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Poésie

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Un flagrant délit d’être (Stéphane Bataillon)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2019




    
Un flagrant délit d’être.

La plus belle conquête
est histoire d’instants

(Stéphane Bataillon)

 

Recueil: Où nos ombres s’épousent Vivre l’absence
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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La terre est un pacage des étoiles (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2019




    
La terre est un pacage des étoiles
ou peut-être la zone d’opérations
d’un voleur invisible.
Quoi que nous fassions ou prenions,
c’est concurrence ou usurpation,
transgression d’un droit
qui nous surveille secrètement d’en haut,
violation d’un principe antérieur à nous.

Être est donc un vol.
Être, c’est être contre quelque chose,
contre une substance fuyante
qui occupe toujours les lieux où nous sommes
et filtre par le moindre interstice.
Être est quelque chose d’interdit
à quoi nous sommes néanmoins sinistrement obligés.
A moins qu’être ne consiste simplement
à aller dérober ailleurs,
là où le vol n’est pas un délit.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Nouvelle Poésie Verticale
Traduction: Roger Munier
Editions: Lettres Vives

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AU NIVEAU DE L’ABSENCE (Georges Henein)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2015



 

Carrie Lingscheit  (1)

AU NIVEAU DE L’ABSENCE

Il y a des tas de minuits fanés dans vos yeux
et des étangs de liqueur panique
où viennent se désaltérer de fragiles malfaiteurs
surpris en flagrant délit d’innocence
et la mémoire elle-même entre deux cauchemars

il y a dans vos minuits des orgues de chaleur
dont les larmes de cire
prolongent les doigts fiévreux d’une chanson
qui étrangle un par un
les rauques appels des animaux perdus

il y a sur le devant de votre vie
toutes les rides insolentes de la jeunesse
et la signature que vos lèvres déposent
au bas d’une page d’alcool
Y contient toutes sortes d’histoires vraies
assises au chevet d’une rue presque déserte
où rôdent encore des éclats de rire
et de vastes corbeaux reniés par leur propre ciel

il y a des tas d’adieux dans votre voix
et quand vous baissez la tête
pour tousser à votre aise
on dirait que vous apprenez la mort par coeur

et quand vous partez rejoindre votre silence préféré
l’espace entier se vide de ce qui n’est pas vous
et nous laisse seuls avec votre absence fertile comme tout
fertile comme un faire-part de suicide
ou comme l’envers d’un océan.

(Georges Henein)

Illustration: Carrie Lingscheit

 

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