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Posts Tagged ‘délaisser’

DE L’ISOLEMENT (Christine de Pisan)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2020




    
DE L’ISOLEMENT

Seulette suis et seulette veux être,
Seulette m’a mon doux ami laissée,
Seulette suis, sans compagnon ni maître,
Seulette suis, dolente et courroucée
Seulette suis, en langueur malaisée
Seulette suis, plus que nulle égarée,
Seulette suis, sans ami demeurée.

Seulette suis à la porte, en fenêtre,
Seulette suis en un coin bien murée,
Seulette suis pour moi de pleurs repaître,
Seulette suis, dolente ou apaisée,
Seulette suis, que rien tant ne m’agrée,
Seulette suis, en ma chambre enserrée,
Seulette suis, sans ami demeurée.

Seulette suis partout et en tout aître,
Seulette suis, que je marche ou je siée,
Seulette suis, plus que nul ne peut être,
Seulette suis, de chacun délaissée,
Seulette suis, durement abaissée,
Seulette suis, souvent toute éplorée,
Seulette suis, sans ami demeurée.

Envoi
Princes, or est ma douleur commencée
Seulette suis, de tout deuil menacée,
Seulette suis, plus sombre que nuitée,
Seulette suis, sans ami demeurée.

(Christine de Pisan)

 

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Que seront milliers d’amours vives (Lord Byron)

Posted by arbrealettres sur 8 février 2020


 


 

Atsushi Suwa - (23)

Que seront milliers d’amours vives

Préserve encor cette amour entière,
Ou brise la poitrine qui te presse.
Le Temps faiblit l’amour, mais ne la prive
De l’espoir enfui, qui la fait plus forte:
Oh! que seront milliers d’amours vives
Pour qui ne peut délaisser l’amour morte?

(Lord Byron)

Illustration: Atsushi Suwa

 

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Une fleur invisible (Yi Sang)

Posted by arbrealettres sur 28 octobre 2019




    
Une fleur invisible.
Une fleur parfumée.
Sa floraison embaume.

Je creuse là le trou de ma tombe.
Le trou de la tombe est invisible.
J’entre pour m’asseoir

dans le trou invisible de ma tombe.
Je m’y étends.

Mais encore, la fleur parfumée.
La fleur invisible.
Sa floraison embaume.

J’oublie, puis je creuse encore là
le trou de la tombe.
Le trou invisible de ma tombe.

L’invisible trou de la tombe,
soudainement, je délaisse la fleur,
j’entre. Et vraiment je m’y étends.

Ah ! Ah ! La fleur encore parfumée.
La fleur tout aussi invisible –
Invisible, cette fleur.

(Yi Sang)

 

Recueil: Cinquante poèmes – Les ailes
Traduction: Kim Bona
Editions: William Blake

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Paresseux morose (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2019




    
Paresseux morose
j’ai laissé passer
l’étoile et la rose
sans les regarder.

L’école des jours
instruit ses enfants :
« aimons-nous toujours,
mentons-nous souvent,

qui naît doit grandir
dans la déraison,
au mal du désir
pas de guérison ».

— Comprendre m’ennuie,
ces ruses, ces traits !
Le jeu de la vie
me trouve distrait.

A telle sagesse
je n’ai point de part,
je prends, je délaisse
au gré du hasard.

Derrière le voile
des métamorphoses
est-il une étoile,
est-il une rose?

(Henri Thomas)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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REVERBERATION (Georges Themelis)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2019


 


 

Ambrogio Antonio Alciati -il-convegno-ca1918

REVERBERATION

Mon visage n’est plus
Seul et désert
Comme délaissé dans l’ombre.

Mon visage est beau.

C’est parce que tu le vois beau qu’il est beau

C’est parce que ton visage
Le fait paraître beau, qu’il paraît beau.
Mon visage est beau, parce que mon visage
Reçoit et réfléchit ton visage.

(Georges Themelis)

Illustration: Ambrogio Antonio Alciati

 

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J’eusse aimé que tu me suives (Piero Bigongiari)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2018



 

feu-rouge

J’eusse aimé que tu me suives

Voulais-je que tu me suives, ou
que tu délaisses mes traces ? Au moment où
le feu est passé au rouge
j’ai traversé, voleur que pourchassaient
ses remords. J’ai laissé derrière moi
les grandes rues, j’ai filé par les sentiers
sans issue. Je me suis retrouvé
sur des ravins de soleil, et là, sur des pics
vertigineux, j’ai attendu
que les digues eussent calmé les eaux
troublées du coeur.

(Piero Bigongiari)

 

 

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ECCE HOMO (Frédéric Nietzsche)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2018




    
ECCE HOMO

Oui, je sais bien d’où je viens !
Inassouvi, comme la flamme,
J’arde pour me consumer.
Ce que je tiens devient lumière,
Charbon ce que je délaisse :
Car je suis flamme assurément !

(Frédéric Nietzsche)

 

Recueil: Le Gai Savoir
Traduction: Henri Albert
Editions: Gallica

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Toi le féminin (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Toi le féminin
Ne nous délaisse pas,
Qui n’est point douceur
Ne survivra pas.

(François Cheng)

 

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard

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Toi le féminin (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2018



Illustration: Luis Ricardo Falero 
    
Toi le féminin
Ne nous délaisse pas,
Hormis en ton sein,
Quel lieu pour renaître?

(François Cheng)

 

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard

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J’ai vu (Louise de Vilmorin)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018




J’ai vu plus d’un adieu se lever au matin,
J’ai vu sur mon chemin plus d’une pierre blanche,
J’ai vu parmi la ronce et parmi le plantain
Plus d’un profil perdu, plus d’un regard éteint
Et plus d’un bras, la nuit, que me tendaient les branches.

Par le calme et la pluie et le souffle du vent,
J’ai vu passer les mots qu’un baiser accompagne
J’ai vu ces baisers là s’en aller au couvent
Et dans le flot des lacs où le temps va, rêvant,
J’ai vu plus d’un noyé dont je fus la compagne.

J’ai vu tous mes regrets guetter mon avenir,
L’amour me délaisser pour une autre nature,
Mon coeur, mal estimé, de loin me revenir
Et ce coeur me rester pour battre ma mesure.

Ces mains, ces yeux, ces bras où passa mon destin,
Ces profils éperdus ne pesant plus une once,
Je les revois dans l’onde et l’arbre et le plantain
Et je vois mon destin dans l’entrelacs des ronces

(Louise de Vilmorin)

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