Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘délaisser’

Une fleur invisible (Yi Sang)

Posted by arbrealettres sur 28 octobre 2019




    
Une fleur invisible.
Une fleur parfumée.
Sa floraison embaume.

Je creuse là le trou de ma tombe.
Le trou de la tombe est invisible.
J’entre pour m’asseoir

dans le trou invisible de ma tombe.
Je m’y étends.

Mais encore, la fleur parfumée.
La fleur invisible.
Sa floraison embaume.

J’oublie, puis je creuse encore là
le trou de la tombe.
Le trou invisible de ma tombe.

L’invisible trou de la tombe,
soudainement, je délaisse la fleur,
j’entre. Et vraiment je m’y étends.

Ah ! Ah ! La fleur encore parfumée.
La fleur tout aussi invisible –
Invisible, cette fleur.

(Yi Sang)

 

Recueil: Cinquante poèmes – Les ailes
Traduction: Kim Bona
Editions: William Blake

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Paresseux morose (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2019




    
Paresseux morose
j’ai laissé passer
l’étoile et la rose
sans les regarder.

L’école des jours
instruit ses enfants :
« aimons-nous toujours,
mentons-nous souvent,

qui naît doit grandir
dans la déraison,
au mal du désir
pas de guérison ».

— Comprendre m’ennuie,
ces ruses, ces traits !
Le jeu de la vie
me trouve distrait.

A telle sagesse
je n’ai point de part,
je prends, je délaisse
au gré du hasard.

Derrière le voile
des métamorphoses
est-il une étoile,
est-il une rose?

(Henri Thomas)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

REVERBERATION (Georges Themelis)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2019


 


 

Ambrogio Antonio Alciati -il-convegno-ca1918

REVERBERATION

Mon visage n’est plus
Seul et désert
Comme délaissé dans l’ombre.

Mon visage est beau.

C’est parce que tu le vois beau qu’il est beau

C’est parce que ton visage
Le fait paraître beau, qu’il paraît beau.
Mon visage est beau, parce que mon visage
Reçoit et réfléchit ton visage.

(Georges Themelis)

Illustration: Ambrogio Antonio Alciati

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

J’eusse aimé que tu me suives (Piero Bigongiari)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2018



 

feu-rouge

J’eusse aimé que tu me suives

Voulais-je que tu me suives, ou
que tu délaisses mes traces ? Au moment où
le feu est passé au rouge
j’ai traversé, voleur que pourchassaient
ses remords. J’ai laissé derrière moi
les grandes rues, j’ai filé par les sentiers
sans issue. Je me suis retrouvé
sur des ravins de soleil, et là, sur des pics
vertigineux, j’ai attendu
que les digues eussent calmé les eaux
troublées du coeur.

(Piero Bigongiari)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

ECCE HOMO (Frédéric Nietzsche)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2018




    
ECCE HOMO

Oui, je sais bien d’où je viens !
Inassouvi, comme la flamme,
J’arde pour me consumer.
Ce que je tiens devient lumière,
Charbon ce que je délaisse :
Car je suis flamme assurément !

(Frédéric Nietzsche)

 

Recueil: Le Gai Savoir
Traduction: Henri Albert
Editions: Gallica

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | 2 Comments »

Toi le féminin (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Toi le féminin
Ne nous délaisse pas,
Qui n’est point douceur
Ne survivra pas.

(François Cheng)

 

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in méditations, photos | Tagué: , , , , | Leave a Comment »

Toi le féminin (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2018



Illustration: Luis Ricardo Falero 
    
Toi le féminin
Ne nous délaisse pas,
Hormis en ton sein,
Quel lieu pour renaître?

(François Cheng)

 

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , | Leave a Comment »

J’ai vu (Louise de Vilmorin)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018




J’ai vu plus d’un adieu se lever au matin,
J’ai vu sur mon chemin plus d’une pierre blanche,
J’ai vu parmi la ronce et parmi le plantain
Plus d’un profil perdu, plus d’un regard éteint
Et plus d’un bras, la nuit, que me tendaient les branches.

