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Dans les lotuseraies rôde Ton esprit (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2021



    

Dans les lotuseraies rôde Ton esprit :
où trouverai-je un siège pour Toi ?
Au passage de Tes pieds — vermeils comme le ciel de l’aurore — mon coeur s’ouvrant
Ton trône sera.

Toute chose impie heurte Ton âme :
je voudrais devenir un tout immaculé ;
Ô délice du Monde, puissance de la Toute-beauté ! Immuable,
que Ta grâce fasse de moi sa demeure.

Un coeur aride Tu ne peux souffrir ;
C’est Toi qui veux porter les liens de l’amour ;
que la plénitude magique de Ta douceur fasse de moi
Ton éternel océan d’amour.

(Traduit du chant bengali d’Anilbaran Roy)

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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Le miracle de la naissance (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2021




    
Le miracle de la naissance

J’ai vu mon âme, voyageuse dans le Temps,
de vie en vie elle suivait les voies cosmiques,
obscure dans les fonds et sur les hauts sublime,
évoluant du ver jusques au dieu.

Étincelle du Feu éternel elle vint
bâtir dans la Matière une demeure pour le Non-né.
Inconsciente, la Nuit sans-soleil reçut la flamme ;
dans le germe brut des choses muettes et délaissées

la Vie remua, la Pensée esquissa une forme brillante
jusqu’à ce que sur la terre inanimée se meuve,
née de la Nature somnambule dans son sommeil,
une créature pensante douée d’espoir et d’amour.

Et toujours à pas lents le miracle perdure :
peu à peu, dans la vase et la pierre, la naissance de l’Immortel.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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S’occuper instamment des petits cailloux qui pèsent et qui chagrinent (Brigitte Sensevy)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2021



Illustration: Ira Mitchell-Kirk
    
S’occuper instamment des petits cailloux qui pèsent et qui chagrinent : les prendre, les rincer à grande eau, les dénoyauter, les presser, les expurger de tout leur jus noir et amer, les laisser s’adoucir dans du sucre, mettre à macérer trois jours durant sous un couvercle.

Premier jour partir, légère, dans un chemin ouvert, grand ouvert, très très grand ouvert sur un azur qui s’étale, et se clame.

Deuxième jour, se jeter à corps perdu vers les moissons du ciel, y étendre sa chanson d’amour et de lumière.

Profiter du dernier jour pour en faire sa demeure fraîche et ouverte, son lit de déraison.
Enfin tirer la couverture de la curiosité : défaire les plis un à un, se couler sous elle et déguster le chutney de petits cailloux apporté par le Tendre…

(Brigitte Sensevy)

 

Recueil: Bruissement d’elles
Traduction:
Editions: L’Harmattan

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Souffle (Birago Diop)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2020



Illustration: Danielle Decollonge
    

Souffle

Écoute plus souvent
Les Choses que les Êtres
La Voix du Feu s’entend,
Entends la Voix de l’Eau.
Écoute dans le Vent
Le Buisson en sanglots :
C’est le Souffle des ancêtres.

Ceux qui sont morts ne sont jamais partis :
Ils sont dans l’Ombre qui s’éclaire
Et dans l’ombre qui s’épaissit.
Les Morts ne sont pas sous la Terre :
Ils sont dans l’Arbre qui frémit,
Ils sont dans le Bois qui gémit,
Ils sont dans l’Eau qui coule,
Ils sont dans l’Eau qui dort,
Ils sont dans la Case, ils sont dans la Foule :
Les Morts ne sont pas morts.

Écoute plus souvent
Les Choses que les Êtres
La Voix du Feu s’entend,
Entends la Voix de l’Eau.
Écoute dans le Vent
Le Buisson en sanglots :
C’est le Souffle des Ancêtres morts,
Qui ne sont pas partis
Qui ne sont pas sous la Terre
Qui ne sont pas morts.

Ceux qui sont morts ne sont jamais partis :
Ils sont dans le Sein de la Femme,
Ils sont dans l’Enfant qui vagit
Et dans le Tison qui s’enflamme.
Les Morts ne sont pas sous la Terre :
Ils sont dans le Feu qui s’éteint,
Ils sont dans les Herbes qui pleurent,
Ils sont dans le Rocher qui geint,
Ils sont dans la Forêt, ils sont dans la Demeure,
Les Morts ne sont pas morts.

Écoute plus souvent
Les Choses que les Êtres
La Voix du Feu s’entend,
Entends la Voix de l’Eau.
Écoute dans le Vent
Le Buisson en sanglots,
C’est le Souffle des Ancêtres.
Il redit chaque jour le Pacte,
Le grand Pacte qui lie,
Qui lie à la Loi notre Sort,
Aux Actes des Souffles plus forts
Le Sort de nos Morts qui ne sont pas morts,
Le lourd Pacte qui nous lie à la Vie.
La lourde Loi qui nous lie aux Actes
Des Souffles qui se meurent
Dans le lit et sur les rives du Fleuve,
Des Souffles qui se meuvent
Dans le Rocher qui geint et dans l’Herbe qui pleure.

