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COMMENCEMENT DES CHANTS DE LA GRANDE JOIE DU CŒUR (Egypte)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2022



    

COMMENCEMENT DES CHANTS DE LA GRANDE JOIE DU CŒUR
(Premier chant)

L’Unique, la bien-aimée, la sans pareille,
La plus belle du monde,
Regarde-la, semblable à l’étoile brillante de l’an nouveau,
Au seuil d’une belle année.
Celle dont brille la grâce, dont la peau rayonne,
A des yeux au regard clair,
Et des lèvres au doux parler.
Jamais elle ne prononce une parole superflue.
Elle, dont le cou est long, la poitrine lumineuse,
Possède une chevelure de lapis véritable.
Ses bras surpassent l’éclat de l’or,
Ses doigts sont semblables aux calices des lotus.
Celle dont les reins sont alanguis, et les hanches minces,
Celle dont les jambes défendent la beauté,
Celle dont la démarche est pleine de noblesse,
lorsqu’elle pose ses pieds sur la terre,

Chants d’amour de l’Egypte ancienne.
(Traduit de l’allemand par Paule KRIEGER)

(Egypte)

Recueil: 35 siècles de poésie amoureuse
Traduction:
Editions: Saint-Germain-des-Prés Le Cherche-Midi

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Inventaire (José Saramago)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2022




    

Inventaire

De quelles soies se sont faits tes doigts,
De quel marbre tes cuisses lisses,
De quelles hauteurs est parvenue à ta démarche
La grâce de chamois avec laquelle tu chemines.

De quelles mûres matures s’est extrait
Le goût acidulé de ton sein,
De quelles Indes le bambou de ta taille,
L’or de tes yeux, d’où est-il venu

A quel balancement de vague vas-tu chercher
La ligne serpentine de tes hanches,
Où naît la fraîcheur de cette fontaine
Qui sort de ta bouche quand tu ris

De quels bois marins s’est détachée
La feuille de corail de tes portes,
Quel parfum t’annonce quand tu viens
M’encercler de désir aux heures mortes.

***

Inventário

De que sedas se fizeram os teus dedos,
De que marfim as tuas coxal lisas
De que alturas chegou ao teu andar
A graça de camurça com que pisas.

De que amoras maduras se espremeu
O gosto acidulado do teu seio,
De que indias o bambu da tua cinta,
O oiro dos teus olhos, donde veio.

A que balanço de onda vais buscar
A linha serpentina dos quadris,
Onde nasce a frescura dessa fonte
Que sai da tua boca quando ris

De que bosques marinhos se soltou
A folha de coral das tuas portas,
Que perfume te anuncia quando yens
Cercar-me de desejo a horas mortas

(José Saramago)

Recueil: Les poèmes possibles
Traduction: Nicole Siganos
Editions: Jacques Brémond

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TO A DARK GIRL (Léopold Sédar Senghor)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2021




    
TO A DARK GIRL

Tu as laissé glisser sur moi
L’amitié d’un rayon de lune.
Et tu m’as souri doucement,
Plage au matin éclose en galets blancs.
Elle règne sur mon souvenir, ta peau olive
Où Soleil et Terre se fiancent.
Et ta démarche mélodie
Et tes finesses de bijou sénégalais,
Et ton altière majesté de pyramide,
Princesse !
Dont les yeux chantent la nostalgie
Des splendeurs du Mali sous les sables ensevelies.

(Léopold Sédar Senghor)

Extrait de Poèmes perdus (1984)

Recueil: Anthologie Poésie africaine six poètes d Afrique francophone
Traduction:
Editions: Points

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AVANT LA NUIT (Léopold Sédar Senghor)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2021




    
AVANT LA NUIT

Avant la nuit, une pensée de toi pour toi, avant que je ne tombe
Dans le filet blanc des angoisses, et la promenade aux frontières
Du rêve du désir avant le crépuscule, parmi les gazelles des sables
Pour ressusciter le poème au royaume d’Enfance.

Elles vous fixent étonnées, comme la jeune fille du Ferlo, tu te souviens
Buste peul flancs, collines plus mélodieuses que les bronzes saïtes
Et ses cheveux tressés, rythmés quand elle danse
Mais ses yeux immenses en allés, qui éclairaient ma nuit.

La lumière est-elle encore si légère en ton pays limpide
Et les femmes si belles, on dirait des images ?
Si je la revoyais la jeune fille, la femme, c’est toi au soleil de Septembre
Peau d’or démarche mélodieuse, et ces yeux vastes, forteresses contre la mort.

(Léopold Sédar Senghor)

 

Recueil: Anthologie Poésie africaine six poètes d Afrique francophone
Traduction:
Editions: Points

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Appuyé contre la fenêtre de l’hôpital (Ishikawa Takuboku)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2020




    

Appuyé contre la fenêtre de l’hôpital,
de toutes sortes de gens
je regarde la démarche vigoureuse.

