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Posts Tagged ‘demeure’

ÉTREINTES (Mâgha)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2023



Maria Amaral
    
ÉTREINTES

Embrassée par son bien-aimé,
on eût dit qu’elle eût envie d’entrer chez lui
jusqu’au milieu du coeur : peut-être, en vérité !
Ne savait-elle pas qu’en lui-même
il lui réservait une demeure perpétuelle.

Rempli des eaux de l’amour,
le corps de la femme portait sans doute en soi une source,
car dans les bras de son amant qui l’étreignait avec vigueur,
l’eau, ayant d’abord mouillé sa robe, en tombait comme une pluie.

(Mâgha) (VIIe siècle)

Recueil: Un feu au coeur du vent Trésor de la poésie indienne Des Védas au XXIème siècle
Traduction:
Editions: Gallimard

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VIEILLIR VI (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2023



Illustration: Ron Mueck
    
VIEILLIR VI

Cette maladie
Si difficile
A affronter
Cette perte de liens
Avec l’univers
Cette confrontation
De la mort
Ce passage si bref
Cette demeure si close
Bientôt infinie

Cette perte des liens
Avec l’univers
Cette confrontation
De la mort
Ce temps si court
Ces souvenirs
Bientôt finis
Cette absurdité
Cette ouverture
Sur l’infini
Cette interruption

(Andrée Chedid)

 

Recueil: L’Étoffe de l’univers
Traduction:
Editions: Flammarion

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QUI SOMMES-NOUS ? (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2023




    
QUI SOMMES-NOUS ?

Qui est au corps
De son corps
De son âme
De son être
Qui est au logis
Dans l’intime de l’Être ?
Et veille sur la demeure ?
Qui ?

Qui
Dans la demeure du coeur
Ou de l’âme
A conscience du secret de nos vies ?

Qui
Prête attention à moi ?
Qui s’enferme au logis ?
Qui observe les fonds ?

Qui
Dans l’intensité première
Au centre de nous-mêmes
Prête attention à Lui ?

(Andrée Chedid)

 

Recueil: L’Étoffe de l’univers
Traduction:
Editions: Flammarion

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TU SEMBLES PARTI… (Jean Cocteau)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2023



Illustration: Ron Mueck
    
TU SEMBLES PARTI…

Tu sembles parti mais tu restes
Dans un invisible univers
Dans cet autre endroit dont les gestes
Ne peuvent se lire à l’envers.

Notre demeure non pareille
Nous assigne les mêmes lieux.
Sourdes pour toi sont mes oreilles
Aveugles pour moi sont tes yeux.

(Jean Cocteau)

 

Recueil: Clair-obscur
Traduction:
Editions: Points

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Si les grandes Eaux dorment (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2023



Illustration: Helene Fuhs
    
Si les grandes Eaux dorment,
De leur Profondeur même,
Nous ne pouvons douter.
Nul Dieu vacillant
N’a allumé cette Demeure
Pour l’éteindre.

***

Though the great Waters sleep,
That they are still the Deep,
We cannot doubt.
No vacillating God
Ignited this Abode
To put it out.

(Emily Dickinson)

 

Recueil: Ses oiseaux perdus
Traduction: de l’américain par François Heusbourg
Editions: Unes

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J’ai cueilli pour toi (Tahar Bekri)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2022



    

J’ai cueilli pour toi
Des jardins de roses
Aux pétales de lumière
Les fragrances diffuses
Dans les demeures d’attache
Cette treille grimpante dans le jalon
De tes bras pour consoler mes murs
Diras-tu aux hirondelles
Toutes ces années apprivoisées
Comme des ratures renouvelées
Je ne suis pas un nuage d’été
À l’errance facile
Mais le ciel lourd de ses pluies
Amant des automnes raffermis
La semence qui lève
Dans la terre noircie
Pour les meilleurs épis

(Tahar Bekri)

 

Recueil: Je te nomme Tunisie
Editions: Al Manar

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La course grinçante de la charrette (Chen Zilong)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2022




Illustration: Shan Sa
    
La course grinçante de la charrette

La vieille charrette pousse ses lamentations stridentes le long du chemin ocre
Et laisse derrière elle des sillons de poussière dans le soir venu.
Un couple l’encadre d’efforts ; il pousse, elle tire.
Où conduiront leurs pas lourds qui les éloignent du foyer ?
La faim ne se laisse pas tromper par les feuilles d’orme que nous mangeons.
Nous espérons une terre qui nous donnera un peu de riz.
La main glacée du vent agite les joncs desséchés.
Mais voilà que surgit au loin une ancienne demeure.
Ils auront peut-être gardé pour l’étranger un coin de table.
La porte est muette, la salle est vide, le feu et la marmite absents.
Ils hésitent sur le seuil ouvert de la route désertée ;
Une pluie de larmes inonde leurs joues creuses.

(Chen Zilong)

(1608-1647)

 

Recueil: Nuages immobiles Les plus beaux poèmes des seize dynasties chinoises
Traduction: Alexis Lavis
Editions: l’Archipel

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Nous n’habitons pas des régions (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2022



Nous n’habitons pas des régions,
nous n’habitons même pas la terre.
Le cœur de ceux que nous aimons est notre vraie demeure.

(Christian Bobin)

 

 

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Nous n’habitons pas des régions (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2022



Nous n’habitons pas des régions.

Nous n’habitons même pas la Terre.
Le coeur de ceux que nous aimons est notre vraie demeure.

(Christian Bobin)

 

 

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ET MALGRÉ TOUT UN POÈME… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2022



ET MALGRÉ TOUT UN POÈME…

Et malgré tout un poème
Que l’encre ou non soit visible
Dans les cassures rougies !

Ce qu’on appelle son âme,
C’est cela : ce vieux mouchoir
Dans lequel on a saigné,

Dont les doigts distraits se jouent
Le long des haies de banlieue
Piquées de papiers d’école,

Les clefs froides sur la cuisse,
Le dernier rameau de souffle
Pris dans le gel des cohues,

A votre image, à la mienne
Petits hommes des métros
Qui hantons des coffres vides,
Comme un testament perdu,
Et qui parlons de la mort
Au silence, à la poussière,
En craquements superflus…

Mais tout de même un regard
Vers les lointaines demeures !
Mais tout de même un poème
Pour ensemencer l’amour.

(Jean Rousselot)

Illustration

 

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