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Posts Tagged ‘délicatement’

Le chat blanc (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2019



cartoon doodle illustration of kitten and mouse for coloring book

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Le chat blanc

Un petit chat blanc
qui faisait semblant
d’avoir mal aux dents
disait en miaulant :
« Souris mon amie
j’ai bien du souci.
Le docteur m’a dit :
– Tu seras guéri
si entre tes dents
tu mets un moment,
délicatement,
la queue d’une souris ».
Très obligeamment
souris bonne enfant
s’approcha du chat
qui se la mangea.

Moralité :
Les bons sentiments
ont l’inconvénient
d’amener souvent
de graves ennuis
aux petits enfants
comme-z-aux souris.

(Claude Roy)

 

 

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Ah les pauvres fleurs (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2018



Ah les pauvres fleurs dans les parterres des jardins ordonnés.
On dirait qu’elles ont peur de la police…
Mais si vraies qu’elles fleurissent de la même façon
Et ont le même coloris ancien
Qu’elles eurent en liberté sous le premier regard du premier homme
Qui les vit déjà écloses et les effleura délicatement
Pour les voir avec les doigts également.

(Fernando Pessoa)

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Double accès séquentiel (Linda Maria Baros)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018



Illustration: Konstantin Razumov
    
Double accès séquentiel

Au début, on cherche une paire d’yeux
et on y enfonce ses regards.
Peut-être que là-bas, dans les profondeurs,
il y a quelqu’un qui aboie,
tranche les têtes, tire les cordages.

On prend ensuite une paire de lèvres
et on dessine leur contour,
délicatement, avec le bout de la langue.

Puis, une paire de bras
qui ressemblent à quelques ailes endormies,
qui, tangentiels, par-dessus tes épaules,
sont en train de s’arquer.

Et à tout cela s’ajoutent la paire d’yeux,
la paire de lèvres, d’ailes endormies,
de cuisses, qui sont tiennes.

S’y ajoute ainsi, paire et sans paire, tout le reste,
jusqu’à ce qu’on arrive à une paire de coeurs.
qu’à ce qu’on arrive à se retrouver soi-même.

(Linda Maria Baros)

 

Recueil: L’Ardeur ABC poétique du vivre plus
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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« NE M’OUBLIEZ PAS » (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018



    

« NE M’OUBLIEZ PAS »
J. Shuin-Ling

Ces fleurs délicatement bleues, l’an dernier,
Elle-même les attacha au cordonnet de soie qui boutonne ma robe ;

Et elle me dit : « Souvenez-vous du nom de cette fleur, nous l’appelons : Ne m’oubliez pas.
« Il y a un secret entre nous deux, gardons-le bien et n’oublions ni l’un ni l’autre. »

Les Ne m’oubliez pas, cette année,
Refleurissent, aussi charmants que la saison dernière.

Où est celle qui m’a donné ces fleurs ?…
Le parfum léger, dont ma manche est imprégnée,
c’est tout ce qu’il me reste, à présent !..

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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La Vive Flamme d’amour (Saint Jean de la Croix)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2018




    
La Vive Flamme d’amour

I

Ô vive flamme d’amour,
Qui frappez délicatement
Le plus profond centre de mon âme,
Puisque vous ne m’êtes plus fâcheuse,
Achevez, s’il vous plaît, votre ouvrage ;
Rompez le voile de cette douce rencontre.

II

Ô cautère agréable !
Ô délicieuse plaie !
Ô main douce ! ô délicat attouchement !
Qui a le goût de la vie éternelle,
Qui paie toutes mes dettes !
En faisant mourir, vous avez changé la mort en la vie.

III

Ô flambeau de feu !
Dont les splendeurs
Éclairant les profondes cavernes
Du sens obscurci et aveuglé,
Dans ses excellences extraordinaires,
Donnent tout ensemble de la chaleur et de la lumière à son bien-aimé.

IV

Avec combien de douceur et d’amour
Vous éveillez-vous dans mon sein
Où vous demeurez seul en secret !
Dans votre douce aspiration,
Pleine de biens et de gloire,
Que vous m’enflammez agréablement de votre amour!

***

I

O llama de amor viva,
Que tiernamente hieres
De mi aima en et mas profundo centro :
Pues ya no eres esquiva,
Acaba ya, si quieres,
Rompe la tela deste dulce encuentro.

II

O cauterio suave !
O regalada plaga !
O mano blanda ! ô toque delicado !
Que à vida etema sabe,
Y toda deuda paga,
Malando, muerte en vida lo has trocado.

III

O lâmparas de fuego !
En cuyos resplandores
Las profundas cavernas del senlido,
Que estava escuro, y ciego,
Con estraños primores
Calor y luz dan junto à su querido.

IV

Quan manso y amoroso
Recuerdas en mi seno,
Donde secretamente solo moras,
Y en tu aspirar subroso,
De bien y gloria Ileno
Quan delicadamente me enamoras !

(Saint Jean de la Croix)

http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/carmel/jeandelacroix/jeandelacroix07.htm#_Toc134005195

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Des refrains de simples couplets (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2017



Illustration: Andrzej Malinowski

    

Des refrains de simples couplets

Des refrains de simples couplets
Flottent là-bas, à la dérive…
Délicatement sensitive
Ton âme est pleine de reflets.

