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Poésie

Posts Tagged ‘démoli’

Mes châteaux démolis (Paul-Alexis Robic)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2019



Mes châteaux démolis
Des douves aux terrasses,
Mes jardins envahis
Par les ronces voraces,
Mes forêts abattues,
Il n’en reste plus trace,
Mes vaisseaux disparus
Et la mer est si vaste,
Mon printemps, mon été
(Mon automne ?) vécus,
Mes amis en allés
Comme ils étaient venus,
Tant d’amours défleuries,
De cendre sur le coeur,
Tu me restes, Seigneur,
Et commence la vie !

(Paul-Alexis Robic)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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Plus qu’à fermer les yeux (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 26 octobre 2019




Toutes les tours d’ivoire seront démolies,
toutes les paroles seront sacrées
et l’homme s’étant enfin accordé
à la réalité qui est sienne
n’aura plus qu’à fermer les yeux
pour que s’ouvrent les portes du merveilleux.

(Paul Eluard)


Illustration: Odilon Redon

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Sur quelques heures (Hans Lodeizen)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2017



     

Sur quelques heures

pour faire
un peu de musique
j’ai tant fait
fait et oublié —

pour nourrir mes
désirs j’ai
bâti tant de villes
bâti et démoli —

pour brûler mes jours
au feu du désespoir
j’ai été
malade

il y a un goût
d’automne dans les arbres
disent les vieux
poètes

il flotte une couleur
de faim au-dessus
des maisons se plaignent
les dames

j’habite dans un jeu de construction
soupçonnant comme un enfant
des doigts partout
du noir et des baisers.

(Hans Lodeizen)

 

Recueil: Poètes néerlandais de la modernité
Traduction: Saskia Deluy
Editions: Le Temps des Cerises

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La taupe (Laurent Albarracin)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2017



La taupe

Elle nage dans la terre
Au contact de la mer de la terre
elle prend une teinte très douce
une couleur indéfinissable
et presque infinie si une couleur peut l’être
comme après s’être frottée longtemps
à la vieillesse des choses
à l’éternelle jeune vieillesse des choses
Elle a de la peau de chamois sur elle
elle a du chamois en elle
dont elle bondit souvent
pour plonger à l’insu de tous
en dauphin sous la montagne
Elle évolue dans la terre
ainsi qu’une patineuse enfoncée
elle brosse doucement la grande gratitude de la terre
elle repasse lentement dans tout ce chiffonné
comme une navette qui la tisse
au destin de la terre
elle y fait un tunnel d’elle
où elle est la taupe enfin
ne lâchant plus qu’une bulle de terre de loin en loin
un petit volcan démoli
toute à elle et à sa douceur désormais

(Laurent Albarracin)

 

 

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A M. HAUSSMANN (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2017



Arturo Souto pair-1951 [1280x768] [1280x768]

A M. HAUSSMANN
Ancien Préfet de la Seine

La maison est démolie,
Le petit nid est en l’air
Où j’eus ton coeur et ta chair
Ma maîtresse si jolie !…

Je vois toujours dans l’ouest clair
Cette comète abolie.
Tombez pierres, ciment, fer !
L’amour jamais ne s’oublie.

Démolissez les maisons
Changez le cours des saisons,
Plongez-moi dans l’opulence,

Vous ne pourrez effacer
La trace de son baiser.
Le vrai c’est ce que je pense.

(Charles Cros)

Illustration: Arturo Souto

 

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Berceuse (Agota Kristof)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2016



Berceuse

Fais ton lit et couche-toi
et regarde par la fenêtre
comment grandissent au-dehors
le printemps et la tristesse
le ciel n’est qu’un immense
chagrin bleu
et les arbres éclatent de sanglots
à chaque éclosion de fleurs.
Toi, ne pleure pas, enlève tes habits
enlève ta vie,
élance-toi nue, et réjouis-toi
d’être seule
dans le printemps
dans le ciel dans les arbres
dans la lumière
réjouis-toi de ne pas te lever
plus parler, plus répondre
plus marcher.
Ne pense pas au froid ne bouge pas
sur ton corps blanc
le soleil descendra
quand les maisons d’en face
seront démolies
et aussi les cheminées et
les antennes de la télévision.

(Agota Kristof)

 

 

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