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Poésie

Posts Tagged ‘délices’

Quand je te vis (Andrée Sodenkamp)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2017



Quand je te vis, je sus, qu’engourdi du voyage
Tu n’étais, Bien-Aimé, pas encor revenu.
Tu rapportais chez nous ton poids de paysages
Et pailletés de froid, des objets saugrenus.

Mais où était resté cet amant sans raison,
Celui qui seul gémit, la nuit, sous les délices?
Mes doigts suivaient encor des courbes d’horizon
Sur ton front détourné et sur ta lèvre triste.

Tu ramenais sur toi l’odeur de l’étrangère,
Des songes entêtés te faisaient les yeux las.
Mon âme est bien rangée en la vie coutumière,
Et mes pas mesurés te blessaient comme un glas.

Ensemble nous pleurions sur ton désir perdu,
Et mon corps quelquefois plaisait à ton malheur.
Tu caressais ton rêve, au hasard d’un sein nu,
Sur ma bouche, le soir, tu te mordais le cœur.

(Andrée Sodenkamp)

Découvert ici chez Lecture/Ecriture

Illustration: Arthur Hughes

 

 

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Immense monde (William Blake)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2017



Ne comprends-tu pas que le moindre
oiseau qui fend l’air
est un immense monde de délices fermé
par tes cinq sens.

(William Blake)

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Dans sa bibliothèque silencieuse (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2016



 

Dans sa bibliothèque silencieuse
un vieil homme prend un livre
glisse sa main entre les pages

caresse
comme ferait un aveugle
le très léger relief des caractères sur les feuilles.

Délices du toucher, que va tuer la numérisation.

Un vieil homme semblable à lui
déroulait doucement un rouleau, voici des siècles.

Il déplorait la brutalité rectangulaire
de ce nouveau venu : le livre.

(Marie-Claire Bancquart)

 

 

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Sur la terre où les jours se confondent (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2016



 

Sur la terre où les jours se confondent,
tremblant de revoir une fleur,
j’écrase le sang de mon coeur
dans les dures parois de ce monde.

J’abandonne à la nuit les délices
près des bords entrevus les yeux clos;
pour maîtriser le temps qui glisse,
le sable est semé de pavots.

A demain, tendre jour, à demain!
Reste jeune en dormant sous la rive
j’emporte la flamme encor vive
à l’abri de mes fidèles mains.

Voyageur avare et rétif,
le front sur le flot qui s’approche,
je cherche le pays des roches,
des derniers grondements captifs.

(Jean Tardieu)

Illustration: Jim Warren

 

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Quand viendra celui qui sème les chemins de délices ? (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2016



Quand viendra celui qui sème les chemins de délices ?
Il est le corps véritable, le corps qui sait respirer avec ce qui nous manque,
celui qui meurt pour que tout soit finalement dit.

Merveille du destin, rumeur de toutes les rumeurs,
abri impondérable, légèreté d’un très pur sein aérien.

Il vient du fond des temps toutes ses branches ouvertes.

(António Ramos Rosa)

Illustration: Danielle Decollonge

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La bouche (Marie Nizet)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2016



Ni sa pensée, en vol vers moi par tant de lieues,
Ni le rayon qui court sur son front de lumière,
Ni sa beauté de jeune dieu qui la première
Me tenta, ni ses yeux – ces deux caresses bleues;

Ni son cou ni ses bras, ni rien de ce qu’on touche,
Ni rien de ce qu’on voit de lui ne vaut sa bouche
Où l’on meurt de plaisir et qui s’acharne à mordre,

Sa bouche de fraîcheur, de délices, de flamme,
Fleur de volupté, de luxure et de désordre,
Qui vous vide le coeur et vous boit jusqu’à l’âme…

(Marie Nizet)

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QUE L’EAU TOMBE GOUTTE A GOUTTE… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 3 mai 2015



QUE L’EAU TOMBE GOUTTE A GOUTTE…

Que l’eau tombe goutte à goutte
Dans les paumes de la nuit,
Et nous disons : Solitude,
Remords, Enfance immolée,
Quand c’est en langage d’eau
Des choses d’eau qui se disent,
Des choses d’eau qui se font.

Que le vent froisse soudain
La ramée de nos épaules,
Et nous disons : Prophétie,
Imminence du verdict,
Quand c’est une gerbe d’air
Qui se défait dans la vasque
Desséchée de l’univers.

Pas de danger que les choses
De leur côté s’imaginent
De prendre pour alphabet
Nos piètres métamorphoses !
Elles nous diraient plutôt
De boire nos propres larmes
Pour retarder notre soif ;

Elles nous diraient plutôt
De prendre garde au langage,
Aux avances qu’il nous fait
D’un royaume ou d’un exil,
Comme on fera d’un miroir
A nos lèvres bleuissantes
A l’heure de notre mort ;

Elles nous diraient plutôt
De faire des choses d’homme,
De vin rouge et de pain blanc,
Et d’oser ce que nous sommes
Dans le chantier des vivants,
Pendant que Dieu s’abandonne
Aux délices du néant.

(Jean Rousselot)

Illustration: Corrie White (extraordinaires images de gouttes)

 

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