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Poésie

Posts Tagged ‘dégoûté’

Je montrai ma vraie figure (Marie NDiaye)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018



    

Illustration: Dominique Zehrfuss

Je montrai ma vraie figure qui parut moins aimable
Le serpent est en nous ce qu’il y a de plus vrai
J’étais dégoûtée de l’amour qui m’avait séparée de ma propre énigme
Il avale, le serpent, toute chose entière dans sa splendeur

Le serpent est en nous
Je ne voulais plus être aimée hors de moi mais qui suis-je
Il avale, le serpent, toute chose entière dans sa misère
Et je me tenais là sèchement mise à nu

(Marie NDiaye)

 

Recueil: Vingt-huit bêtes: un chant d’amour
Traduction:
Editions: Gallimard

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TRISTESSE (Alfred de Musset)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2017



TRISTESSE

J’ai perdu ma force et ma vie,
Et mes amis et ma gaîté ;
J’ai perdu jusqu’à la fierté
Qui faisait croire à mon génie.

Quand j’ai connu la Vérité,
J’ai cru que c’était une amie ;
Quand je l’ai comprise et sentie,
J’en étais déjà dégoûté.

Et pourtant elle est éternelle,
Et ceux qui se sont passés d’elle
Ici-bas ont tout ignoré.

Dieu parle, il faut qu’on lui réponde.
— Le seul bien qui me reste au monde
Est d’avoir quelquefois pleuré.

(Alfred de Musset)

Illustration

 

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L’AMOUR MALSAIN (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2017



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L’AMOUR MALSAIN

Non, nous ne savons plus aimer comme nos pères.
Ils aimaient en lapins. Nous aimons en vipères.
Ils avaient l’amour calme et faisaient des enfants.
Nous, nos plaisirs fiévreux ont des nœuds étouffants.

Notre bonheur n’est point le fade cataplasme ;
C’est le vésicatoire aigu qui donne un spasme.
Vous voulons ce qui tord, nous voulons ce qui mord.
Et nous fouillons la vie en désirant la mort.

La femme de nos vœux est courtisane et sainte,
Un mélange infernal d’eau bénite et d’absinthe.
Nous cherchons le poison subtil et l’art nouveau
Qui nous crispent les sens, les nerfs et le cerveau.

Nous sommes dégoûtés de l’épouse placide
Dont le baiser n’est pas rongeant comme un acide.
Vos amours, ô bourgeois, sont des fromages mous :
Le nôtre, un océan d’alcool plein de remous.

Dans ce malstrom vorace et noir voguons sans trêve
Vers le ciel fantastique où fleurit notre rêve !
Tout le vieux monde, ainsi qu’une vieille liqueur
Rance au fond d’un flacon, nous fait lever le cœur.

Notre espoir, dédaigneux des paradis antiques,
Est en route pour des pays transatlantiques.
Là-bas, c’est le sol neuf, étrange, absurde, fou !
Nous voulons le trouver, nous ne savons pas où.

Mais nous fuyons l’amour ancien comme une geôle,
Et notre âpre débauche a l’inconnu pour pôle.

(Jean Richepin)

 Illustration

 

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Tristesse (Alfred de Musset)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2016




Tristesse

J’ai perdu ma force et ma vie,
Et mes amis et ma gaîté;
J’ai perdu jusqu’à la fierté
Qui faisait croire à mon génie.

Quand j’ai connu la Vérité,
J’ai cru que c’était une amie;
Quand je l’ai comprise et sentie,
J’en étais déjà dégoûté.

Et pourtant elle est éternelle,
Et ceux qui se sont passés d’elle
Ici-bas ont tout ignoré.

Dieu parle, il faut qu’on lui réponde.
— Le seul bien qui me reste au monde
Est d’avoir quelquefois pleuré.

(Alfred de Musset)

Illustration: Jean-Jacques Henner

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