Dans l’ombre, parmi les accords
Et les souffles de tubéreuse,
Resplendit, ô vierge amoureuse !
La flamme blanche de ton corps…

(Renée Vivien)

 

Recueil: Dans un coin de violettes
Editions: E. SANSOT & Cie

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Un morceau de bois échoué au pied de la dune (Ishikawa Takuboku)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2017



 

Un morceau de bois échoué au pied de la dune
Un coup d’oeil alentour
j’essaie de lui dire quelques mots

Comme le pauvre chant de cet insecte
on ne sait où
ce jour encore sans réconfort

Comme les joues brûlantes contre la neige
délicatement rassemblée
j’aimerais aimer

Sans raison
l’envie de courir à travers les prés
à bout de souffle

Mon ami, ne sois pas dégoûté
par les mendiants
J’étais comme eux quand j’avais faim

Il ne se passe rien
je prends aisément du poids
certainement quelque chose me manque

(Ishikawa Takuboku)

Découvert ici chez Lecture/Ecriture

Illustration

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PUDEUR (Juana de Ibarbourou)

Posted by arbrealettres sur 19 septembre 2016



PUDEUR

I.

Vous et moi, devant la face bleue de safre
De cette féerique après-midi,

Les mots restent noués, immobiles
Dans nos gorges d’adolescents émus.

Tout orange, le temps coule délicatement
A nos pieds,
Murmure, chuchote, rit, se tait,

Une rose fraîcheur tombe sur nos épaules
Prises dans les fines dentelles de la pudeur.

Tremblants, nous ne savons que faire
Des rêves enfermés dans nos mains.

II.

Fermons nos yeux, laissons le mystère du silence
Révéler au jour, dans la langue des dieux,
L’innocente poésie de nos âmes.

Que le soleil pur à la lumière d’or
Frôle nos cils
Pour rendre plus profonds nos regards !

Que les fioles des heures, pleines de couleurs,
Irisent et enluminent nos vies !

Ecoutons les chants que tissent
Avec tant de passion rouge
Les fleurs des lauriers-roses
Et les ailes joyeuses des oiseaux.

III.

Ainsi, avec les doux bruits de l’air
Et des herbes, à l’ombre des allées ouvertes sur l’infini,
S’écrit le livre essentiel de chaque cœur.

Ah, tous ces mots tus
Qui disent si clairement et avec tant de précision,
L’invisible désormais, l’impalpable empire
De l’amour.

***

PUDOR

I

Tu y yo, delante del rostro azul de safre
de esta tarde mágica.

Las palabras quedan anudadas, inmóviles
en nuestras gargantas de adolescentes conmovidos.

Aloque, el tiempo se hunde delicadamente
a nuestros pies,
murmura,, susurra , ríe, calla.

Una rosa fresca cae sobre nuestros hombros
asidos en los finos encajes del pudor.

Temblorosos, no sabemos que hacer,
los sueños se aprisionan en nuestras manos.

II

Cerremos nuestros ojos, dejemos el misterio del silencio
revelar al día, en la lengua de los dioses,
La poesía inocente de nuestras almas.

¡ Que el sol puro a la luz de oro
roce con nuestras pestañas
haciendo más profundas nuestras miradas!

¡ Qué los frascos de las horas, plenos de colores,
irisen e iluminen nuestras vidas!

Escuchemos los cantos que tejan
con tanta pasión roja
las flores de las adelfas
y las alegres alas de las aves.

III.

Así, con el dulce sonido del aire
yde las hierbas, a la sombra de las alamedas abiertas sobre el infinito,
se escribe el libro esencial de cada corazón.

Oh, todas estas palabras calladas
que dicen tan claramente y con tanta precisión,
el invisible, impalpable imperio
del amor.

(Juana de Ibarbourou)

Illustration: Fabienne Contat

 

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« NE M’OUBLIEZ PAS » (J. Shuin-Ling)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2016



« NE M’OUBLIEZ PAS »

Ces fleurs délicatement bleues, l’an dernier,
Elle-même les attacha au cordonnet de soie qui boutonne ma robe ;
Et elle me dit : « Souvenez-vous du nom de cette fleur, nous l’appelons : Ne m’oubliez pas.
« Il y a un secret entre nous deux, gardons-le bien et n’oublions ni l’un ni l’autre. »
Les Ne m’oubliez pas, cette année,
Refleurissent, aussi charmants que la saison dernière.
Où est celle qui m’a donné ces fleurs ?…
Le parfum léger, dont ma manche est imprégnée,
c’est tout ce qu’il me reste, à présent !..

(J. Shuin-Ling)

Illustration

 

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Le tilleul devant la fenêtre (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2016



Le tilleul devant la fenêtre
est le maître que je me suis choisi pour écrire
et dont je sais d’avance que je ne pourrai l’égaler :
même les plus grands écrivains n’ont jamais écrit
avec autant de grâce que cet arbre
inscrivant délicatement la lumière et l’ombre
sur chacune de ses feuilles,
et renouvelant son inspiration
à chaque seconde.

(Christian Bobin)

 

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