Des Souffles qui demeurent
Dans l’Ombre qui s’éclaire et s’épaissit,
Dans l’Arbre qui frémit, dans le Bois qui gémit
Et dans l’Eau qui coule et dans l’Eau qui dort,
Des Souffles plus forts qui ont pris
Le Souffle des Morts qui ne sont pas morts,
Des Morts qui ne sont pas partis,
Des Morts qui ne sont plus sous la Terre.

Écoute plus souvent
Les Choses que les Êtres
La Voix du Feu s’entend,
Entends la Voix de l’Eau.
Écoute dans le Vent
Le Buisson en sanglots,
C’est le Souffle des Ancêtres.

(Birago Diop)

Site

 

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Le chien et le chat (Jean-Pierre Claris de Florian)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2020




    
Le chien et le chat

Un chien vendu par son maître
Brisa sa chaîne, et revint
Au logis qui le vit naître.
Jugez de ce qu’il devint
Lorsque, pour prix de son zèle,
Il fut de cette maison
Reconduit par le bâton
Vers sa demeure nouvelle.
Un vieux chat, son compagnon,
Voyant sa surprise extrême,
En passant lui dit ce mot :
Tu croyais donc, pauvre sot,
Que c’est pour nous qu’on nous aime !

(Jean-Pierre Claris de Florian)

 

Recueil: Fables
Traduction:
Editions:

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Anachorète (Habiba Djahnine)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2020




    
Anachorète

Hier j’ai regardé ses rides une à une
J’ai dévisagé les sillons de son âme
Pour dérouler le fil des ans
Qui ont tissé tant d’histoires sur sa peau.

Hier je me suis approchée de sa demeure
Frêle et éphémère
Gardant les traces de sa vie nomade
Terre meuble, qui se déplace avec ses pas.

Hier je me suis approchée de son oasis
Son dromadaire m’accueille larmoyant
Face à la dune, l’unique dune
Il veille sur les rides de l’ermite.

Il enfile ses poèmes un à un pour conter le désert
Il dit que les poèmes ne lui appartiennent pas
Les vents lui ont offert les vers
Et les tempêtes la mémoire pour les garder.

Maintenant c’est l’heure du thé
Le bois sec brûle
C’est le moment
De se souvenir du sens des vents
Les plus belles histoires
Sont celles où les êtres s’aiment dans le dénuement
Et les plus cruelles
Sont celles où les êtres se font la guerre dans l’opulence.

Hier j’ai regardé ses rides une à une
J’ai dévisagé les sillons de son âme
Pour dérouler le fil des ans
Qui ont tissé tant d’histoires sur sa peau.

(Habiba Djahnine)

 

Recueil: 120 nuances d’Afrique
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Soi (Bernard Noël)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2020




    
Soi n’est pas la demeure fixe de soi
Seulement le lieu du retour

(Bernard Noël)

 

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LES GITANS (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2020



 

LES GITANS

Il y a un feu sous les arbres :
on l’entend qui parle bas
à la nation endormie
près des portes de la ville.

Si nous marchons en silence,
âmes de peu de durée
entre les sombres demeures,
c’est de crainte que tu meures,
murmure perpétuel
de la lumière cachée.

(Philippe Jaccottet)

 

 

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Qui souffle là (Christine Guénanten)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2020



Ora Tamir -girl-with-guitar

 

Qui souffle là, en toi
En ta demeure humaine ?

C’est un mélange de douceur
Et de couleur crépusculaire.

Comment nommer ce vent
Qui va de visage en visage ?

C’est le vent mandoline
Qui oeuvre en toi
En ta demeure humaine.

(Christine Guénanten)

Illustration: Ora Tamir

 

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Souvenirs persistants (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2020



Souvenirs persistants

Je perçois les reflets
De souvenirs vivants
Un sourire dans un halo
Un regard dans un miroir
Dont les yeux brillaient de rire
Sous un ciel diaphane
Alors que le sol exhalait du froid
Dans la tige de l’herbe

J’éprouve de nouveau les anciennes soifs
Et revois la fleur dans le taillis
Alors que dans le jardin surchargé d’oiseaux
Le cerisier en fruits s’affaissait sur la pelouse

Je me confonds avec l’ombre de ton corps
Au bord de la vague de nuit
Et me souviens d’avoir vécu
Dans le cœur sec de la ville
Avant de retrouver l’âme du village
Dans une chaumière tendue de ténèbres
Que ton sourire irradiait
Pour en faire une demeure chaleureuse.

(Jean-Baptiste Besnard)

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