Par le calme et la pluie et le souffle du vent,
J’ai vu passer les mots qu’un baiser accompagne
J’ai vu ces baisers là s’en aller au couvent
Et dans le flot des lacs où le temps va, rêvant,
J’ai vu plus d’un noyé dont je fus la compagne.

J’ai vu tous mes regrets guetter mon avenir,
L’amour me délaisser pour une autre nature,
Mon coeur, mal estimé, de loin me revenir
Et ce coeur me rester pour battre ma mesure.

Ces mains, ces yeux, ces bras où passa mon destin,
Ces profils éperdus ne pesant plus une once,
Je les revois dans l’onde et l’arbre et le plantain
Et je vois mon destin dans l’entrelacs des ronces

(Louise de Vilmorin)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’HEURE EXQUISE (Bernard Bailly)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2018



L’HEURE EXQUISE

C’est l’heure où les filles
Vont sous les charmilles
Peaufiner un rêve
Qui ne finit pas.

C’est l’heure où les lèvres
Connaissent la fièvre
Des longs baisers bleus
Sous les catalpas.

C’est l’heure où les roses
Se métamorphosent
En chansons d’amour
Qui finissent bien.

C’est l’heure où l’archange
Plane dans l’étrange :
Délaissant les cieux
Il tombe amoureux !

Un parfum miellé
Envahit la brise.
Tilleul ou laurier?
Voici l’heure exquise !

(Bernard Bailly)

Illustration: Antonio Canova

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LES GAS ET LES FILLES (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2018



Illustration: Paul Rubens 
    
LES GAS ET LES FILLES

En leurs cotillons de futaine
Qui flottent et claquent au vent,
Les filles s’en vont, en rêvant,
Laver le linge à la fontaine…
Et, sous les couchants au front d’or,
Les gâs, en chantant leur romance,
Jettent le grain de la semence
Au sein de la glèbe qui dort.

De quoi rêvent les filles ?
— Des gâs !
Et que chantent les gâs ?
— Les filles!

Timides, sous leurs coiffes blanches,
Et prises de vagues espoirs,
Les filles aux lourds chignons noirs
S’en vont danser, les beaux dimanches ;
Et les gâs, entendant gémir
La viole aux voix caressantes,
Au plus profond de leur chair sentent
L’énervant frisson du désir.

Que souhaitent les filles ?
— Les gâs !
Et que veulent les gâs ?
— Les filles !

Les soirs, parmi les landes pleines
De l’encens fauve des genêts,
Les filles jettent leurs bonnets
Par dessus les moulins des plaines.
Et les gâs, en l’ombre des bois
Où tremblotte la lune rose,
S’en vont cueillir la fleur éclose
Qui ne se cueille qu’une fois.

Qui fait fauter les filles ?
— Les gâs !
Et qui pousse les gâs ?
— Les filles !

Par les prés où dorment les songes
Les filles vont à pas dolents,
Portant l’Ennui dans leurs seins blancs
Et sur leurs lèvres des Mensonges ;
Et les gâs vont suivant leur cœur
Qui, dans sa course vagabonde
Leur fait faire, avec brune ou blonde,
Les étapes de la douleur.

Qui délaisse les filles ?
— Les gâs !
Et qui trompe les gâs ?
— Les filles !

Les filles vont ; traînant leurs peines,
Le front morne et les yeux rougis,
Au bas des calvaires où gît
L’amant divin des Madeleines ;
Et les gâs, qui ne veulent plus
De l’amour retenter l’épreuve,
S’en vont se jeter dans le fleuve,
Ou s’étrangler sur les talus…

Qui fait pleurer les filles ?
— Les gâs !
Et trépasser les gâs ?
— Les filles !…

(Gaston Couté)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :