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Poésie

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Il faut remonter plus loin (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2018



Illustration
    
Il faut remonter plus loin
Quand on avait le ciel sous la main
La tête dégagée la parole facile
On vivait chacun dans son île
Jusqu’au matin
Le soleil était un signe de ralliement
J’apportais l’air du temps
D’autres n’apportaient rien
Qu’un coeur d’or
Et c’était bien le meilleur lot.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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Rien que le sable et l’air (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2018




    

Rien que le sable et l’air
Et ce désir farouche
Ta bouche lourde sur ma bouche
L’empreinte bleue du sein
Dans la paume encor fraîche

Ici
L’arbre se fond
Se confond avec l’herbe
Mais l’âme dégagée
A pris de la hauteur

Soleil
Eclatement des yeux
Soleil en marche

Des mois et des années
Et cette fleur au coeur qui ne s’est pas fanée
Le dernier compagnon
Et le dernier visage
Tous ces haillons dorés qui font le paysage
Une fumée là-bas
La première douceur

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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Dans les livres, il y a quelque chose de divin (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2016



 

Les choses sont une façade,une croûte.Dieu seul est.
Mais dans les livres, il y a quelque chose de divin.

Le monde est mystère,les choses évidentes sont mystère,
les pierres et les végétaux.

Mais dans les livres peut-être y a-t-il une explication, une clef.
Les choses sont dures, la matière,les gens,les gens sont durs,et inamovibles.

Le livre est souple, il est dégagé. Il n’est pas une croûte.Il émane.
Le plus sale, le plus épais émane. Il est pur. Il est d’âme. Il est divin.

De plus il s’abandonne.

… Dans les livres, il cherche la révélation.
Il les parcourt en flèche.
Tout à coup, grand bonheur, une phrase … un incident… un je ne sais quoi,
il y a là quelque chose…

Alors il se met à léviter vers ce quelque chose avec le plus qu’il peut de lui-même,
parfois s’y accole d’un coup comme le fer à l’aimant.
Il y appelle ses autres notions « venez, venez ».

Il est là quelque temps dans les tourbillons et les serpentins et dans une clarté, qui dit
« c’est là ».

Après quelque intervalle, toutefois, par morceaux, petit à petit,
le voilà qui se détache, retombe un peu, beaucoup, mais jamais si bas que là où il était précédemment.
Il a gagné quelque chose. Il s’est fait un peu supérieur à lui-même.

Il a toujours pensé qu’une idée de plus n’est pas une addition.
Non, un désordre ivre, une perte de sang-froid, une fusée, ensuite une ascension générale.
Les livres lui ont donné quelques révélations.

En voici une :
Les atomes. Les atomes, petits dieux.
Le monde n’est pas une façade, une apparence.
II est : Ils sont, Ils sont, les innombrables petits dieux, ils rayonnent.
Mouvement infini, infiniment prolongé.

(Henri Michaux)

 

 

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