Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘délacer’

RENAISSANCE (Alain Lance)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2018




    
RENAISSANCE

1
Quelque chose bat lentement
Qui ne bruit pas encore
Rumeur lovée
Lumière lointaine
L’éveil va délacer les corps
Pour une mêlée plus claire
Pour un nouveau sommeil
Un merle s’est mis à démailler l’ombre
Une carriole de jonquilles s’en va sous les branches

2
Les nuages prennent du champ les paroles
Passent à d’autres collines les pentes
Vers nous mènent leur troupeau de lavande
Le vent anime un débat dans les herbes
Et mon sang n’est qu’une soif très ancienne
Montant vers toi vers tes yeux cet instant
Ce frisson du feuillage où neigent les colombes

(Alain Lance)

 

Recueil: Temps criblé
Editions: Obsidiane et le temps qu’il fait

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Petite chanson pour le premier avril d’une fenêtre (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2016



Les filles rient aux fenêtres
pour humilier les pelouses,
arrondir les coins des arbres,
délacer la montagne.

Les filles chantent aux fenêtres
pour tatouer la nuit,
poudrer la mer,
enflammer la fourmi.

Les filles pleurent aux fenêtres
pour noyer la pluie…

(Edmond Jabès)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Il Fait Nuit (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2016



Il Fait Nuit

Tu t’en iras quand tu voudras
Le lit se ferme et se délace avec délices
comme un corset de velours noir
Et l’insecte brillant se pose sur l’oreiller
Éclate et rejoint le Noir
Le flot qui martèle arrive et se tait
Samoa la belle s’endort dans l’ouate
Clapier que fais-tu des drapeaux ? tu les roules dans boue
À la bonne étoile et au fond de toute boue
Le naufrage s’accentue sous la paupière
Je conte et décris le sommeil
Je recueille les façons de la nuit et je les range sur une étagère
Le ramage de l’oiseau de bois se confond
avec le bris des bouchons en forme de regard
N’y pas aller n’y pas mourir la joie est de trop
Un convive de plus à la table ronde dans la clairière de vert émeraude
et de heaumes retentissants près d’un monceau d’épées
et d’armures cabossées
Nerf en amoureuse lampe éteinte de la fin du jour
Je dors

(Robert Desnos)

Illustration: Théodore Chassériau

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :