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Poésie

Posts Tagged ‘demande’

DEMANDES (Jan Skacel)

Posted by arbrealettres sur 12 mars 2019




    
DEMANDES

De tes petites mains serrées
et tu ne sais pas si tu as le droit
avant de t’endormir
tu vas demander tout doux

que les hiboux ne pleurent pas
que tu n’aies plus de chagrin
que la clef ne ferme pas
mais ouvre

et que tout soit là
pour l’arrivée des rêves
pour qu’ils puissent entrer
et sortir

De tes petites mains serrées
et tu ne sais pas si tu as le droit
avant de t’endormir
tu demanderas tout cela

(Jan Skacel)

 

Recueil: Millet Ancien
Traduction: Yves Bergeret & Jiri Pelan
Editions: Atelier la Feugraie

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Accords perdus (Virginie Greiner)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2019



Illustration: Daphné Collignon
    
Accords perdus

Bouche à bouche, mot à mot. Lis sur mes lèvres.
Elles s’approchent de toi et soufflent un parfum de fièvre.
Écoute. Entend la demande d’une femme cloîtrée dans le silence.
Laisse-moi faire l’esquisse des courbes qui te composent.
Réveillons l’harmonique de nos corps à corps.
Le canevas de ta peau suscitera plus d’accords
Que la rivalité morose dans laquelle nos jouissances
Ont été encloses.

(Virginie Greiner)

 

Recueil: EN MÂLES DE NUS
Traduction:
Editions: Attakus

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L’amour est donc ceci (Jacqueline Risset)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2019




    
l’amour est donc ceci :
imperceptible trait
de montée qui demande?

intonation de demande étonnée
où tout s’engouffre
mince intervalle

disant :
tout change
toutes cellules remuées

: une voyelle
dite un peu plus haut dans la voix —
un souffle —

(Jacqueline Risset)

 

Recueil: L’Amour de loin
Traduction:
Editions: Flammarion

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Le vendeur de murmures (Philippe Garnier)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018



murmure  b

Le vendeur de murmures

Il était une fois
Le vendeur de murmures.
Il murmurait la nuit donc
à la demande
du bout des dents
en une étrange litanie
les phrases confiées la veille à son oreille
et dont il avait la prudence
professionnelle
d’inscrire les commandes
dans des carnets
toujours petits
et qu’il parfumait
tantôt à la lavande
tantôt au patchouli
C’est qu’il n’avait jamais voulu user lui
comme les vendeurs de cris
de ces vastes camions d’amplification
qui sillonnaient le pays à grand renfort de klaxons
néons
haut parleurs et enseignes
ce qu’il vendait on l’entendait à peine

(Philippe Garnier)

 

 

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SIMPLE DEMANDE (Pierre Bourgeois)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2018



SIMPLE DEMANDE

O vous d’amour et d’amitié
Inépuisablement, que je chéris
Avec une tendresse frénétique,
Pardonnez-moi de regarder la mort
Sans crainte et sans regret
Comme un retour affectueux
Au grand secret qui m’a fait vivre.
Le dernier équilibre est le plus beau :
Chanter le croître et le néant,
Se donner violemment à l’être, au vide
Dans une équivoque ardente, humble et fière.

(Pierre Bourgeois)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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Une demande (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018



Illustration: Bénédicte Pontet
    
Une demande

La voix disait: Demande-moi ta vie.
Jamais la voix ne m’a été si proche.
La main m’était tendue à travers l’ombre
dans la luisance ingénue des objets.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Arpèges et paraboles
Traduction:
Editions: Gallimard

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Ne cherchez pas (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2018



Illustration: ArbreaPhotos

    
Ne cherchez pas

Ne cherchez pas : mon silence est ici.
En l’empruntant au ciel, j’ai fait promesse
de le lui rendre à sa simple demande.

Car ce silence est sa propriété.
Si je le cache en tremblant dans mes pages,
vite il s’échappe et se meurt dans le bruit.

