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Choses qui font battre le coeur (Sei Shōnagon)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2018



 

Oisillon-moineau-friquet

Choses qui font battre le coeur

Des moineaux qui nourrissent leurs petits.
Se coucher seule dans une chambre délicieusement parfumée d’encens
S’apercevoir que son miroir de Chine est un peu terni.
Une nuit où l’on attend quelqu’un.
Tout à coup, on est surpris par le bruit de l’averse que le vent jette contre la maison.

(Sei Shōnagon)

Découvert chez Lara ici

Illustration

 

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Chant d’amour du prince Magari (Magari)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018



 

femme asiatique

Chant d’amour du prince Magari

Dans le pays des huit îles
Je cherchais vainement une femme
Lorsque dans Kasuga
Au ciel printanier
J’appris qu’il était
Une jolie fille,
J’appris qu’il était
Une fille accomplie.
Je poussai et ouvris
La porte de planches de cyprès
Au bois magnifique.
Et j’entrai.
Je la pris par les pieds,
Je pris mon épouse.
Je la pris par la tête.
Je pris mon épouse.
Alors les bras de mon aimée
S’enroulèrent autour de moi
Mes bras aussi
Entourèrent ma bien-aimée.
De nos bras comme des lianes
S’enlaçant nous nous unîmes
Nous dormîmes délicieusement
Jusqu’à ce que le coq
chantât dans la cour!
« C’est un oiseau dans la lande
Un faisan qui chante! »
Avant que j’aie pu dire
Tout ce que je voulais de tendre,
Le jour était arrivé… O bien-aimée!

(Magari)

 

 

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SONNET (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2018



Illustration: Konstantin Razumov

    

SONNET

Je ne vous ferai pas de vers,
Madame, blonde entre les blondes,
Vous réduiriez trop l’univers,
Vous seriez reine sur les mondes.

Vos yeux de saphir, grands ouverts,
Inquiètent comme les ondes
Des fleuves, les lacs et des mers
Et j’en ai des rages profondes.

Mais je suis pourtant désarmé
Par la bouche, rose de mai,
Qui parle si bien sans parole,

Et qui dit le mot sans pareil,
Fleur délicieusement folle
Éclose à Paris, au soleil.

(Charles Cros)

 

Recueil: Le Collier de griffes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Avec mes sens, avec mon coeur … (Emile Verhaeren)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2017



Illustration: Félix Vallotton
    
Avec mes sens, avec mon coeur …

Avec mes sens, avec mon coeur et mon cerveau,
Avec mon être entier tendu comme un flambeau
Vers ta bonté et vers ta charité
Sans cesse inassouvies,
Je t’aime et te louange et je te remercie
D’être venue, un jour, si simplement,
Par les chemins du dévouement,
Prendre, en tes mains bienfaisantes, ma vie.

Depuis ce jour,
Je sais, oh ! quel amour
Candide et clair ainsi que la rosée
Tombe de toi sur mon âme tranquillisée.

Je me sens tien, par tous les liens brûlants
Qui rattachent à leur brasier les flammes ;
Toute ma chair, toute mon âme
Monte vers toi, d’un inlassable élan ;
Je ne cesse de longuement me souvenir
De ta ferveur profonde et de ton charme,
Si bien que, tout à coup, je sens mes yeux s’emplir,
Délicieusement, d’inoubliables larmes.

Et je m’en viens vers toi, heureux et recueilli,
Avec le désir fier d’être à jamais celui
Qui t’est et te sera la plus sûre des joies.
Toute notre tendresse autour de nous flamboie ;
Tout écho de mon être à ton appel répond ;
L’heure est unique et d’extase solennisée
Et mes doigts sont tremblants, rien qu’à frôler ton front,
Comme s’ils y touchaient l’aile de tes pensées.

(Emile Verhaeren)

Découvert ici: https://petalesdecapucines.wordpress.com/

 

 

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Mon très cher petit Lou je t’aime (Guillaume Apollinaire)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2017



Klimt ; Nu de jeune fille, couché sur le côté gauche, 1914-1915

 

Mon très cher petit Lou je t’aime
Ma chère petite étoile palpitante je t’aime
Corps délicieusement élastique je t’aime
Vulve qui serre comme un casse-noisette je t’aime
Sein gauche si rose et si insolent je t’aime
Sein droit si tendrement rosé je t’aime
Mamelon droit couleur de champagne non champagnisé je t’aime
Mamelon gauche semblable à une bosse du front d’un petit veau qui vient de naître je t’aime
Nymphes hypertrophiées par tes attouchements fréquents je vous aime
Fesses exquisément agiles qui se rejettent bien en arrière je vous aime
Nombril semblable à une lune creuse et sombre je t’aime
Toison claire comme une forêt en hiver je t’aime
Aisselles duvetées comme un cygne naissant je vous aime
Chute des épaules adorablement pure je t’aime
Cuisse au galbe aussi esthétique qu’une colonne de temple antique je t’aime
Oreilles ourlées comme de petits bijoux mexicains je vous aime
Chevelure trempée dans le sang des amours je t’aime
Pieds savants pieds qui se raidissent je vous aime
Reins chevaucheurs reins puissants je vous aime
Taille qui n’a jamais connu le corset taille souple je t’aime
Dos merveilleusement fait et qui s’est courbé pour moi je t’aime
Bouche Ô mes délices ô mon nectar je t’aime
Regard unique regard-étoile je t’aime
Mains dont j’adore les mouvements je vous aime
Nez singulièrement aristocratique je t’aime
Démarche onduleuse et dansante je t’aime
Ô petit Lou je t’aime je t’aime je t’aime.

