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Poésie

Posts Tagged ‘déjeuner’

Attraper ce qui fuit (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2019



Illustration
    
Attraper ce qui fuit

Ombre et soleil
soleil et ombre
ombre et soleil
un vrai défilé de nuages blancs
depuis ce matin.

J’ai noté ça pour un poème
et le grand chêne d’à côté
les lignes droites des avions
les hirondelles en vol plané.

Et j’ai pensé que j’étais là
allongé sur l’herbe très verte
après le déjeuner
toujours vivant
toujours vivant.

J’ai eu envie de je ne sais quoi
sauf fermer les yeux
me rappeler cette phrase
autrefois de passage entre nous :
«Attraper ce qui fuit ».

Je me souviens nous regardions
le va-et-vient des mésanges bleues
qui chaque année
comme aujourd’hui
dans leur petit nichoir
– toujours intact si tu savais -—
recommencent tout
recommencent tout.

(François de Cornière)

 

Recueil: Anthologie Pour avoir vu un soir la beauté passer
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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J’avais grand besoin (Marie Noël)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2018



Illustration: Pablo Picasso    
    
« Aujourd’hui, après déjeuner, j’avais très mal.
Je suis allée marcher loin dans la campagne.
Au retour, sur la route, j’ai rencontrée une femme.
Je la connaissais à peine. Je ne savais pas son nom. »

Mais la femme, elle, reconnaît le poète, dont elle a une photo chez elle, découpée dans un journal.
Elle dit à Marie Noël:  » Je vous regarde… je vous respecte… », et aussi ce cri de femme blessée par l’injustice des hommes:
« Mademoiselle, il ne faut pas croire ce que les gens vous disent de moi. »

« Elle me prend la main, la presse fort, approche du mien son visage abîmé, boursouflé et rouge.
Je devine ce qu’elle voudrait… je l’embrasse sur les deux joues.
Elle pleure. Je pleure aussi.
Elle m’a fait beaucoup de bien, la pauvre Soulotte!
J’avais grand besoin d’elle à ce moment-là. »

(Marie Noël)

 

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Comme deux orphelines (Patrizia Cavalli)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2018



 

Alexander Sulimov (3)

Comme deux orphelines nous allons déjeuner
nous prenons le thé nous donnons des baisers.
On dirait un jardin d’enfants, une colonie de vacances
mais on ne se distrait jamais assez
pour oublier son gros cul de maman.

(Patrizia Cavalli)

Illustration: Alexander Sulimov

 

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BORD DE MARNE (Hervé Le Tellier)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2018



Illustration: Fernando Botero
    
BORD DE MARNE
à la Prévert

On était au bord de la Marne
Il faisait si beau ce jour-là
Les écureuils volaient des noisettes
Moi, je te volais des baisers
Tu portais une robe à dentelle
De la couleur de mes bretelles

On déjeunait sur le gazon
D’une baguette et d’un saucisson
Les fourmis nous chipaient des miettes
Moi, je te volais des baisers
Je t’ai dit que tu étais belle
Tu t’es moquée de mes bretelles

On était au bord de la Marne
Il faisait si beau ce jour-là.

(Hervé Le Tellier)

 

Recueil: Zindien
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Qui pourrait croire en l’impossible? (Lewis Carroll)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2018




    
– Inutile d’essayer, dit Alice. Qui pourrait croire en l’impossible?

– Vous péchez, selon moi, par manque d’entrainement, dit la Reine.
Quand j’avais votre âge, je m’y exerçais une demi-heure par jour.
Eh bien, il m’est arrivé parfois, avant même l’heure du petit déjeuner,
de croire jusqu’à six choses impossibles.

(Lewis Carroll)

 

Recueil: Alice au Pays des Merveilles / De l’autre côté du Miroir
Traduction:
Editions: Folio

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Petit déjeuner pris (Jack Kerouac)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2018



Petit déjeuner pris
le matou se pelotonne
Sur le canapé

***

Breakfast done
the tomcat curls up
On the down couch

(Jack Kerouac)

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Nous (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2018




    
Nous

1
Sur la route de Vincennes
Par Grenoble et Montauban
Près du Havre et Valenciennes
J’ai rencontré des enfants
Qui m’ont accueilli
Par ces cris:

{Refrain}
Où allez-vous ? Où allez-vous ?
Qui êtes-vous
Parmi les autres ?
Avec les autres?
Ou avec nous ?
Nous vous tendons notre main,
Mais passez votre chemin,
Si vous avez besoin
D’une nounou,
D’un percepteur,
D’un directeur,
Pour votre goût!
Si vous aimez les coups
Sur votre jou(e)
Et tout et tout,
Si vous vous mettez à genoux
Devant les fous
Vous n’êtes pas avec nous!
Mais si vous avez du coeur
Et de l’ardeur
Si vous aimez vivre
Et si les vieux livres
Et si les gros sous
Ne sont pas tout
Pour vous
Vous êtes avec Nous.
Vous êtes avec Nous.

