
il n’occupera pas la plaine
de ce qu’elle a voulu dire.

Plus sûrement
corbeaux et soleils
recommenceront l’énigme
comme si se brouillaient indéfiniment
le commencement et la fin

(Christian Viguié)

Découvert ici: http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr/

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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A L’ENTERREMENT D’UN AMI (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2018




    
A L’ENTERREMENT D’UN AMI

On l’enterra par une horrible après-midi
de juillet, sous un soleil de feu.

A un pas de la tombe ouverte
il y avait des roses aux pétales pourris,
entre des géraniums à l’âcre parfum
et aux fleurs rouges. Le ciel
pur et bleu. Il soufflait
un vent fort et sec.

Suspendu à de grosses cordes,
lourdement, le cercueil fut descendu
au fond de la fosse
par les deux croque-morts…

Quand il se posa, un grand bruit résonna,
solennellement, dans le silence.

Le bruit d’un cercueil sur la terre est quelque chose
de tout à fait sérieux.

Sur le noir cercueil se brisaient
les lourdes mottes poussiéreuses…

Le vent emportait
le souffle blanc de la fosse profonde.

.— Et toi, sans ombre désormais, dors et repose,
longue paix à tes ossements…

Définitivement,
dans un sommeil paisible et véritable.

(Antonio Machado)

 

Recueil: Champs de Castille précédé de Solitudes, Galeries et autres poèmes et suivi de Poésies de la guerre
Traduction: Sylvie Léger et Bernard Sesé
Editions: Gallimard

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A L’ENTERREMENT D’UN AMI (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2018



A L’ENTERREMENT D’UN AMI

On l’enterra par une horrible après-midi
de juillet, sous un soleil de feu.

A un pas de la tombe ouverte
il y avait des roses aux pétales pourris,
entre des géraniums à l’âcre parfum
et aux fleurs rouges. Le ciel
pur et bleu. Il soufflait
un vent fort et sec.

Suspendu à de grosses cordes,
lourdement, le cercueil fut descendu
au fond de la fosse
par les deux croque-morts…

Quand il se posa, un grand bruit résonna,
solennellement, dans le silence.

Le bruit d’un cercueil sur la terre est quelque chose
de tout à fait sérieux.

Sur le noir cercueil se brisaient
les lourdes mottes poussiéreuses…

Le vent emportait
le souffle blanc de la fosse profonde.

— Et toi, sans ombre désormais, dors et repose,
longue paix à tes ossements…

Définitivement,
dans un sommeil paisible et véritable.

(Antonio Machado)

 

 

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Fantômes (Ludovic Degroote)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2017


 


Fantômes

ils disent:
nous n’avons plus de pente, plus de monde sur les épaules, la
pluie ne nous traverse plus au sec, elle suinte le long de l’os et
dégoutte sur la peau, notre tête moisit en premier et ça fait mal

dans leur bruit personne ne les entend.

Ils n’ont même plus assez de mémoire.

Ils sont définitivement penchés du même côté.

Il leur pousse des fleurs entre les pieds.

(Ludovic Degroote)


Illustration: Odilon Redon

 

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Une vache se promène dans ma chambre (Dominique Cagnard)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2016



vache

Une vache se promène dans ma chambre.
Quand je n’arrive pas à dormir
je n’ai qu’à prononcer le mot :
« vache »
et les murs se mettent à bouger
l’armoire le lit et la fenêtre.
Les hommes cherchent à entourlouper
Les vaches
Mais elles ne se laisseront pas faire.
Une nuit elles s’en iront
Très loin dans le désert
et elles quitteront définitivement la terre.

(Dominique Cagnard)

Découvert chez Lara ici

Illustration

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Il faut partir et s’éloigner définitivement (Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2016



Il faut partir et s’éloigner
définitivement de tout ce qui enchaîne, êtres ou objets du monde sensible.
L’unique et le Vrai Amour, l’amour pour Dieu,
exclut toute attache à un être humain ou à soi-même

[…]

Ne plus aimer, ne plus trembler
Ne plus espérer, ne plus perdre

(Jean Jouve)

Illustration

 

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L’Alliance (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2015


together_s

Définitivement ils sont deux petits arbres
Seuls dans un champ léger
Ils ne se séparerons plus jamais

(Paul Eluard)

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