***

(Ishikawa Takuboku)

 

Recueil: Le jouet triste
Traduction: Jérôme Barbosa et Alain Gouvret
Editions: Arfuyen

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AURORE (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2020



 

AURORE

LES chants d’oiseaux en extase martèlent
la profonde étendue du ciel
avec de métalliques tintements —
font monter de la couleur
à l’horizon lointain, — la frappent et La frappent
avec une ardeur triomphante —
la mélangent à la chaleur,
avivent en elle une métamorphose qui s’étend —
éclatant sauvagement comme s’il
écartelait l’horizon, un lourd soleil
se lève — s’est levé —
peu à peu sur la crête
des choses, — court enfin librement
à ciel ouvert — ! d’une lourde démarche
en plein essor glorifié —
les chants ont cessé.

***

DAWN

ECSTATIC bird songs pound
the hollow vastness of the sky
with metallic clinkings —
beating color up into it
at a far edge, — beating it, beating it
with rising, triumphant ardor, —
stirring it into warmth,
quickening in it a spreading change, —
bursting wildly against it as
dividing the horizon, a heavy sun
lifts himself — is lifted —
bit by bit above the edge
of things, — runs free at last
out into the open — ! lumbering
glorified in full release upward —
songs cease.

(William Carlos Williams)

Illustration: Anne-Louis Girodet de Roussy-Trioson

 

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Où me conduit-on (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2020



La démarche des chevaux est si lente
Et la flamme des lanternes si pauvre !
Où me conduit-on, je me le demande,
Ces inconnus, probablement, le savent.

Je m’abandonne à leur sollicitude,
Le froid me gagne, et aussi le sommeil ;
Dans un tournant un cahot m’a jeté
Le rayon d’une étoile en plein front.

De la tête en feu le balancement,
La glace tendre de doigts inconnus,
Et les sombres sapins, leurs silhouettes
De mon regard encore inaperçues.

(Ossip Mandelstam)


Illustration: Félix Hilaire Buhot

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Démarche doucine (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2020



Démarche doucine
tu marches flammèche
créole crépuscule
aux jupons superposés
Longue étirée fauve
corolle ouverte
aux félines caresses
Chanel
Tu t’éloignes
et les prothèses du néon
boitent dans la nuit

(Werner Lambersy)

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Nous sommes aujourd’hui : hier, doucement, a chu (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2020



Nous sommes aujourd’hui : hier, doucement, a chu
entre des doigts de jour et des yeux de sommeil,
demain arrivera de sa verte démarche,
et nul n’arrêtera le fleuve de l’aurore.
Et nul n’arrêtera le fleuve de tes mains,
pas plus que de tes yeux le sommeil, bien-aimée,
tu es le tremblement des heures qui s’écoulent
de la lumière abrupte au soleil de ténèbres,
et sur toi c’est le ciel qui referme ses ailes
et il t’emporte et il t’apporte dans mes bras
ponctuel, avec sa courtoisie mystérieuse.
C’est pour cela que je chante au jour, à la lune,
à la mer et au temps, à toutes les planètes,
à tes mots de clarté, comme à ta chair nocturne.

***

Es hoy : todo el ayer se fue cayendo
entre dedos de luz y ojos de sueño,
mañana llegará con pasos verdes :
nadie detiene el río de la aurora.
Nadie detiene el río de tus manos,
los ojos de tu sueño, bienamada,
eres temblor del tiempo que transcurre
entre luz vertical y sol sombrío,
y el cielo cierra sobre ti sus alas
llevándote y trayéndote a mis brazos
con puntual, misteriosa cortesía :
por eso canto al día y a la luna,
al mar, al tiempo, a todos los planetas,
a tu voz diurna y a tu piel nocturna.

(Pablo Neruda)

Illustration

 

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Idylle morte (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2019



Illustration
    
Idylle morte

Que fait donc à cette heure Rita ma douce andine
de jonc et de cape;
maintenant que m’asphyxie Byzance, et que sommeille
en moi le sang, comme un pâle cognac.

Où peuvent être ses mains qui d’un humble geste
repassaient dans le soir des blancheurs futures ;
maintenant, sous cette pluie qui m’enlève
l’envie de vivre.

Que sont devenus sa jupe de flanelle; ses
rêves; sa démarche;
sa saveur de canne à sucre d’un Mai villageois.

Elle doit être au soir sur le seuil regardant quelque nuage,
puis elle dira en tremblant : « Quel froid il fait… mon Dieu!»
et pleurera sur les tuiles un oiseau sauvage.

(César Vallejo)

 

Recueil: Poésie complète 1919-1937
Traduction: Nicole Réda-Euvremer
Editions: Flammarion

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