(Guillaume Apollinaire)

 Illustration: Gustav Klimt

 

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De l’extérieur (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2016



De l’extérieur

Vendredi. La séance au Fox
resplendit de gens comme il faut.
Mais moi je reste à l’extérieur.
C’est que l’argent me fait défaut.

Rien qu’aujourd’hui? ou la semaine?
Le mois entier? J’ai échangé
mes livres pour quelques billets:
c’étaient les doigts, non les anneaux.

Mais pas assez pour voir le film
de Theda Bara l’ophidienne.
Qu’importe le film? L’important
c’est la ciguë de cet instant.

La donzelle de mes pensers
mais qui à moi pense si peu,
surgit, camélia souriant.
Moi, je joue à l’indifférent.

Entre, nuage coloré,
entre, musique faite corps.
À peine me sait-elle ici,
raide, maigre, droit comme un I.

Elle ne me voit, ni ne me
verra. Chaque soyeux pétale
de son ensemble naturel
me fait délicieusement mal.

Ça n’a aucun sens, ou bien trop,
d’attendre deux heures durant
qu’elle sorte du cinéma
comme un poème sort de moi.

Tortueuse leçon, j’apprends
à jouir de la douleur des choses.
Ce qu’elle a vu, intrigue, écran,
ne vaut ce à quoi je m’amuse,

le jeu lancinant qui consiste
à penser en vain à ma dame,
de l’extérieur, de ce côté
qui demeurera du passé

et qui vit encore: pouvoir
de sentir, plus que le vécu,
ce qui pouvait avoir été,
ce qui est, sans être jamais.

(Carlos Drummond de Andrade)

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Cette chose vaut ce que l’on vaut (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2016



Cette chose vaut ce que l’on vaut.
Elle n’est que plaisir pour la plupart des êtres
Elle n’est que la limite de ce qu’ils sont
Mais, toi, refuse ce nom vil de jouissance
A ce drame d’une recherche
A ce combat pour l’Unité
Qui veut qu’un corps et au autre corps
Composent l’oeuvre d’un frisson
Où pour le commun des mortels tout s’achève
L’amour expire à cet éclair de leur chair vive délivrée
Ils font semblant de mourir bienheureux
Mais autre que je suis et que je songe que tu sois
Mon esprit trouve au seuil la lueur
Qui illumine la perfection de la Tendresse
Ô seule manière de pleurer délicieusement ensemble
Sur cette même détresse : EXISTER

(Paul Valéry)

Illustration: Pascal Renoux

 

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O, si chère (Stéphane Mallarmé)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2016



O, si chère de loin …

O si chère de loin et proche et blanche, si
Délicieusement toi, Mary, que je songe
À quelque baume rare émané par mensonge
Sur aucun bouquetier de cristal obscurci

Le sais-tu, oui ! pour moi voici des ans, voici
Toujours que ton sourire éblouissant prolonge
La même rose avec son bel été qui plonge
Dans autrefois et puis dans le futur aussi.

Mon coeur qui dans les nuits parfois cherche à s’entendre
Ou de quel dernier mot t’appeler le plus tendre
S’exalte en celui rien que chuchoté de soeur

N’étant, très grand trésor et tête si petite,
Que tu m’enseignes bien toute une autre douceur
Tout bas par le baiser seul dans tes cheveux dite.

(Stéphane Mallarmé)


Illustration: Gustav klimt

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Chloris (Henri de Régnier)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2016



Madeleine Lemaire 027

Chloris, aux bras de son amant, nue, est pareille
À ces Nymphes que peint Fragonard ou Bouoher,
Qui, fuyant le Satyre ou le divin Archer,
Montrent un frais contour à l’oeil qui s’émerveille…

Chloris est nue. Alors il lui parle à l’oreille.
Elle rit. Elle sent un corps se rapprocher
Du sien, et dans sa chair délicate au toucher
Délicieusement la volupté s’éveille.

Chloris aux yeux charmants est ardente au plaisir ;
Elle aime tour à tour et selon son désir
L’étreinte vigoureuse ou la longue caresse ;

Mais si, parfois, Chloris préfère d’autres jeux,
Elle est son propre amant et sa propre maîtresse,
Se contente elle-même, et laisse faire aux Dieux !

(Henri de Régnier)

Illustration: Madeleine Lemaire

 

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Passage de midi (Paul Nougé)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2015



Passage de midi

Le parfum de ce corps écartait les vêtements trop faibles
et la clarté oblique de la chair achevait de dénuder la femme blanche mollement étendue.
Les cloisons de la chambre ne résistaient pas davantage et bien que l’on fût à l’instant de midi,
les fenêtres s’emplirent soudain d’une épaisse nuit sucrée.
Les mains parlaient à la blancheur abandonnée
que l’on savait délicieusement tendue de sang
et les ventouses des yeux en gorgeaient la tête avide.
Enfin, la forte roue de l’ivresse
entraîna cet univers nouveau
qui retrouvait ainsi la marche liquide
des premiers instants du monde.

(Paul Nougé)

 

 

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