2
Plus loin près de la fontaine
Deux belles m’ont appelé
Le vent soufflait dans les chênes
L’air était tout embaumé
Et elles m’ont dit
À grands cris: {Refrain}

3
Au milieu des champs de vignes
Des vieillards à l’oeil joyeux
Qui me faisaient de grands signes
M’offrir’nt un vin délicieux
Ah! ça c’est gentil!
Ils m’ont dit: {Refrain}

4
Lorsque j’entrai dans la ville
J’aperçus des ouvriers
Jean, Jacques, Pierre et Emile
Avec qui j’ai déjeuné
Oui mais ils m’ont dit
Mon ami:

5
Et maintenant par le monde
Je marche avec des amis
Et le soleil à la ronde
Éclaire tous les pays
Mais à tous je dis
Mes amis: {Refrain}

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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Avez-vous vu Lambert? (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2018




    
Avez-vous vu Lambert?

1
Je vais vous chanter
Un fait historique
Qui s’est déroulé
Avant l’avèn’ment de la République:
Au bois d’ Vincenn’ monsieur Lambert
Madame Lambert, les p’tits Lambert
Par un matin d’été superbe
Allèrent déjeuner sur l’herbe.
Monsieur Lambert sans crier gare
S’éloigna pour aller acheter un cigare.

Refrain 1
Madam’ Lambert affolée
Criait d’allée en allée
Lambert! Lambert!
Avez-vous vu Lambert ?
Les p’tits Lambert tout en larmes
Faisaient aussi du vacarme
Lambert! Lambert!
Avez-vous vu Lambert?
Les passants que ça fit rire
À leur tour se mir’nt à dire
Lambert! Lambert!
Avez-vous Lambert ?
Avez-vous Lambert?
Lambert ?

2
Rentrée dans Paris
La foule joyeuse
Continua ses cris
D’ la porte Dorée à la rue Vineuse
Faubourg Saint-Denis, Rue d’ Rivoli
Rue Rossini, rue Cassini
Place du Trôn’, quai de Grenelle
Et Boulevard Bonne Nouvelle
Chacun criait à perdre haleine
Comm’ des fous, comm’ des sourds, des putois, des baleines.

Refrain 2
Napoléon trois s’inquiète
La police est en alerte
Lambert! Lambert!
Arrêtez donc Lambert!
Le tocsin, la générale
Composent une chorale
Lambert! Lambert!
Avez-vous vu Lambert ?
Méfiez-vous il est terrible
Il pourrait vous prendr’ pour cible
Lambert! Lambert!
Avez-vous vu Lambert ?
Arrêtez donc Lambert!
Lambert!

3
Je connais des gens
Dont la renommée
Est comme un volcan
Vomissant des lay’s et de la fumée
Ils pouss’nt des cris, ils, font du bruit
On est surpris, on perd l’esprit
On court à gauche, on court à droite
Et le pantin sort de sa boîte
Quoi c’était ça le monstre horrible
Le dragon, le costaud, le méchant, le terrible.

Refrain 3
Et pendant ce temps les heures
Sont rentrées dans leur demeure
Lambert! Lambert!
Avez-vous vu Lambert ?
C’est le vent qui le remporte
Le destin ouvre sa porte
Lambert! Lambert!
Viens te coucher Lambert
Et les enfants des écoles
S’amusent sur ces paroles
Lambert! Lambert!
Avez-vous vu Lambert ?
Avez-vous vu Lambert ?
Lambert!

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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Réveil (Malcolm Lowry)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018




    
Réveil

L’homme ressemble à un homme qui se lève tard
Contemple l’assiette sale de son dîner
Aussi les bouteilles vides
Toutes lampées dans les larges comment vas-tu d’une nuit
Un verre pourtant contenant encore
Un fond comme sinistre appât
Combien l’Homme ressemble à celui-là
Titubant parmi les arbres rouillés
Allant chercher un déjeuner de pois de sardines
Et de rhum éventé.

***

Eye-Opener

How like a man, is Man, who rises late
And gazes on his unwashed dinner plate
And gazes on the bottles, empty too,
All gulphed in last night’s loud long how-do-you-do,
—Although one glass yet holds a gruesome bait—
How like to Man is this man and his fate—
Still drunk and stumbling through the rusty trees
To breakfast on stale rum sardines and peas.

(Malcolm Lowry)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

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La Carte Du Tendre (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2017




    
La Carte Du Tendre

Le long du fleuve qui remonte
Par les rives de la rencontre
Aux sources d’émerveillement
On voit dans le jour qui se lève
S’ouvrir tout un pays de rêve
Le tendre pays des amants
On part avec le coeœur qui tremble
Du bonheur de partir ensemble
Sans savoir ce qui nous attend
Ainsi commence le voyage
Semé d’écueils et de mirages
De l’amour et de ses tourments

Quelques torrents de médisance
Viennent déchirer le silence
Essayant de tout emporter
Et puis on risque le naufrage
Lorsque le vent vous mène au large
Des îles d’infidélité
Plus loin le courant vous emporte
Vers les rochers de la discorde
Et du mal à se supporter
Enfin la terre se dénude
C’est le désert de l’habitude
L’ennui y a tout dévasté

Quand la route paraît trop longue
Il y a l’escale du mensonge
L’auberge de la jalousie
On y déjeune de rancune
Et l’on s’enivre d’amertume
L’orgueil vous y tient compagnie
Mais quand tout semble à la dérive
Le fleuve roule son eau vive
Et l’on repart à l’infini
Où l’on découvre au bord du Tendre
Le jardin où l’on peut s’étendre
La terre promise de l’oubli

(Georges Moustaki)

 

 

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