Puis il renaît car il est le silence.
Quand, las du vol, je fermerai mes ailes,
il posera ses doigts nus sur mes lèvres.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

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ÉTÉ (John Clare)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2018




Illustration: Alejandra Atarés

    

ÉTÉ

Voici l’été qui vient à nous, l’été s’en vient c’est chose sûre
Car les bois sont pleins de jacinthes et les haies foisonnent de fleurs
Et la corneille est sur le chêne en train de bâtir sa demeure
Et l’amour est diamants de feu dans le sein de ma douce amante
Qui tresse là-bas ses cheveux sous le buisson d’épine blanche
Ah je veux l’aller retrouver lui faire ma tendre demande
Et contempler son clair visage et reposer en sa beauté
Et sur son doux sein alléger ma peine de coeur lancinante
La bête à bon Dieu va quêtant sur la fleur épanouie du mai
L’abeille allègre butinant de l’aube jusqu’à la vêpraie
Et le pinson couve en son nid que tapisse la mousse grise
Dans le buisson d’épine blanche où sur son sein je m’appuierai
Oui je m’appuierai sur son sein en lui chuchotant à l’oreille
Que je ne puis plus fermer l’oeil à force de penser à elle
Que j’ai perdu tout appétit que je me consume d’amour
Pareil à la rose des haies qu’assassine l’ardeur du jour

Sous le buisson d’épine blanche au bout du pré ma douce amante
Fait un ouvrage de filet et nulle à voir n’est plus charmante
Elle n’a chapeau ni bonnet mais un peigne incrusté de perles
Dont la diamantine rosée sur sa tête exquise étincelle
Sa robe de moire ou de soie est rouge ensemble que bleu ciel
Brillant écrin où son coeur bat comme un balancier très fidèle
Je veux enlacer de ce bras le tendre sein de mon amie
Et la baiser sans émouvoir le pinson qui couve en son nid

***

SUMMER

Come we to the summer to the summer we will come
For the woods are full of bluebells and the hedges full of bloom
And the crow is on the oak a building of her nest
And love is burning diamonds in my true lover’s breast.
She sits beneath the white thorn a-plaiting of her hair
And I will to my true love with a fond request repair
I will look upon her face I will in her beauty rest
And lay my aching weariness upon her lovely breast
The clock-a-clay is creeping on the open bloom of May
The merry bee is trampling the pinky threads all day
And the chaffinch it is brooding on its grey mossy nest
In the white thorn bush where I will lean upon my lovers’s breast
I’ll lean upon her breast and I’ll whisper in her ear
That I cannot get a wink o’sleep for thinking of my dear
I hunger at my meat and I daily fade away
Like the hedge rose that is broken in the heat of the day.

Among the white thorn bushes at the edge of the green
My Love is doing network and is lovely to be seen
No cap or bonnet on her hair her comb with pearls inlaid —
They shine like diamond drops o’dew upon the lovely maid
Her gown is silk or satin — its colours red and blue
And her heart beats ‘neath the gloss on’t like a pendulum so true
I’ll go and clasp an armful about her bonny breast
And kiss and ne’er disturb the chaffinch on its nest

(John Clare)

Recueil: Poèmes et Proses de la Folie de John Clare
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Mercure de France

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Bien des gens (Karen Blixen)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2017




    
Bien des gens penseront qu’il est insensé
d’attendre un signe du Destin.
Pour en arriver là, à vrai dire,
il faut un état d’esprit que tout le monde,
heureusement, ne connaît pas.

Mais à ceux qui l’ont connu
et qui demandent un signe,
la réponse ne peut manquer,
elle est une conséquence de la demande.

(Karen Blixen)

 

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Retouches (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2017




    

Très tôt je m’aperçus que les lettres d’amour que j’envoyais
se ressemblaient toutes : demande, attente, merci, nouvel appel,
et que les réponses que l’on y faisait avaient le même tour.

J’abrégeai donc, je contournai les évidences
et ne parlai plus que du décor qui m’entourait,
de l’image ou de l’idée qui me tourmentait autant que mon corps,
mais je trouvai mes descriptions trop longues et mes cachettes bien théâtrales.

Comme j’avais le temps je me suis mis à les réduire et dénuder,
à regarder de biais ou par-dessous
les villes, les êtres, mes sentiments,
tout ce qui me tombait sous la main,
à les concentrer en poèmes,
c’est-à-dire en chambres fortes,
à faire en sorte que le destinataire de ces mots
eût à les forcer, à les prendre et reprendre.

Je les appelai retouches.

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: Retouches
Editions: Gallimard

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