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Parce que tu m’as parlé de vice … (Guillaume Apollinaire)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2017



Parce que tu m’as parlé de vice…

Tu m’as parlé de vice en ta lettre d’hier
Le vice n’entre pas dans les amours sublimes
Il n’est pas plus qu’un grain de sable dans la mer
Un seul grain descendant dans les glauques abîmes

Nous pouvons faire agir l’imagination
Faire danser nos sens sur les débris du monde
Nous énerver jusqu’à l’exaspération
Ou vautrer nos deux corps dans une fange immonde

Et liés l’un à l’autre en une étreinte unique
Nous pouvons défier la mort et son destin
Quand nos dents claqueront en claquement panique
Nous pouvons appeler soir ce qu’on dit matin

Tu peux déifier ma volonté sauvage
Je peux me prosterner comme vers un autel
Devant ta croupe qu’ensanglantera ma rage
Nos amours resteront pures comme un beau ciel

Qu’importe qu’essoufflés muets bouches ouvertes
Ainsi que deux canons tombés de leur affût
Brisés de trop s’aimer nos corps restent inertes
Notre amour restera bien toujours ce qu’il fut

Ennoblissons mon cœur l’imagination
La pauvre humanité bien souvent n’en a guère
Le vice en tout cela n’est qu’une illusion
Qui ne trompe jamais que les âmes vulgaires

(Guillaume Apollinaire)

Illustration: Gustav klimt

 

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Ton regard me défie (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2015



Ton regard me défie.
Le souffle de l’embrun
Caresse ton sein brun
Que mon chant glorifie.

L’étreinte ratifie
L’entente entre nous.
Je t’honore à genoux
Et je te déifie.

A toi je le confie
Mon grand péché mortel
Et sur son bel autel
L’amour nous sanctifie

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: André Masson

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