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Posts Tagged ‘délicatesse’

L’amour est le miracle (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2022



L’amour est le miracle d’être un jour entendu jusque dans nos silences,
et d’entendre en retour avec la même délicatesse.

(Christian Bobin)

Illustration: Rémy Disch

 

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Soudain, avec une délicatesse, une pureté indicible… (Frédéric Nietzsche)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2022



 

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Soudain, avec une délicatesse, une pureté indicible,
une chose apparaît, se fait entendre, vous émeut et bouge jusqu’au fond de vous-même.
On écoute, on ne cherche plus ; on accepte sans s’informer du donateur;
une pensée brûle en un éclair, s’impose comme une nécessité,
ne vous laisse aucune hésitation sur la forme où il convient de l’exprimer : je n’ai jamais eu le choix.

C’est une extase dont la tension formidable se dissout parfois en un fleuve de larmes,
pendant que le pas instinctivement se ralentit ou s’accélère.
On se sent ravi, hors de soi, on garde seulement conscience d’une source inépuisable de frissons subtils
et de ruissellements qui vous parcourt jusqu’aux orteils.

C’est un abîme d’extase si profond que la douleur et la tristesse ne font plus l’effet de forces hostiles,
mais paraissent une condition requise, une nuance toute nécessaire par cette abondance de lumière.
On ressent instinctivement les grands rythmes qui embrassent les immenses espaces où bougent les formes ;
l’amplitude de l’oscillation, le besoin d’un rythme large semble être la mesure d’une semblable inspiration,
une espèce de contrepoids à sa pression et à sa tension.

Tout cela involontaire au premier abord,
semble entraîné par une rafale de liberté, d’indépendance, de puissance, de divinité.
Ce qui est le plus remarquable, c’est la qualité involontaire de l’image et des symboles.
Tout se donne à vous comme l’expression la plus proche, la plus juste, la plus simple.
Il semble en vérité, pour reprendre les paroles de Zarathoustra,
que les choses s’approchent d’elles-mêmes et viennent s’offrir à vous servir d’images…

(Frédéric Nietzsche)

Illustration: Duy Huynh

 

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UNE PLANTE (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2021



Illustration
    
UNE PLANTE

Elle pressent que se dissipent les images
et qu’une plante naît dans un vase absent,
sur la joie simple d’une table blanche
où s’étiolent la délicatesse et la fraîcheur.
Avec de minuscules mains elle arrose le petit corps,
simple indice d’un printemps fragile.
Comme elle adore cette paupière de terre!
Elle a ceint le temps d’un arc de silence
et son chant rend la maison transparente.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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Avec douceur et délicatesse (Ingeborg Bachmann)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2021




    
Avec douceur et délicatesse

Quand cela ne fait que commencer commencer,
avec douceur et délicatesse,

Le voyez-vous amis, ne
le voyez-vous pas ? car

qui voudrait vivre, sans avoir
à respirer, la voile noire toujours hissée

Qui voudrait vivre
sans avoir à respirer,
la voile noire toujours hissée.

le jour seulement une nuit
la nuit seulement jour,
quand tout s’en va et
ne vient plus et
ne viendra jamais plus.

***

Mild und leise

Wenns auch nur anhebt
anhebt, mild und leise,

Seht ihr’s Freunde, seht
ihr’s nicht? denn

wer möchte leben,
wenn er zu Atmen
nicht hat, das schwarze
Segel immer aufgezogen

Wer möchte leben
wenn er nicht zu Atmen hat,
das schwarze Segel immer aufgezogen.
den Tag nur eine Nacht
die Nacht nur Tag,
wenn alles geht und
nicht mehr kommt und
nie mehr kommen wird.

(Ingeborg Bachmann)

Recueil: Toute personne qui tombe a des ailes
Traduction: de l’allemand (Autriche) Françoise Rétif
Editions: Gallimard

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Le Rat de ville et le Rat des champs (Isaac de Benserade)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2020



Illustration    
    
Le Rat de ville et le Rat des champs.

Le rat de ville était dans la délicatesse ;
Le rat des champs vivait dans la simplicité ;
L’un avait plus de politesse ;
L’autre était en sûreté.

Il n’est point de plaisir où la crainte se trouve ;
Riches, c’est ce qu’ici ce rat sensé vous prouve :
Liberté, vous dit-il, repos et sûreté,
Sont des biens qu’on ne voit que chez la pauvreté.

(Isaac de Benserade)

 

Recueil: Fables
Traduction:
Editions:

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Raconte-moi tout (Patrizia Cavalli)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2018



 

Abrishami, Hessam_bn

Raconte-moi tout

Mais s’il te plaît avec délicatesse
raconte-moi tout
même ta tristesse.

(Patrizia Cavalli)

Illustration: Abrishami Hessam

 

 

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Ce premier flocon (Bernard Montini)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2018



Ce premier flocon
qui disparaît en silencieuse délicatesse
sur le banc du square
c’était peut-être lui

(Bernard Montini)


Illustration

 

 

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Navigateur solitaire (Horacio Castillo)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2018



 

Navigateur solitaire

À présent, chaque mille que je naviguerai vers l’ouest
m’éloignera de tout. Pas le moindre signe
de vie : ni poissons, ni oiseaux, ni sirènes,
ni cafard zigzaguant sur la couverture.
Seulement l’eau et le ciel, l’horizon détruit,
la mer, qui chante toujours comme moi la même chanson.
Ni poissons, ni oiseaux, ni sirènes,
ni cette étrange conversation sur la sentine
que perçoit l’oreille aux heures de calme.
Seulement l’eau et le ciel, le roulis du temps.
La nuit, l’étoile Achernar apparaît sur la proue;
entre les haubans, Aldébaran; à tribord,
un peu plus haut que l’horizon,
le Bélier. Alors je me rends, je dors. Et le néant,
avec délicatesse, vient manger dans ma main.

(Horacio Castillo)

Découvert chez Lara ici

 

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JE TUE LE TEMPS (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2018




    
JE TUE LE TEMPS

Je tue le temps en taillant dans la houille.
Engorgé je me débarrasse ou j’essaie.

Je tue le temps au vin rouge, à la délicatesse,
à la franche gaieté, à la morale,
à l’excès de zèle, à qui perd gagne, à la boussole,
avec un miroir d’emprunt,
avec un regard farouche,
avec un sourire componctueux,
avec une envie de pleurer.

Je tue le temps à creuse rêverie,
avec un marteau-piqueur, avec un petit flageolet,
avec une superbe convoitise,
avec une raillerie épaisse,
en toute bonne foi, avec un mil en coin,
avec les discours habituels, avec des mots écrits,
avec du vent.
Je n’approche pas du recours imaginé.

Je tue le temps. Je taille en suffoquant, j’essaie.

Je tue le temps. Si un faucon au poing j’allais,
je saurais faire.

(André Frénaud)

 

Recueil: Il n’y a pas de paradis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Fin de journée (Anne-Lise Blanchard)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2018



Fin de journée

Je tire mes rideaux
sur la pierre précieuse
que fut cette journée
bruissante
de braises perdues
d’éclaircies
de rires d’enfants

Je laisse venir
l’apaisement
du silence
le sourire
qu’avec délicatesse
me restituent
mes anges gardiens

(Anne-Lise Blanchard)

Découvert ici: http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr/

Illustration: Paul Klee

https://arbreaphotos.wordpress.com/2016/07/03/03072016-exposition-klee-au-centre-beaubourg/

 

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